Il s'agit du parcours, au sens d'évolution, d'un individu lambda, un anonyme parmi la foule, qui est fasciné par l'extrême droite. Le parti arrive au pouvoir à la fin de la pièce. J'ai conçu ce spectacle en deux temps. Les deux premiers tiers de la pièce comprennent des scènes de rire et le piano y apporte une note joviale. Le dernier temps de la pièce, par contre, qui relate les élections ainsi qu'u...

Il s'agit du parcours, au sens d'évolution, d'un individu lambda, un anonyme parmi la foule, qui est fasciné par l'extrême droite. Le parti arrive au pouvoir à la fin de la pièce. J'ai conçu ce spectacle en deux temps. Les deux premiers tiers de la pièce comprennent des scènes de rire et le piano y apporte une note joviale. Le dernier temps de la pièce, par contre, qui relate les élections ainsi qu'une scène très violente du viol et du meurtre d'une femme d'origine étrangère, glace l'ambiance. Le climat sonore change et l'atmosphère de la salle se refroidit soudainement. C'est un vrai choc, qui symbolise le risque de la montée du fascisme aujourd'hui. L'idée est de prendre le public à la gorge et de le déstabiliser. La fin est à l'image de ce que l'extrême droite serait si elle était au pouvoir. Et les chances que cela arrive sont loin d'être négligeables. Je ne donne pas d'indication précise de lieu mais certaines choses font clairement penser à la Flandre et au Vlaams Belang. Quant à l'époque, elle est actuelle. Ce n'est pas le théâtre d'hier, d'après la Seconde Guerre mondiale qui disait de se méfier du futur. C'est aussi un choc face à nos propres certitudes car on constate un réel embourgeoisement des idées de l'extrême droite. Ou une fascisation des esprits bourgeois... Le racisme se banalise, se cache mais il monte en importance de façon encore plus insidieuse. L'initiale seule montre que ce jeune homme n'existait pas vraiment avant que le parti d'extrême droite, que j'ai nommé " Liberté Nouvelle " en référence à cette notion de liberté que défendent les fascistes et parce que les initiales LN font penser au FN, ne lui donne un qualificatif : " Intrépide ". Cela le fait exister dans la société. Par ailleurs, cela renvoie à " M le Maudit " de Fritz Lang où l'on découvre que le criminel qui fait peur est d'abord celui qui a peur. Or le rejet et le racisme découlent de la peur de l'autre. Du 12 avril au 13 mai prochain, Théâtre de Poche, à 1000 Bruxelles. Tél. : 02 649 17 27.