Dans l'univers de la mode, la Grande-Bretagne reste un acteur, certes, important mais pas autant que le sont la France et l'Italie. La London Fashion Week a toujours été davantage une vitrine mettant en valeur les jeunes talents qu'une place forte économique. Pour preuve, les Britanniques les plus prolifiques ont souvent déployé leur carrière à l'étranger, de John Galliano et Alexander McQueen à J.W. Anderson. De même, s'il incarne la british attitude en plein, Paul Smith, le génial créateur, défile depuis toujours à Paris. Tout comme Dunhill et Vivienne Westwood. Et question ventes, les griffes inscrites au calendrier de la Semaine de la mode d'outre-Manche se reposent sur leurs showrooms français. Finalement, il ne reste sans doute qu'une seule marque brit' de luxe: Burberry. Le "made in Britain" est ainsi devenu aussi rare que le "made in Belgium", alors que l'industrie britannique de la mode pèse 32 milliards de livres sterling, ainsi qu'aime à le souligner le British Fashion Council (BFC), l'organisme qui chapeaute la profession. A titre de comparaison, le secteur de la pêche, dont il a beaucoup été question ces derniers mois, ne représente qu'1,4 milliard de livres.
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Dans l'univers de la mode, la Grande-Bretagne reste un acteur, certes, important mais pas autant que le sont la France et l'Italie. La London Fashion Week a toujours été davantage une vitrine mettant en valeur les jeunes talents qu'une place forte économique. Pour preuve, les Britanniques les plus prolifiques ont souvent déployé leur carrière à l'étranger, de John Galliano et Alexander McQueen à J.W. Anderson. De même, s'il incarne la british attitude en plein, Paul Smith, le génial créateur, défile depuis toujours à Paris. Tout comme Dunhill et Vivienne Westwood. Et question ventes, les griffes inscrites au calendrier de la Semaine de la mode d'outre-Manche se reposent sur leurs showrooms français. Finalement, il ne reste sans doute qu'une seule marque brit' de luxe: Burberry. Le "made in Britain" est ainsi devenu aussi rare que le "made in Belgium", alors que l'industrie britannique de la mode pèse 32 milliards de livres sterling, ainsi qu'aime à le souligner le British Fashion Council (BFC), l'organisme qui chapeaute la profession. A titre de comparaison, le secteur de la pêche, dont il a beaucoup été question ces derniers mois, ne représente qu'1,4 milliard de livres. Le Brexit suscite dès lors des inquiétudes au rayon fashion, d'autant que la confection de vêtements est par essence un concept sans frontières. Ainsi, une robe dessinée dans la City, par un Grec pour une griffe anglaise, sera taillée dans une soie chinoise et fabriquée au Portugal. Lorsque cette pièce atterrit en boutique, dans la capitale britannique, six mois plus tard, il y a de fortes chances pour que la vendeuse soit d'origine polonaise. Pas étonnant que 90% des créateurs britanniques aient voté contre le Brexit, selon une enquête du BFC. Un divorce sans accord, c'est-à-dire qui verrait supprimés tous les accords commerciaux, ferait peser sur l'industrie un coût de 850 à 900 millions de livres en un an. C'est du moins la somme qu'avance le Conseil sur la base des chiffres à l'exportation pour l'année 2018. Les analystes, eux, prédisent, dans tous les cas, une hausse du prix des vêtements. D'une part en raison des coûts à l'import et export et, d'autre part, à cause du probable exode des porte-drapeaux de la discipline. Or si le vivier de personnel disponible se réduit comme peau de chagrin, cela fera grimper les salaires, et tout le reste à l'avenant.Autre conséquence, le nombre de vêtements sortant d'ateliers de confection britanniques devrait augmenter... mais façonnés par qui? On estime à plus de 10.000 les Européens qui travaillent pour ce secteur, dont certains comptent parmi les plus grands noms de la London Fashion Week: Mary Katrantzou, Simone Rocha ou encore Riccardo Tisci chez Burberry... Nul ne peut prédire ce qui les attend. Ironie du sort, les magazines fashion du Royaume-Uni prévoient que le noir sera LA couleur tendance de l'année 2020!