Raf Simons poursuit sa découverte des Etats-Unis. Le créateur belge, nommé Chief Creative officer de Calvin Klein depuis août 2016, saisit à bras-le-corps ce qui constitue l'Amérique fantasmée, vue de près par quelqu'un venu d'ailleurs. Prenez Warhol, qu'il savait génial mais qu'il a découvert plus en profondeur à la faveur d'une collaboration à long terme avec la Andy Warhol Foundation for the Visual Arts. Résultat : une première collection printemps-été 18 forte de prints issus du catalogue warholien plus tardif, tels Sandra Brant (1971) et Dennis Hopper (1971) ou les oeuvres Knives (1981-82), Electric Chair (1964-65) et Ambulance Disaster (1963-64), qui disent aussi la part sombre de ce pays de tous les possibles. La boucle est bouclée, la mode et l'art ne font qu'un, l'artiste peroxydé n'avait-il pas entamé sa carrière avec des dessins pour Vogue et Harper's Bazaar ? Le partenariat s'annonce prolifique, on peut compter sur Raf Simons pour jouer la mise en abyme et raconter comme personne ce qui sous-tend l'époque.

© Giovanni Giannoni