Petite fille, vous vouliez devenir...

Écrivain, un désir éveillé par Anne Frank et Daphné du Maurier. Encouragée par mes parents, j'ai réalisé plusieurs manuscrits qui dorment dans la cave. Je n'envisage pas ma vie sans écrire.
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Écrivain, un désir éveillé par Anne Frank et Daphné du Maurier. Encouragée par mes parents, j'ai réalisé plusieurs manuscrits qui dorment dans la cave. Je n'envisage pas ma vie sans écrire. Face à cette génération accrochée aux SMS et aux mails, je voulais mettre les lettres à l'honneur. On peut connaître intimement quelqu'un par son écriture. Des lettres d'amour de mon mari. J'en ai pleuré, en les retrouvant, car il les a écrites alors que j'étais hospitalisée pour la naissance compliquée de notre premier enfant. Mais je m'en veux d'avoir jeté celles de mes grands-parents. Cynthia, ma grand-mère anglaise, aurait aimé le Paris que je décris. Inès de la Fressange et Christine Orban. Quel chic ! Moi, je suis plutôt excentrique et BCBG. Mes cheveux gris ? Ma marque de fabrique ! C'est la ville de mon enfance. Sa richesse, son histoire et la mémoire de ses murs, qui m'échappera toujours, m'intriguent. Haussmann a modernisé Paris de façon nécessaire, mais il a fallu dix-sept ans de travaux, de poussière et de destruction. La maison de Rose est comme son corps. Le manoir glacial de mes grands-parents britanniques, qui était hanté par les fantômes et les chauves-souris. Il a fallu l'aube de la cinquantaine pour que j'achète ma maison, en Drôme provençale. Elle se niche dans une colline de lavande. Nicolas, l'homme de ma maison, le père de mes enfants, mon premier lecteur. Il a eu un vrai coup de c£ur pour Rose, qui nous fait découvrir le Paris de Zola, Hugo et des métiers oubliés. J'ai la chance de l'avoir trouvé, c'est rare... surtout de l'avoir gardé. L'amour signifie être là pour l'autre malgré les coups durs et le temps qui passe. Il faut sans cesse tailler les rosiers de l'amour. La rose ! Son histoire, sa symbolique, son odeur et ses épines me fascinent. Je suis trop sensible, cela me joue des tours... De par mon sang russe, je suis aussi susceptible, or je progresse. Tout comme elles, je vais jusqu'au bout quand je crois en quelque chose. J'aide des vieilles dames - alias des Rose - dans la rue. La souffrance d'autrui et l'injustice m'insupportent. J'espère écrire jusqu'à la fin de ma vie. Digne de ma grand-mère russe, je me vois portant un blouson de cuir, écoutant Michael Jackson, buvant des litres de thé et de vin ( rires) ! Ma tronche d'Anglaise sera entourée de mon mari, mes petits-enfants, mes labradors puants et mes rosiers. Rose, par Tatiana de Rosnay, Héloïse d'Ormesson, 252 pages. www.tatianaderosnay-rose.comKERENN ELKAÏM Je suis trop sensible, cela me joue des tours.