Virgil Abloh, le cheval de Troie du streetwear dans le monde du luxe, avait affirmé, il y a quelques semaines, que l'âge d'or du sweat et des sneakers était révolu. On pouvait légitimement se demander jusqu'à quel point sa prédiction devait être prise au sérieux. Le revirement vers une mode masculine plus formelle était dans l'air depuis quelques saisons déjà. Et elle s'est encore confirmée pour l'hiver 2020-2021, tant sur les podiums de Paris que de Milan. Même les jeunes marques prescriptrices comme A-Cold-Wall, Sunnei ou Botter qui défilait pour la première fois à Paris, semblent bel et bien y avoir succombé en consacrant elles aussi le traditionnel costume. Si l'uniforme archétypal de l'homme est de retour, la fluidité des formes, le satiné des matières lui apportent une part indéniable de féminité. Un peu partout, les accessoires se miniaturisent et s'imposent aux bras des hommes comme des bijoux.

Kris Van Assche pour Berluti jouent à fond la carte de la confusion des genres, Belga
Kris Van Assche pour Berluti jouent à fond la carte de la confusion des genres © Belga

Alexandre Matiussi chez AMI Paris, Chitose Abe pour Sacai, Pierre Mahéo d'Officine Générale et Kris Van Assche pour Berluti jouent à fond la carte de la confusion des genres: homme et femme se partagent sans complexe le même vestiaire à la virilité adoucie. À Milan, Domenico Dolce et Stefano Gabbana se sont emparés de la figure de l'artisan, convoquant ainsi sur le podium un berger - avec un véritable agneau dans les bras -, un jardinier, un cordonnier,... dans des "uniformes de travail", rendus somptueux pour l'occasion.

Les uniformes des artisans revisités en version chic par Dolce & Gabbana

Si l'on ne devait retenir qu'un seul autre temps fort de la fashion week milanaise, ce serait le retour de Gucci en clôture de cette semaine dédiée à la mode masculine. Il faut y voir le signe que celle-ci est à nouveau prise au sérieux par les marques qui comptent. C'est pendant l'homme qu'Alessandro Michele avait fait ses débuts il y a cinq ans avant de préférer l'organisation de défilés "co-ed" durant les fashion weeks femme. Son univers baroque si cher aux Millennials méritait bien un show dédié au parfum de l'enfance.

Suit is the new sexy

© BELGAIMAGE

Pour les grands noms du luxe, plus que jamais "sky is the limit". Une formule prise au pied de la lettre par Virgil Abloh chez Louis Vuitton. Cette fois encore, le créateur afro-américain avait pris ses quartiers dans une tente monumentale, plantée en plein coeur des Tuileries... à quelques centaines mètres à peine de celle, toute aussi gigantesque, qui accueillerait le défilé Dior un jour plus tard sur la place de la Concorde.

Le décor spectaculaire du défilé Louis Vuitton, Imaxtree
Le décor spectaculaire du défilé Louis Vuitton © Imaxtree

Dans un décor de ciel bleu nuageux que n'aurait pas renié Magritte, des outils d'artisans géants étaient posés à même le sol: des ciseaux de tailleur bien sûr mais aussi un niveau et un marteau, clin d'oeil au passé d'ingénieur et d'architecte d'Abloh. Kim Jones avait quant à lui choisi la pénombre réveillée par des jets de fumées de couleur pour présenter une collection hommage à son amie Judy Blame, icône du mouvement punk récemment disparue.

Le manteau serti de sequins de Dior Homme, Imaxtree
Le manteau serti de sequins de Dior Homme © Imaxtree
 Dior
Dior

Sur les catwalks, les deux stylistes stars du groupe LVMH ont rivalisé de virtuosité pour célébrer l'art du "tailleur" revisité selon les codes respectifs de leurs maisons. Libérés de leur rôle d'uniformes de travail chez Louis Vuitton, costumes et manteaux s'enjolivent jusqu'à l'extrême chez Dior - une manière de rappeler l'ADN Haute Couture de la marque. Dans les deux cas les pièces plus formelles s'imposent, comme les nouveaux moyens d'exprimer à travers le vêtement son identité singulière

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Pour la beauté du show

A l'heure où les rythmes de la fast fashion bousculent toujours plus les calendriers, où les shows sont visibles d'un simple clic sur le Net parfois même en temps réel aux quatre coins de la planète, la question de l'avenir des Fashion Weeks se pose de manière plus accrue chaque saison. Ils sont donc de plus en plus nombreux à ne plus se contenter d'un simple "défilé" de silhouettes pour proposer à leurs invités un moment d'émotion immersive, voire dans certains cas un spectacle complet dont les vêtements ne sont finalement plus que les costumes.

Sister Sledge a clôturé le show anniveraire des 20 ans de DSquared2 ., Imaxtree
Sister Sledge a clôturé le show anniveraire des 20 ans de DSquared2 . © Imaxtree

A Milan, Sister Sledge a clôturé le show anniversaire des 20 ans de DSquared2 en entonnant We Are Family. Chez Off-White, le danseur claquettiste Cartier Williams, vêtu d'un tee-shirt portant la mention I support young black businesses a ouvert le show dans l'ambiance tamisée d'un podium éclairé par un chandelier de cristal.

Autre décor, autre atmosphère pour Undercover qui avait choisi la scène du Cirque d'Hiver pour un show aux accents de Macbeth, inspiré par le film Throne of Blood d'Akira Kursosawa. Sur la scène circulaire, la présentation de la collection d'inspiration japonisante était entrecoupée de chorégraphies saisissantes, la dernière mettant aux prises le danseur israélien Tom Weinberger avec une pluie de flèches tombées du ciel.

Jam session et accrobaties chez Homme Plissé, Imaxtree
Jam session et accrobaties chez Homme Plissé © Imaxtree

Danse toujours, presque douloureusement lente chez Marni, avec une chorégraphie signée par le chorégraphe Michele Rizzo montrée dans la pénombre. Pour la ligne Homme Plissé, c'est au chorégraphe américain Daniel Ezralow qu'Issey Miyake avait confié le soin d'organiser une jam session endiablée mêlant musiciens de jazz et performeurs, une manière aussi de rappeler que Plissé fut à l'origine créé pour des danseurs.

Dans un tout autre genre, la marque Vetements, attendue au tournant depuis le départ de son créateur star Demna Dvasalia, osait un "anti-show" demandant à ses invités réunis dans un garage d'éclairer les mannequins à l'aide de la lampe de leur téléphone. révélant un casting de "fake" célébrités - Kate Moss, Naomi Campbell, Angelina Jolie, Snoop Dogg... - démasquées lors du tour final une fois rallumés les spots éblouissants.

Imaxtree
© Imaxtree

Des débuts prometteurs

Lisi Herrebrugh et Rushemy Botter avaient reçu l'une des meilleures places du calendrier de la semaine masculine de Paris pour les débuts de Botter. Une belle présentation, mettant en scène des revisites d'un certain nombre de succès de leur précédente collection - un maillot de rugby surdimensionné avec des rayures dito, par exemple - et des costumes parmi les plus beaux et les plus originaux de la semaine.

Le costume glam chez Botter, Imaxtree
Le costume glam chez Botter © Imaxtree

Boramy Viguier, finaliste 2019 du prix LVMH, a montré son fascinant mélange de couture et de sportswear avec une touche médiévale à la Bourse de Paris. Quant à la marque japonaise Doublet, lauréate du prix LVMH 2018, elle a présenté ses vêtements fous dans un décor de fast-food customisé. We Are The World tenait lieu de bande originale, tandis que des modèles de toutes tailles et de tous poids marchaient les bras chargés de plateaux. Masayuki Ino, le créateur de Doublet, est incontestablement l'un des talents à suivre du moment.

Doublet, Getty Images
Doublet © Getty Images

Strass et paillettes

On ne comptait plus les sequins chez Dior, où Kim Jones revendique depuis son arrivée la place de chef de file d'une nouvelle forme de romantisme inspirée du courant pop britannique de la fin des années 70. Les dandys sont donc bien de retour comme le confirme aussi de spectaculaire défilé organisé par Olivier Rousteing pour Balmain.

Les hommes soleil de Balmain, Imaxtree
Les hommes soleil de Balmain © Imaxtree

Dans un décor de dunes africaines, les silhouettes rappelant celles des habitants du désert se sont peu à peu parées de bijoux et de paillettes pour évoquer un roi soleil en majesté.

Un décor de dunes africaines pour Olivier Rousteing chez Balmain, Belga
Un décor de dunes africaines pour Olivier Rousteing chez Balmain © Belga

Une touche de glam présente aussi chez Rick Owens - avec une fusion des styles de Kansai Yamamoto (Bowie dans sa période de gloire) et Axl Rose teinté d' Hollywood - et chez Dries Van Noten.

Une touche de glam chez Dries Van Noten, ISOPIX
Une touche de glam chez Dries Van Noten © ISOPIX

Le créateur belge s'adresse ici aux hommes qui n'ont pas peur de se mettre en scène et revendiquent même une certaine décadence en arborant des bijoux et des fourrures extravagants et visiblement faux.

L'écologie presque oubliée

Comme à l'accoutumée, Walter Van Beirendonck a utilisé son défilé faire passer une message. Le directeur du département mode de l'Académie d'Anvers est reparti en guerre cette fois contre une certaine idée de la mode, armant ses silhouettes de pointes défensives placées sur les épaules, les chaussures et même les joues de ses modèles. Sur les vêtements, on pouvait lire des mantras comme "I hate fashion", "save the planet" ou encore "stop buying fast fashion" aux accents d'injonctions paradoxales.

Walter Van Beirondonck en guerre contre la fast fashion, Imaxtree
Walter Van Beirondonck en guerre contre la fast fashion © Imaxtree

Cette démonstration mise à part, peu d'attention finalement a été accordée aux conséquences écologiques de l'une des industries les plus polluantes de la planète. C'est peut-être une bonne chose finalement: si les marques veulent être vraiment cohérentes, elles devraient arrêter de produire des vêtements, ou au moins ralentir le rythme.

Giorgio Armani encourage le recyclage lors du défilé de sa ligne Emporio., AFP
Giorgio Armani encourage le recyclage lors du défilé de sa ligne Emporio. © AFP

Les ténors auraient toutefois pu utiliser la plate-forme des défilés pour attirer l'attention sur les questions environnementales. Giorgio Armani pour la ligne Emporio s'en est chargé, en projetant sur les murs de son théâtre "Je dis oui au recyclage" en lettres d'un mètre de haut. Reste à savoir comment cela sera suivi d'effet.

Virgil Abloh, le cheval de Troie du streetwear dans le monde du luxe, avait affirmé, il y a quelques semaines, que l'âge d'or du sweat et des sneakers était révolu. On pouvait légitimement se demander jusqu'à quel point sa prédiction devait être prise au sérieux. Le revirement vers une mode masculine plus formelle était dans l'air depuis quelques saisons déjà. Et elle s'est encore confirmée pour l'hiver 2020-2021, tant sur les podiums de Paris que de Milan. Même les jeunes marques prescriptrices comme A-Cold-Wall, Sunnei ou Botter qui défilait pour la première fois à Paris, semblent bel et bien y avoir succombé en consacrant elles aussi le traditionnel costume. Si l'uniforme archétypal de l'homme est de retour, la fluidité des formes, le satiné des matières lui apportent une part indéniable de féminité. Un peu partout, les accessoires se miniaturisent et s'imposent aux bras des hommes comme des bijoux. Alexandre Matiussi chez AMI Paris, Chitose Abe pour Sacai, Pierre Mahéo d'Officine Générale et Kris Van Assche pour Berluti jouent à fond la carte de la confusion des genres: homme et femme se partagent sans complexe le même vestiaire à la virilité adoucie. À Milan, Domenico Dolce et Stefano Gabbana se sont emparés de la figure de l'artisan, convoquant ainsi sur le podium un berger - avec un véritable agneau dans les bras -, un jardinier, un cordonnier,... dans des "uniformes de travail", rendus somptueux pour l'occasion. Si l'on ne devait retenir qu'un seul autre temps fort de la fashion week milanaise, ce serait le retour de Gucci en clôture de cette semaine dédiée à la mode masculine. Il faut y voir le signe que celle-ci est à nouveau prise au sérieux par les marques qui comptent. C'est pendant l'homme qu'Alessandro Michele avait fait ses débuts il y a cinq ans avant de préférer l'organisation de défilés "co-ed" durant les fashion weeks femme. Son univers baroque si cher aux Millennials méritait bien un show dédié au parfum de l'enfance.Pour les grands noms du luxe, plus que jamais "sky is the limit". Une formule prise au pied de la lettre par Virgil Abloh chez Louis Vuitton. Cette fois encore, le créateur afro-américain avait pris ses quartiers dans une tente monumentale, plantée en plein coeur des Tuileries... à quelques centaines mètres à peine de celle, toute aussi gigantesque, qui accueillerait le défilé Dior un jour plus tard sur la place de la Concorde.Dans un décor de ciel bleu nuageux que n'aurait pas renié Magritte, des outils d'artisans géants étaient posés à même le sol: des ciseaux de tailleur bien sûr mais aussi un niveau et un marteau, clin d'oeil au passé d'ingénieur et d'architecte d'Abloh. Kim Jones avait quant à lui choisi la pénombre réveillée par des jets de fumées de couleur pour présenter une collection hommage à son amie Judy Blame, icône du mouvement punk récemment disparue. Sur les catwalks, les deux stylistes stars du groupe LVMH ont rivalisé de virtuosité pour célébrer l'art du "tailleur" revisité selon les codes respectifs de leurs maisons. Libérés de leur rôle d'uniformes de travail chez Louis Vuitton, costumes et manteaux s'enjolivent jusqu'à l'extrême chez Dior - une manière de rappeler l'ADN Haute Couture de la marque. Dans les deux cas les pièces plus formelles s'imposent, comme les nouveaux moyens d'exprimer à travers le vêtement son identité singulière.A l'heure où les rythmes de la fast fashion bousculent toujours plus les calendriers, où les shows sont visibles d'un simple clic sur le Net parfois même en temps réel aux quatre coins de la planète, la question de l'avenir des Fashion Weeks se pose de manière plus accrue chaque saison. Ils sont donc de plus en plus nombreux à ne plus se contenter d'un simple "défilé" de silhouettes pour proposer à leurs invités un moment d'émotion immersive, voire dans certains cas un spectacle complet dont les vêtements ne sont finalement plus que les costumes. A Milan, Sister Sledge a clôturé le show anniversaire des 20 ans de DSquared2 en entonnant We Are Family. Chez Off-White, le danseur claquettiste Cartier Williams, vêtu d'un tee-shirt portant la mention I support young black businesses a ouvert le show dans l'ambiance tamisée d'un podium éclairé par un chandelier de cristal. Autre décor, autre atmosphère pour Undercover qui avait choisi la scène du Cirque d'Hiver pour un show aux accents de Macbeth, inspiré par le film Throne of Blood d'Akira Kursosawa. Sur la scène circulaire, la présentation de la collection d'inspiration japonisante était entrecoupée de chorégraphies saisissantes, la dernière mettant aux prises le danseur israélien Tom Weinberger avec une pluie de flèches tombées du ciel. Danse toujours, presque douloureusement lente chez Marni, avec une chorégraphie signée par le chorégraphe Michele Rizzo montrée dans la pénombre. Pour la ligne Homme Plissé, c'est au chorégraphe américain Daniel Ezralow qu'Issey Miyake avait confié le soin d'organiser une jam session endiablée mêlant musiciens de jazz et performeurs, une manière aussi de rappeler que Plissé fut à l'origine créé pour des danseurs.Dans un tout autre genre, la marque Vetements, attendue au tournant depuis le départ de son créateur star Demna Dvasalia, osait un "anti-show" demandant à ses invités réunis dans un garage d'éclairer les mannequins à l'aide de la lampe de leur téléphone. révélant un casting de "fake" célébrités - Kate Moss, Naomi Campbell, Angelina Jolie, Snoop Dogg... - démasquées lors du tour final une fois rallumés les spots éblouissants.Lisi Herrebrugh et Rushemy Botter avaient reçu l'une des meilleures places du calendrier de la semaine masculine de Paris pour les débuts de Botter. Une belle présentation, mettant en scène des revisites d'un certain nombre de succès de leur précédente collection - un maillot de rugby surdimensionné avec des rayures dito, par exemple - et des costumes parmi les plus beaux et les plus originaux de la semaine. Boramy Viguier, finaliste 2019 du prix LVMH, a montré son fascinant mélange de couture et de sportswear avec une touche médiévale à la Bourse de Paris. Quant à la marque japonaise Doublet, lauréate du prix LVMH 2018, elle a présenté ses vêtements fous dans un décor de fast-food customisé. We Are The World tenait lieu de bande originale, tandis que des modèles de toutes tailles et de tous poids marchaient les bras chargés de plateaux. Masayuki Ino, le créateur de Doublet, est incontestablement l'un des talents à suivre du moment.On ne comptait plus les sequins chez Dior, où Kim Jones revendique depuis son arrivée la place de chef de file d'une nouvelle forme de romantisme inspirée du courant pop britannique de la fin des années 70. Les dandys sont donc bien de retour comme le confirme aussi de spectaculaire défilé organisé par Olivier Rousteing pour Balmain.Dans un décor de dunes africaines, les silhouettes rappelant celles des habitants du désert se sont peu à peu parées de bijoux et de paillettes pour évoquer un roi soleil en majesté. Une touche de glam présente aussi chez Rick Owens - avec une fusion des styles de Kansai Yamamoto (Bowie dans sa période de gloire) et Axl Rose teinté d' Hollywood - et chez Dries Van Noten. Le créateur belge s'adresse ici aux hommes qui n'ont pas peur de se mettre en scène et revendiquent même une certaine décadence en arborant des bijoux et des fourrures extravagants et visiblement faux.Comme à l'accoutumée, Walter Van Beirendonck a utilisé son défilé faire passer une message. Le directeur du département mode de l'Académie d'Anvers est reparti en guerre cette fois contre une certaine idée de la mode, armant ses silhouettes de pointes défensives placées sur les épaules, les chaussures et même les joues de ses modèles. Sur les vêtements, on pouvait lire des mantras comme "I hate fashion", "save the planet" ou encore "stop buying fast fashion" aux accents d'injonctions paradoxales.Cette démonstration mise à part, peu d'attention finalement a été accordée aux conséquences écologiques de l'une des industries les plus polluantes de la planète. C'est peut-être une bonne chose finalement: si les marques veulent être vraiment cohérentes, elles devraient arrêter de produire des vêtements, ou au moins ralentir le rythme. Les ténors auraient toutefois pu utiliser la plate-forme des défilés pour attirer l'attention sur les questions environnementales. Giorgio Armani pour la ligne Emporio s'en est chargé, en projetant sur les murs de son théâtre "Je dis oui au recyclage" en lettres d'un mètre de haut. Reste à savoir comment cela sera suivi d'effet.