La Maison Pierre Degand fête ses 40 ans: rencontre avec son fondateur

Pierre Degand dans sa boutique © AARON LAPEIRRE

Choisie récemment par Stromae pour son passage remarqué au JT de TF1, la Maison Degand s’apprête à souffler ses quarante bougies sans avoir pris une ride. Leçon de style avec son fondateur.

Comment naviguez-vous parmi les changements apportés au vestiaire masculin ces dernières années?

La masculinité est une notion complexe. Cela arrive encore que je propose quelque chose qui sort de l’ordinaire à un client et qu’il me réponde «ah non, je n’oserais jamais, c’est trop féminin». Mais qui a décrété que le rose ou les pochettes étaient efféminés? Tout dépend de la personne, de la manière dont elle se déplace… D’ailleurs, porter une chevalière, oui, mais ornée d’initiales, pas d’armoiries, sinon ça fait vraiment Mickey.

Dans un paysage sartorial en pleine évolution, quelle est pour vous la définition de l’élégance aujourd’hui?

Tout dépend du moment et de la situation: on ne s’habille pas de la même manière pour aller sur la Côte d’Azur ou en ville. Je trouve ça ridicule de voir des gens en tongs dans les rues de Bruxelles. C’est à l’opposé même de l’élégance, qui est une question de respect du contexte et non de montant sur un compte en banque. On peut être habillé ou vêtu, et ce n’est pas pareil: s’habiller, c’est en fonction d’une circonstance, du charisme, tandis que se vêtir, c’est mettre n’importe quoi pour ne pas être tout nu.

Stromae
Stromae © DR

Y a-t-il des erreurs de style à ne pas commettre?

Aujourd’hui, on s’autorise le tee-shirt, les baskets, voire pire, le short et les claquettes au restaurant. Peut-être que c’est tendance, mais c’est pathétique à voir. Je me révolte contre cette mode, parce qu’on peut très bien être habillé en sportswear élégant sans niveler par le bas. Il y a un laisser-aller tragique.

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