Dans quelques mois à peine, votre téléphone portable sera, plus que jamais, une arme redoutable. L'arme du savoir instantané. L'outil de la connaissance immédiate avec sons et images à l'appui. Imaginez le scénario. Vous flânez en ville et vous tombez sur l'affiche du tout dernier film de Steven Spielberg. Vous n'avez encore rien vu ni lu à ce sujet. Heureusement, dans le coin inférieur droit de l'affiche, un drôle de symbole constitué de carrés noirs et blancs vous invite à le scanner pour en savoir plus. Vous sortez donc votre GSM évidemment muni d'un appareil photo numérique et vous capturez instantanément le fameux dessin. En moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire, votre téléphone équipé d'un logiciel ad hoc se connecte à l'adresse In...

Dans quelques mois à peine, votre téléphone portable sera, plus que jamais, une arme redoutable. L'arme du savoir instantané. L'outil de la connaissance immédiate avec sons et images à l'appui. Imaginez le scénario. Vous flânez en ville et vous tombez sur l'affiche du tout dernier film de Steven Spielberg. Vous n'avez encore rien vu ni lu à ce sujet. Heureusement, dans le coin inférieur droit de l'affiche, un drôle de symbole constitué de carrés noirs et blancs vous invite à le scanner pour en savoir plus. Vous sortez donc votre GSM évidemment muni d'un appareil photo numérique et vous capturez instantanément le fameux dessin. En moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire, votre téléphone équipé d'un logiciel ad hoc se connecte à l'adresse Internet du film et vous offre directement la bande-annonce et, si vous le souhaitez, le résumé et la fiche technique du film. Science-fiction ? Pas du tout. Au Japon, ce genre de service multimédia via le téléphone mobile existe depuis deux ans déjà. Grâce au " mobiletag " (c'est le nom de ce fameux agencement de carrés noirs et blancs), toute une série de produits commerciaux et culturels offrent dorénavant un complément d'informations utiles au consommateur désireux d'en savoir toujours plus. D'autres exemples ? Imaginez que le dernier CD de votre groupe favori soit sorti. Avec ce code-barres " nouvelle génération " intégré à la pochette du disque ou imprimé sur la pub d'un magazine, vous pouvez immédiatement écouter quelques morceaux choisis, télécharger un hit en guise de sonnerie personnalisée, voire réserver des tickets on line pour le prochain concert. Même scénario pour tous les produits de consommation courante : avec le " mobiletag " présent sur l'emballage, vous avez l'opportunité de regarder une vidéo de démonstration (le mode d'emploi pour un outil, une idée de recette pour un aliment...) et obtenir aussi des bons de réduction. Rassurez-vous, le service public n'est pas évincé puisque cette petite fenêtre en noir et blanc ouverte sur la connaissance peut aussi guider un citoyen perdu devant le plan d'un quartier et l'informer, par exemple, sur les horaires de bus ou les cabinets de médecins situés en ville. Bref, avec l'avènement imminent du " mobiletag " sur nos produits, nos affiches et nos écrans de GSM européens, ce sont nos comportements de consommateurs qui risquent bientôt d'être complètement bouleversés. Grâce à cette arme redoutable, chacun pourra, en effet, être rapidement surinformé et donc aiguiser ses exigences commerciales en conséquence. Plus fort : n'importe qui pourra même s'offrir son propre symbole (que l'on peut déjà créer et télécharger gratuitement sur www.mobiletag.com), histoire de l'imprimer sur ses cartes de visite et, pourquoi pas, sur des tee-shirts trop cool. Il suffira alors d'un simple petit coup de " photophone " sur votre torse pour qu'un ami sache (presque) tout de vous via l'image qui le renverra vers une série d'informations écrites et, pourquoi pas ?, audiovisuelles concoctées par vos soins. Evidemment concernés par cette nouvelle révolution techno-téléphonique, les médias, non plus, ne sont pas en reste. Car, à l'avenir, les journaux et magazines pourront carrément devenir interactifs en proposant à leurs lecteurs ces précieux " mobiletags " à scanner pour obtenir, par exemple, la vidéo des buts du match commenté dans leurs pages sportives. Dommage que je ne puisse pas encore intégrer ce petit symbole noir et blanc ici même. Car je vous aurais montré comment ça se passe concrètement au Japon. Mais patience, on y arrive tout doucement... Retrouvez Frédéric Brébant chaque lundi matin, vers 9 h 45, dans l'émission " Bonjour quand même ", de Jean-Pierre Hautier, sur La Première (RTBF radio).Frédéric Brébant