Come back des années 2000: le retour du jeans taille basse… et du nombril

Hailey Bieber porte un Levi’s. © SDP

L’esthétique de l’an 2000 domine les tendances jeans du moment. Et annonce le retour de la vue plongeante sur le nombril et la raie des fesses, des piercings et autres tatouages au creux des reins?

On se souvient des années 80: le denim était au sommet de sa gloire et le Levi’s 501 dominait la culture pop. Nous avions alors fait nos adieux aux jeans décadents des années 70: les pattes d’ef parés de papillons, les vestes sans manches des rockers, ornées du logo d’Iron Maiden, et le 505, jeans préféré des Rolling Stones et des Ramones. Dans les eighties, l’heure était au retour vers le futur en passant par les années 50. River Phoenix dans Stand by me — jeans, tee-shirt blanc et Converse All Stars — était une sorte de réincarnation du James Dean des années 50 dans La fureur de vivre. De La fête à la maison en passant par Dallas ou même Le Club Dorothée, l’heure était au jeans taille haute coupé droit, à la fois classique et tendance, et surtout, flatteur sur toutes les silhouettes. Plus qu’un effet de mode, le 501 s’est imposé comme la norme, une valeur sûre que l’on abandonne parfois mais à laquelle on finit toujours par revenir. N’en déplaise au cycle des tendances.

Le out est in

Miu Miu
Miu Miu © IMAXTREE

Après plusieurs années durant lesquelles l’industrie de la mode a été obsédée ad nauseam par l’esthétique des années 90, c’est désormais au tour de l’allure Y2K, soit le tournant du millénaire, de faire son come-back. La prochaine étape sur la ligne du temps de l’histoire du textile, si l’on suit ce retour en arrière chronologique? Les jeans lavés à l’eau de Javel taille basse, laissant apparaître un string et éventuellement un tatouage d’inspiration polynésienne ou celtique dans le bas du dos. Adieu James Dean, bonjour Loana et une autre idée de la fureur de vivre, nettement plus provocante.

D’autant que dans la foulée, d’autres accessoires qu’on croyait bannis à jamais s’offrent également un retour en grâce: lunettes de soleil avec verres fumés et détails en cristaux Swarovski, leggings en velours façon Juicy Couture, pantalons cargo, hauts qui laissent apparaître le ventre et même le bas de la poitrine, bob style Von Dutch, imprimé serpent, combinaisons de couleurs écœurantes, piercing au nombril et/ou au nez… C’est toute la garde-robe de Jenifer et ses comparses de la Star Academy 1, ridiculisée hier pour cause de mauvais goût frôlant le vulgaire, qui revient, pile à temps pour l’annonce du retour du télécrochet sur les ondes.

Signe des temps, la tenue la plus photographiée de cette saison est signée Miu Miu et se compose d’une minijupe beige coupée en deux et d’un pull-over gris porté sur une chemise bleue, l’ensemble s’arrêtant juste sous la poitrine et faisant référence à l’uniforme d’écolière de Britney Spears dans le clip de Baby One More Time (1998). La tenue, nostalgique à souhait, fait un tabac sur Instagram et TikTok depuis des mois, que ce soit la version originale de Miu Miu, ou des copies faites maison. Une paire de ciseaux, et le tour est joué. Adoubé par les modeuses, dont le mannequin Emily Ratajkowski et l’actrice Zendaya, qui avaient respectivement 7 et 2 ans l’année où Britney l’a rendu célèbre, l’ensemble suscite également la convoitise des médias traditionnels, Nicole Kidman ayant été aperçue récemment dans une version en denim foncé pour la couverture de Vanity Fair.

Et pourtant, si le bug mondial annoncé aura été évité, le passage à l’an 2000 ne s’est pas déroulé sans couacs. Britney, aujourd’hui sur la pente ascendante, a traversé des années d’errance, tout comme l’actrice Lindsay Lohan, tandis que plus près de chez nous, Diam’s a troqué le micro au profit du voile islamique, Ophélie Winter serait devenue sans domicile fixe et David Charvet, chantre du jeans taille basse version masculine, s’est reconverti en… agent immobilier. Et pourtant, cela n’empêche pas la nouvelle génération de se passionner pour cette période trouble de la culture pop, qu’elle adapte à sa sauce.

Britney Spears au début des années 2000.
Britney Spears au début des années 2000. © GETTY IMAGES

Nostalgie chérie

L’an 2000 «revisité» est en effet moins mélodramatique, moins obsédé par les écolières naïves et maigres des clips vidéo de l’époque. La version 2022 reflète simplement l’esthétique des créateurs qui ont grandi au tournant du siècle. Bruno Sialelli, le directeur artistique de Lanvin qui a fait apparaître Paris Hilton dans une campagne publicitaire, est né en 1987 et avait donc 13 ans au tournant du millénaire.

Glenn Martens était, lui, un peu plus âgé, mais encore un ado: son interprétation de Diesel – peut-être la marque de jeans la plus célèbre du début du siècle – est pleine de références au style de l’époque, tout en ayant été retravaillée pour que la génération Z puisse s’y identifier. Il en va de même pour Blumarine, dont le créateur Nicola Brognano, 10 ans en 2000, parvient à vendre aux enfants des jeans avec des papillons à la Mariah Carey. Ester Manas et, dans une moindre mesure mais tout de même, Nensi Dojaka, rendent les tenues plus inclusives. Juicy Couture s’est associé à Ganni pour toucher un public plus jeune, et Von Dutch à Koché. En attendant le retour en grâce de Miss Sixty et Kookaï? Qui sait. Mais ce qui est certain, c’est que la mode est comme la musique pop: on reste attaché aux airs avec lesquels on a grandi, tout comme aux coupes qui ont fait nos belles années.

Jeans skinny, 240 euros, 7 For All Mankind.

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Jeans skinny, 240 euros, 7 For All Mankind.

Short en jeans 501, 69,95 euros, Levi’s.

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Short en jeans 501, 69,95 euros, Levi’s.

Jeans skinny, 240 euros, 7 For All Mankind.

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Jeans skinny, 240 euros, 7 For All Mankind.

Short en jeans 501, 69,95 euros, Levi’s.

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Short en jeans 501, 69,95 euros, Levi’s.

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