En juin dernier, le record du montant le plus élevé déboursé sur un site d'enchères afin d'acquérir une plante venait d'être battu. C'est sur la plate-forme néo-zélandaise Trade Me qu'un inhabituel rhaphidophora tetrasperma s'est envolé pour la modique somme de 27 100 dollars, soit un peu moins de 16 500 euros. Sa spécificité? Suite à une mutation naturelle, le mini-monstera, qualifié de "variegata", souffre d'albinisme. Ce qui se traduit par un manque de chlorophylle donnant à son feuillage vert d'élégantes panachures blanches. Le même mois, le magasin Candy Floriculture de Singapour vendait un philodendron spiritus sancti - réputé pour sa rareté et sa croissance lente - 40 000 dollars, soit plus de 25 500 euros. Si ces deux anecdotes restent somme toute exceptionnelles, force est de constater que l'intérêt porté au monde des végétaux d'intérieur, et à ses espèces les plus précieuses, s'est considérablement accru durant la pandémie. "En 2019, j'avais déjà remarqué un petit engouement pour les plantes en général, explique Kevin Roy, propriétaire de Sous la Canopée, véritable jungle urbaine au coeur d'Ixelles. Mais cela a pris une ampleur inédite durant les confinements." Et si les apprentis jardiniers, contraints de rester chez eux, se sont découvert la main verte, ils ont aussi passé un temps incroyablement long à scroller Instagram. "L'appli a vraiment été le moteur du mouvement et, aujourd'hui encore, elle dicte les tendances en la matière", éclaircit Ben Siaens de Rocco Pantalòn, plant shop bruxellois spécialisé dans les végétaux de caractère. Et ce n'est certainement pas Evelyn Leys et Philip Van den Driessche, gérants du Garden Center de Wemmel, qui diront le...

En juin dernier, le record du montant le plus élevé déboursé sur un site d'enchères afin d'acquérir une plante venait d'être battu. C'est sur la plate-forme néo-zélandaise Trade Me qu'un inhabituel rhaphidophora tetrasperma s'est envolé pour la modique somme de 27 100 dollars, soit un peu moins de 16 500 euros. Sa spécificité? Suite à une mutation naturelle, le mini-monstera, qualifié de "variegata", souffre d'albinisme. Ce qui se traduit par un manque de chlorophylle donnant à son feuillage vert d'élégantes panachures blanches. Le même mois, le magasin Candy Floriculture de Singapour vendait un philodendron spiritus sancti - réputé pour sa rareté et sa croissance lente - 40 000 dollars, soit plus de 25 500 euros. Si ces deux anecdotes restent somme toute exceptionnelles, force est de constater que l'intérêt porté au monde des végétaux d'intérieur, et à ses espèces les plus précieuses, s'est considérablement accru durant la pandémie. "En 2019, j'avais déjà remarqué un petit engouement pour les plantes en général, explique Kevin Roy, propriétaire de Sous la Canopée, véritable jungle urbaine au coeur d'Ixelles. Mais cela a pris une ampleur inédite durant les confinements." Et si les apprentis jardiniers, contraints de rester chez eux, se sont découvert la main verte, ils ont aussi passé un temps incroyablement long à scroller Instagram. "L'appli a vraiment été le moteur du mouvement et, aujourd'hui encore, elle dicte les tendances en la matière", éclaircit Ben Siaens de Rocco Pantalòn, plant shop bruxellois spécialisé dans les végétaux de caractère. Et ce n'est certainement pas Evelyn Leys et Philip Van den Driessche, gérants du Garden Center de Wemmel, qui diront le contraire. En moins de deux ans, la page Insta dédiée à l'entreprise familiale est passée de 238 abonnés à plus de 20 000! Outre une uniformisation des collections privées, cette mouvance numérique a eu des répercussions réelles sur le marché. "Les prix ont flambé, reconnaît Kevin Roy. Pour certains de ces petits organismes vivants, la demande était très forte et la production, insuffisante." Le phénomène a donc créé de (très) éphémères bulles spéculatives dans le milieu et, quand celles-ci éclatent, il arrive que les vendeurs se retrouvent obligés de se débarrasser de leur stock à un montant inférieur à celui de l'achat effectué auprès des pépinières - qui n'hésitent pas à gonfler la facture d'après nos quatre experts. Et les stars de l'année passée, à l'instar des philodendrons Pink Princess et White Princess, n'ont déjà plus la même aura. "Il faut se rendre compte qu'une plante "rare" ne l'est que dans une certaine mesure et que, lorsqu'elle arrive sur le marché, elle ne l'est déjà plus autant, ajoute Ben Siaens. C'est très difficile pour une boutique, c'est comme jouer au poker constamment." En plus de la sempiternelle loi de l'offre et de la demande, toute une armada de facteurs va influencer le prix de vente final de ces plantes. Il faut, par exemple, prendre en compte leur importation - si elles proviennent de pays tropicaux -, leur vitesse de croissance, les éventuelles complications lors de la production, la qualité des variégations pour les mutantes et... le nombre de noeuds présents sur celles-ci. Plus il y en a, plus il est possible de réaliser des propagations. "Je suis certain que les végétaux qui se vendent à plusieurs dizaines de milliers d'euros sont achetés dans le simple but d'être multipliés", assure le propriétaire de Rocco Pantalòn. De fait, sur des groupes Facebook regroupant des passionnés, il est fréquent de croiser l'une ou l'autre bouture à vendre à des montants astronomiques. Pourtant, personne ne peut assurer avec certitude que ces bouts de tiges coupées ou que ces feuilles esseulées ne prennent, un jour, racine. Au sens propre comme au figuré. Il s'agit de la forme panachée d'un oiseau de paradis aux fleurs noires et blanches, une herbacée subtropicale originaire d'Afrique du Sud. Cette mutation exceptionnelle concerne, en moyenne, une plante sur 5 000. Robuste, cette plante du Garden Center de Wemmel est facile d'entretien mais, comme tous les végétaux dits "variegata", sa croissance sera plus lente que pour sa forme classique. Elle nécessite une bonne luminosité mais le soleil direct brûlera, à coup sûr, ses panachures vert clair qui finiront par sécher et brunir. Il est conseillé de vaporiser régulièrement son feuillage afin d'augmenter son taux d'humidité. Pour le substrat, elle apprécie une terre légère, aérée et capable de retenir l'eau. Le meilleur moment pour l'arroser? Lorsque le terreau a séché presque complètement mais reste humide vers le bas. L'apport d'un engrais n'est pas nécessaire pour un oiseau de paradis. Si néanmoins vous y tenez, il est important d'en choisir un faible en azote, sinon le strelitzia risque de reverdir et donc de produire beaucoup moins de variégations. "C'est une bonne idée de le planter dans un pot en terre cuite parce qu'il laisse passer l'air et permet de bons échanges gazeux, explique Philip Van den Driessche du Garden Center. Surtout si on a la main lourde lors de l'arrosage!" 899 euros. "Plus le végétal est panaché, plus il est rare", précise Evelyn Leys. Ce qui explique son prix, entre 15 et 20 fois plus élevé que pour sa version classique. Originaire des forêts tropicales d'Amérique centrale et du Sud, elle a été l'une des premières plantes à affoler les collectionneurs et aficionados. Toujours sur Trade Me, un représentant de l'espèce a atteint près de 4 000 euros. Si ce spécimen exposé chez Rocco Pantalòn s'adapte assez facilement à son environnement, sa forme panachée est un peu plus exigeante. Comme pour les autres "variegata", elle apprécie les pièces lumineuses mais ne supporte pas le soleil direct et demande un bon niveau d'humidité (minimum 60%). Concernant le substrat, le sacro-saint mélange fibres de coco/terreau/perlite est celui qui lui correspond le mieux. Pour l'arrosage, Ben Siaens de la boutique Rocco Pantalòn a sa petite astuce: "Il suffit d'observer et de toucher son feuillage ; s'il devient un peu plus mou, il est temps d'arroser. Au contraire, s'il est bien hydraté, la tension dans les feuilles et les branches sera impeccable." On la placera plutôt en hauteur et loin des courants d'air auxquels elle est sensible ; voire sous cloche. "Une fois par mois, je l'asperge avec un mélange d'eau et huile de neem, un insecticide contre les thrips ou les araignées rouges qui peut être utilisé préventivement. J'en profite pour dépoussiérer ses feuilles pour une bonne photosynthèse." Ben Siaens la vend à 888 euros même si un rapide tour sur Internet nous apprend que sa cote tourne toujours autour des 1 200 euros. A prendre ou à laisser. facebook.com/roccopantalon C'est l'une des variétés de monstera les plus rares et les plus exigeantes qui soient. D'ailleurs, les initiés l'appellent la "plante licorne". Originaire du Pérou, cette plante de la boutique Sous la Canopée pousse parmi les racines des grands arbres sur lesquels elle grimpe. Très coûteuse à l'achat, son entretien l'est également. Pour qu'elle grandisse de manière optimale, il est nécessaire de reproduire les conditions de son habitat naturel. Elle apprécie une bonne luminosité mais craint le soleil direct, requiert un niveau d'humidité très élevé (minimum 80%) et apprécie les températures entre 21 et 29 °C. "Il vaut mieux la placer dans une serre, à l'intérieur, et investir dans un humidificateur, un ventilateur et une lampe horticole", précise Kevin Roy de Sous la Canopée. Concernant le substrat, un mélange de fibres de coco, de bon terreau et de perlite fera parfaitement l'affaire. "Personnellement, je rajoute un peu de sphaigne au-dessus afin de bien capturer l'humidité." Pour l'arrosage, Kevin propose l'astuce du doigt: enfoncez votre majeur dans la terre et arrosez lorsque le terreau a séché en profondeur. "C'est une liane. Donc si vous souhaitez qu'elle produise de belles grosses feuilles, il vaut mieux la faire grimper sur un tuteur en sphaigne ou en fibres de coco." Evaluée entre 9 000 et 10 000 euros, elle n'est pour l'instant pas disponible à l'achat. "Je ne souhaite pas forcément la vendre parce que j'en suis très fan ( rires). Mais si elle grandit bien et développe un bon système racinaire, j'en ferai peut-être des boutures pour que le spécimen soit disponible à la vente, en Belgique, sans forcément dépenser des mille et des cents", rassure Kevin Roy.