MITSUO MATSUOKA1
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Son premier projet fera figure de manifeste : " La superficie était de 100 mètres carrés et le budget, de trois millions de yens. Malgré ces conditions difficiles, je me suis totalement investi et en moins d'un an, j'ai réalisé une maison qui ressemblait à une caverne verticale, aux côtés entourés de murs, avec un éclairage zénithal. Elle privilégiait la fermeture plutôt que l'ouverture et l'obscurité plutôt que la lumière et était diamétralement opposée au " modern living ", à la mode à l'époque. J'ai eu l'occasion de la présenter dans une revue. Le titre était " Urban Guerrilla Houses ". J'avais choisi ce nom comme ça, inspiré par Trotski et Che Guevara. Je me présentais comme un guérillero affrontant la puissante ville et qui allait construire un bastion de l'opposition destiné à ceux qui luttaient pour vivre dans cette ville. Jusqu'ici, du moins au Japon, seuls les bâtiments publics - bibliothèques, gymnases... - étaient considérés comme de l'architecture. On pensait qu'il n'était pas possible de faire de l'architecture avec des constructions de petite taille. " Une démarche qu'on retrouve dans la maison Azuma (5.), construite plus tard.Si l'homme fait partie des grands bâtisseurs du xxe siècle, il n'en reste pas moins présent sur le devant de la scène internationale et le sera particulièrement à Paris ces prochains mois. D'abord au travers de la rétrospective que lui dédie le Centre Pompidou et qui rassemblera septante maquettes originales, ainsi que des dessins, photos et documents retraçant la carrière de ce ténor de l'espace. Tadao Ando achèvera aussi, en 2019, dans le ier arrondissement, la réhabilitation de la Bourse du Commerce en musée (3.), pour la Fondation Pinault. C'est le Nippon qui avait déjà signé, il y a quelques années, la Punta della Dogana (2.), à Venise, abritant une partie des collections du fondateur du groupe de luxe Kering, François Pinault. Pour son projet dans la capitale française, l'architecte a imaginé un cylindre en béton, inséré dans la rotonde classique existante, et marquant " l'épicentre du bâtiment, qui est l'épicentre du centre culturel de Paris qui est lui-même l'épicentre de la culture dans le monde ".