Gavé aux fromages et aux saucissons, le bar à vins naturels se cherchait d'autres hormones pour grandir. Si mortadelle et saint-nectaire constituent la pente évidente (et glissante) des flacons débarrassés d'intrants, il était temps de sortir le genre de ses ornières... sous peine de pique...

Gavé aux fromages et aux saucissons, le bar à vins naturels se cherchait d'autres hormones pour grandir. Si mortadelle et saint-nectaire constituent la pente évidente (et glissante) des flacons débarrassés d'intrants, il était temps de sortir le genre de ses ornières... sous peine de piquer du nez dans la planche. Un trio sans collier s'y colle, qui n'hésite pas à mouiller son maillot. Pas des inconnus : Paul-Antoine Bertin (en cuisine) et Léo Robert (au vin) ont gagné leurs galons de gastro-garnements chez Ötap (Ixelles), tandis que Naomi Nsungu a fait son parcours du combattant chez Maxime Colin (Kraainem). La triplette a élu un coin de rue pour domicile. La configuration déjoue les attendus, soit une salle triangulaire articulée autour d'un néo-comptoir libertaire où l'on boit, mange et cause. Avant de se tourner vers la carte labellisée " nasty food to share ", on extrait le Catavela blanc venu d'Emilie-Romagne (7 euros le verre) parmi les nombreuses bouteilles alignées sur les étagères. Le jus aux notes de cidre et de miel épouse à merveille les champignons des bois (10 euros) servis avec crème de parmesan, noisettes et chips de topinambour pour le croquant. Même ravissement pour le tartare de bar (11 euros) accompagné de furikake et la croustifondante épaule de porc (10 euros) qui confirment que l'on tient ici un joyeux joyau.