UNE SÉRIE COUSUE MAIN

L'Angleterre a son Mr Selfridge ; l'Espagne, ses galeries Velvet. Imaginée par les créateurs de Grand Hôtel, cette série espagnole captive les foules depuis 2014, avec plus de 5 millions de téléspectateurs ibériques devant leur écran. Fiction romanesque retraçant l'histoire d'un magasin de mode madrilène à la fin des années 50, elle met en scène les riches propriétaires, confrontés à la concurrence des couturiers français ; mais aussi, en parallèle, la vie, les déboires et les amours des vendeurs et autres petites mains de l'atelier de confection. Bien sûr, tout ce beau petit monde interagit, à l'instar d'Alberto Marquez, le fils du patron, complètement bleu de la couturière au grand coeur Ana Ribera. Cela flirte parfois avec les sentiments dégoulinants, les clichés et autres rôles un peu typés. Il n'empêche, on se prend au jeu de ce récit au doux parfum rétro, avec références à la mode d'autrefois - Dior, Chanel et Balenciaga en tête -, et ce d'autant plus qu'à mesure que les épisodes défilent, le scénario devient progressivement moins attendu.
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L'Angleterre a son Mr Selfridge ; l'Espagne, ses galeries Velvet. Imaginée par les créateurs de Grand Hôtel, cette série espagnole captive les foules depuis 2014, avec plus de 5 millions de téléspectateurs ibériques devant leur écran. Fiction romanesque retraçant l'histoire d'un magasin de mode madrilène à la fin des années 50, elle met en scène les riches propriétaires, confrontés à la concurrence des couturiers français ; mais aussi, en parallèle, la vie, les déboires et les amours des vendeurs et autres petites mains de l'atelier de confection. Bien sûr, tout ce beau petit monde interagit, à l'instar d'Alberto Marquez, le fils du patron, complètement bleu de la couturière au grand coeur Ana Ribera. Cela flirte parfois avec les sentiments dégoulinants, les clichés et autres rôles un peu typés. Il n'empêche, on se prend au jeu de ce récit au doux parfum rétro, avec références à la mode d'autrefois - Dior, Chanel et Balenciaga en tête -, et ce d'autant plus qu'à mesure que les épisodes défilent, le scénario devient progressivement moins attendu. C.PL. Velvet, sur une idée originale de Ramón Campos et Gema R. Neira. Les saisons 1 et 2 sont disponibles en DVD, Showshank Films." Les deux choses les plus heureuses qui puissent arriver à un peintre contemporain sont : primo, être espagnol, et secundo, s'appeler Dalí. Elles me sont arrivées toutes les deux. " Cette phrase qui sonne comme un slogan est évidemment signée Salvador Dalí. L'incontournable artiste était également un grand communicant, qui jouait de son extravagance pour se mettre en scène et faire parler de lui, devenant par là même une icône de la société de consommation. C'est cette facette de star qu'entend, en partie, mettre en avant l'expo dédiée au natif de Figueres, ouvert jusqu'à la fin août à Liège. Un parcours qui retrace aussi la vie de ce maître du surréalisme au fil d'une scénographie plongeant véritablement les visiteurs dans le monde imaginaire du Catalan. L'occasion de (re)découvrir cet indispensable pan de la culture hispanique... d'autant que l'événement a pris part dans un chef d'oeuvre d'architecture dessiné par un compatriote du célèbre moustachu, la gare des Guillemins de Santiago Calatrava. Coup double ! F.BY. De Salvador à Dalí, gare de Liège Guillemins, à 4000 Liège. www.expodali.be Jusqu'au 31 août prochain. En préambule à sa participation à la quinzième Biennale d'architecture de Venise, l'Espagne avait annoncé que sa présence en bord de lagune ne manquerait pas de faire écho à la crise qui frappe si durement le pays depuis 2008. Au thème " Nouvelles du front ", proposé par le commissaire général chilien Alejandro Aravena, elle a donc répondu avec Unfinished (Inachevé), des architectes Iñaqui Carnicero et Carlos Quintans, qualificatif évoquant sans détour les milliers de constructions abandonnées et autres chantiers désaffectés que compte le pays. Refusant tout misérabilisme, le duo de concepteurs a choisi de se concentrer sur les solutions qui permettront à la péninsule ibérique d'échapper à son triste sort de champ de ruines en devenir - et à en voir leur compilation de 67 projets et réalisations, 7 séries de photographies et 11 interviews vidéo, ce ne sont pas les idées qui manquent pour adapter, réaffecter ou se réapproprier des bâtiments existants. Une démarche positive dont la matérialisation, toute en sobriété, aura elle aussi charmé le jury de la Biennale : le pavillon espagnol a décroché le Lion d'Or de la participation internationale. M.N. www.labiennale.org Jusqu'au 27 novembre prochain. Cet homme est le roi de la customisation. Et s'il est ainsi couronné, à juste titre, c'est parce que, depuis longtemps, Bernard Gavilan répète " recycle, up-cycle " à qui veut l'entendre et organise avec maestria un défilé-concours ouvert à tous, Customisez-moi, dixième édition cette année. Franchement, il ne croyait pas qu'il tiendrait si longtemps, mais il sait qu'il a raison " plus que jamais " - Bernardo a toujours eu une longueur d'avance, même en naissant à Gijon, Asturies, alors qu'il fut conçu à Bruxelles, c'est ce que veut la légende familiale. C'est un pur produit de l'immigration espagnole d'ici : enfance dans les Marolles, adolescence dans le café-restaurant de ses parents à Bruxelles-Ville, amour incommensurable pour la fabada asturiana, un mets venu de là-bas, débuts difficiles dans une imprimerie et puis changement de voie, pour ne plus jamais s'en détourner. Les glorieuses années 80 le plongent dans la fripe, il découvre la chine, apprend sur le tas, s'en délecte et finit par ouvrir, en 1994, sa première boutique vintage, " très prononcée années 70 ", c'est là qu'il percevra les joies de l'up-cycling, le détournement sera désormais sa loi. Depuis, il s'est installé rue Blaes, DJée comme un fou, trône sur Customisez-moi et fait toujours dans la fripe, " passionnément ". A.-F.M. Bernard Gavilan since 1994, vintage shop à la mode, 1900-1990, 162, rue Blaes, à 1000 Bruxelles. www.customisezmoi.com L'univers des soins cosmétiques regorge de destins de femmes hors du commun. Peut-être moins connue du grand public qu'Helena Rubinstein, Estée Lauder ou plus près de nous Aliza Jabès, fondatrice de Nuxe, ou Mathilde Thomas, chez Caudalie, Carmen Vidal a elle aussi créé son empire qu'elle choisit de baptiser Germaine de Capuccini. La marque, lancée en 1964, est présente dans plus de 500 instituts en Belgique sans que l'on sache toujours qu'elle est née en Espagne, où se trouvent encore ses laboratoires de recherche et son centre de production. La faute, sans doute, à ce nom à la connotation plus italienne qu'hispanique, un choix délibéré de la patronne qui voulait, dès le départ, donner à sa maison une identité la plus internationale possible. Plutôt une bonne idée quand on voit qu'aujourd'hui le label, qui s'est choisi pour égérie la pilote Carmen Jorda, est présent dans plus de 80 pays et se classe dans le top 5 mondial des lignes professionnelles. Parmi la multitude de références corps et visage, on pointera cette cure de sommeil de dix jours dont le contenu des ampoules serait capable de rallonger les nuits de quelques heures. I.W. Sleeping-Cure Night de Germaine de Capuccini, 10 ampoules de 2 ml, 64 euros. Qui a vu l'un des films de Pedro Almodovar a, à tout jamais, perçu un autre visage de l'Espagne, sensuel et sensible, mélange d'idées suggérées ou martelées haut et fort. Comme dans son Labyrinthe des passions où transparaît une déclaration d'amour à sa ville-muse, Madrid, siège de toutes les mutations, théâtre de la grande Histoire, reflets des drames quotidiens et de la beauté hispanique. C'est à cette capitale que rend hommage le cinéma Galeries, à travers son festival L'heure d'été, en salles et en plein air, sur la plage de Bruxelles-les-Bains. Au programme : plusieurs opus du célèbre réalisateur - figure de proue de la Movida, cette génération qui, libérée du joug de la dictature franquiste, explosa au sens artistique du terme - mais aussi d'autres talentueux cinéastes parmi lesquels Alex de la Iglesia, Carlos Saura, etc. De quoi s'immerger dans le Madrid d'aujourd'hui autant que dans celui des années noires, à l'époque où les figures du Septième art brillaient hors des frontières mais étaient muselées à domicile. A l'instar de Luis Buñuel dont le film Viridiana obtint la Palme d'or en 1961 mais fut interdit dans son pays jusqu'en 1977 ! En marge de la manifestation, une librairie éphémère verra aussi le jour et chaque projection sera accompagnée par des suggestions de lecture. Immersion totale. F.BY. Cinéma Galeries, 26, galerie de la Reine, à 1000 Bruxelles. www.galeries.be et www.bruxelleslesbains.be PAR FANNY BOUVRY, ANNE-FRANÇOISE MOYSON, MATHIEU NGUYEN, CATHERINE PLEECK ET ISABELLE WILLOT