Fier·e de mon quartier bruxellois? Non peut-être!

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Isabelle Willot

C’est en se promenant dans son quartier, à Forest, pendant le premier confinement, que Kwinten Lambrecht a eu l’idée de créer des tee-shirts illustrant les coins emblématiques des communes bruxelloises. Des pièces vendues en ligne et le temps des fêtes, dans un pick-up store, rue Dansaert. Le cadeau parfait pour tous les amoureux de la capitale. Interview.

Comment vous est venue l’idée de ce projet?

Pendant le confinement, j’avais un peu de temps – je suis consultant en communication et je n’avais pas beaucoup de boulot à ce moment-là. J’étais à la recherche d’un projet créatif qui pourrait m’occuper, où je pouvais vraiment m’amuser. Comme beaucoup de gens j’imagine, j’avais avant la crise sanitaire plutôt tendance à sortir dans le centre-ville ou à Ixelles. J’ai commencé à me balader dans mon quartier et j’ai découvert à quel point il était super. J’ai posé un autre regard sur les bâtiments, les parcs, les petits magasins qui m’entouraient. C’est ce qui m’a donné envie de créer des tee-shirts en hommage aux quartiers bruxellois. J’ai commencé avec Forest, où je vis. J’ai proposé à un de mes amis graphiste qui habite-là aussi de bosser avec moi sur le premier. Je lui ai donné le slogan « Find me in the Forest » et c’était parti.

Le petit dernier met Bruxelles à l'honneur.
Le petit dernier met Bruxelles à l’honneur.

C’est une peu l’anti tee-shirt souvenir, non? Puisqu’il faut presque être initié pour comprendre les références…

Exactement! C’est pour les « echte Brusseleirs »! Je voulais vraiment m’inspirer de ce chauvinisme bruxellois qui fait que nous avons ici notre propre manière de dire et d’illustrer les choses. Bruxelles ne se résume pas à l’Atomium, Manneken Pis, la Grand’Place, les frites et le chocolat. Il y a plein d’autres lieux splendides à Bruxelles. Depuis le début du projet, j’ai dû parcourir des centaines de kilomètres à vélo à travers les 19 communes et j’ai découvert des trucs dingues. C’est une façon d’être touriste dans sa propre ville.

Ce sont donc les habitants des communes qui les achètent et qui les portent plutôt que les touristes?

Je le vois aux adresses de livraison, c’est d’abord un produit local mais ceci dit j’ai aussi reçu des demandes extérieures à la capitale, des alentours et même d’Angleterre, de Bogota, des Pays-Bas! Il y a beaucoup de fonctionnaires européens dans mes clients. Des gens qui ont vécu un temps à Bruxelles, qui en sont toujours amoureux et veulent garder un petit souvenir de leur passage ici.

Kwinten Lambrecht, créateur de shirts.brussels, arbore fièrement le modèle Molenbeek.
Kwinten Lambrecht, créateur de shirts.brussels, arbore fièrement le modèle Molenbeek.

Combien de communes sont aujourd’hui représentées? Et pourquoi celles-là?

Il y a déjà sept communes représentées : Forest, Schaerbeek, Ixelles, Jette, Molenbeek, Etterbeek et la petite dernière Bruxelles Ville. Je commence d’abord par chercher un illustrateur car je veux que celui qui crée le motif habite la commune. Je fais des recherches sur Instagram. Il faut aussi que je sente qu’il y a un certain potentiel pour le produit. Même si mes productions sont petites, je dois quand même sortir une bonne centaine de pièces par motif pour avoir une certaine marge. Mais je reçois bien sûr des demandes, qui viennent parfois de micro quartiers qui veulent « leur » tee-shirt et qui m’envoie tout un tas d’arguments pour me convaincre. Je préfère prendre mon temps, je tiens aussi à ce que les illustrateurs soient correctement rémunérés. Là, nous venons de sortir le tee-shirt Bruxelles Ville. Jusqu’au printemps, nous allons voir comment ça roule. Mais les prochains seront sur Anderlecht, Saint-Josse et peut-être un modèle qui rassemblerait « l’ouest » de Bruxelles avec Ganshoren, Koekelberg et Berchem-Sainte-Agathe à l’été prochain.

Les dinosaures ont pris d'assaut le parc du Cinquantenaire à Etterbeek.
Les dinosaures ont pris d’assaut le parc du Cinquantenaire à Etterbeek.

N’est-ce pas difficile du coup de garder une certaine identité graphique pour toute le ligne si ce sont toujours des illustrateurs différents? Y-a-t-il des codes imposés?

Il y a une typo commune et une sélection de couleurs Pantone. Après ce sont des aller-retour permanents : j’invente le slogan et on travaille autour de cela. Je fais aussi des suggestions. Pour Jette, je voulais un bleu qui rappelle celui des ciels de Magritte qui a vécu dans cette commune.

Forest, la commune avec laquelle tout a commencé.
Forest, la commune avec laquelle tout a commencé.

C’était important pour vous que ce projet soit durable jusque dans le mode de livraison?

Oui, dès le début du projet, j’ai réfléchi à la durabilité à chacune des étapes. Que ce soit pour le choix du tee-shirt de base que j’ai voulu en coton 100% éco, qualitatif, proposé par Stanley/Stella, une marque membre de la Fair Wear Foundation. Même chose pour l’impression qui se fait dans un atelier bruxellois. La production reste limitée et la livraison se fait à vélo, dès que c’est possible! Si vous exigez d’être livré le lendemain, je vais forcément devoir vous décevoir. Mais je m’engage à ce que le colis vous parvienne au plus tard 6,3 jours après la commande!

Si celui que je veux est sold-out, c’est fichu?

Nous avons déjà réédité certains modèles, très vite, pour Schaerbeek et Forest. A l’avenir, je fonctionnerai avec une liste de précommande pour mieux gérer le stock. Car le succès aidant, je ne sais plus où mettre mes caisses! Mon bureau est entièrement plein.

Où peut-on se les procurer?

En ligne et jusqu’à la fin de l’année dans un pick-up store, au centre ville. En ce moment avec les fêtes c’est assez intense et c’est plutôt chouette parce que l’on voit vraiment que les gens aiment Bruxelles. Ils se déplacent aussi dans le magasin, je vois vraiment un shift des ventes vers la boutique, on sent qu’ils ont envie de venir sur place. Pour moi aussi, c’est une toute autre expérience, c’est un peu comme si je jouais au magasin! Là je rencontre les clients, on échange, on parle du projet. Ils peuvent aussi acheter les illustrations à encadrer chez eux.

Ixelles choisit de voir les choses en grand.
Ixelles choisit de voir les choses en grand.

Pensez-vous décliner ensuite le concept dans d’autres villes belges? Où à l’étranger?

Il y a bien de temps en temps des commentaires sur les réseaux sociaux qui m’encourage à le faire. Je suis Bruxellois et fier de l’être. Ce serait opportuniste de tout à coup prétendre connaître aussi bien d’autres villes que la mienne, ce ne serait pas légitime. Je préfère me concentrer sur ce projet-ci. Miser sur une croissance durable plutôt qu’une bulle qui explose.

shirts.brussels et en décembre, au pick-up store, 126 rue Dansaert, 1000 Bruxelles. Mercredi/Jeudi/Vendredi 18,23,24,30/12 de 12h à 18h. Samedi 19,26/12 de 10h à 17h. Dimanche 20/12 de 12h à 17h.

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