Pas de baratin entre nous : c'est toujours avec une certaine appréhension que l'on découvre la carte d'une adresse italienne qui a choisi de ne pas choisir en se promenant comme si de rien n'était à travers les terroirs, du Latium (rigatoni alla carbonara) à la Sardaigne (linguine à la b...

Pas de baratin entre nous : c'est toujours avec une certaine appréhension que l'on découvre la carte d'une adresse italienne qui a choisi de ne pas choisir en se promenant comme si de rien n'était à travers les terroirs, du Latium (rigatoni alla carbonara) à la Sardaigne (linguine à la bottarga di muggine). En cause, cette bonne vieille sagesse populaire vissée dans la tête par une grand-mère avisée. " Bon sang, c'est du bon sens, petit : qui trop embrasse mal étreint. " Le décor médiéval de poutres et de vieilles pierres n'aide pas à la détente. " Gloomy ", disent les Britanniques. Heureusement, les bonnes nouvelles finissent par arriver. Elles empruntent le meilleur chemin qui soit, celui de l'assiette. D'abord, un plat d'antipasti " casa " (16 euros) qui aligne des produits bruts - de la jolie charcuterie d'artisan - et des préparations travaillées - dont un précieux poulpe cuit à basse température accompagné d'une crème de légumes racines. Ensuite, les culurgiones (20 euros), des ravioles insulaires, livrées dans une interprétation sans concession à base de pecorino, de menthe et de pomme de terre, qui clouent le bec du sceptique. On la ramène d'autant moins qu'un coup de fourchette dans l'assiette voisine, la fameuse carbonara, prouve que le chef possède une maîtrise qui se joue des frontières et des clochers.