Le DIY, la solution de la gen Z pour en finir avec la fast-fashion

Moteur de l’industrie de la mode, et ce malgré le flot de critiques auquel elle est confrontée depuis plusieurs années, la fast-fashion pourrait vivre des heures plus sombres à compter de 2023. Face aux enjeux climatiques, sa cible de prédilection, la génération Z, pourrait s’en détourner au profit d’une pratique bien plus créative – et économique – le ‘do it yourself’, en progression constante depuis la pandémie de Covid.

Génération engagée et soucieuse des problématiques climatiques, les Z sont aussi les premiers prescripteurs de fast-fashion. Un paradoxe qui subsiste depuis plusieurs années, mais qui pourrait bien prendre fin à l’aube de 2023. Les nombreuses alternatives durables, parmi lesquelles l’upcycling et la seconde main, les détournent progressivement des vêtements à bas prix, dont l’impact environnemental et humain est régulièrement pointé du doigt. A l’heure des bonnes résolutions, les jeunes générations semblent bien décidées à s’y employer pour de bon.

Le DIY, entre créativité et accessibilité

Il y a près d’un an, les sondages étaient unanimes : le cœur des jeunes générations balançait entre fast-fashion et seconde main. Chose qui s’est confirmée au fil des mois, avec d’un côté un boom des achats de seconde main, et de l’autre une mode rapide qui s’est très peu essoufflée, demeurant le moteur de l’industrie de la mode. Le marché de l’occasion pourrait ainsi atteindre les 77 milliards de dollars en 2026, contre 36 milliards en 2021, d’après des données dévoilées par Thredup, tandis qu’en parallèle, la fast-fashion apparaît toujours comme le modèle le plus prisé dans le monde. Polluante mais populaire, la mode rapide accroche un jeune public qui a – jusqu’ici – du mal à décrocher des bas prix et de la possibilité de renouveler inlassablement sa garde-robe.

Mais face à la multiplication des polémiques, enquêtes, et autres débats sur la fast-fashion, témoignant de son impact sur l’environnement, les plus jeunes semblent vouloir se désintoxiquer de ce modèle addictif. Et une pratique vieille comme le monde pourrait les y aider. Le ‘do it yourself’ – ou DIY – compte aujourd’hui parmi les alternatives durables les plus prisées par les Z, qui entendent s’y adonner en masse dès 2023. C’est ce que révèle le 2023 Trend Report d’Instagram*, réalisé en partenariat avec WGSN, qui fait de la mode DIY l’une des armes clés des plus jeunes pour en finir avec la fast-fashion.

Plus de 500 millions de vues

D’après un sondage mené pour les besoins de ce rapport, plus de la moitié des Z américains interrogés prévoient de créer eux-mêmes certains de leurs vêtements en 2023. Une pratique qui fera appel à leur sens de la créativité, et sera – forcément – bénéfique pour leur porte-monnaie. D’autant plus que les tutoriels dédiés au DIY se comptent aujourd’hui par centaines, que dis-je par milliers, sur les réseaux sociaux. Et si le DIY n’est en rien une pratique nouvelle, se référant même à des pratiques vieilles comme le monde, il prend de plus en plus d’ampleur depuis le début de la pandémie de Covid, et fait l’unanimité auprès des jeunes générations au point de devenir un centre d’intérêt incontournable sur TikTok.

La preuve, le hashtag #DIY a généré à ce jour plus de 240 milliards de vues, quand ceux dédiés aux vêtements DIY dépassent largement les 500 millions de vues. Customisation, upcycling, ou réparation comptent parmi les usages que l’on retrouve sur les réseaux sociaux. L’engouement est tel qu’il a permis de remettre au goût du jour des pratiques que l’on croyait réservées à nos grands-parents, ou arrière-grands-parents, comme le crochet ou le tricot, entre autres.

Un bémol toutefois, nombreuses sont les vidéos qui montrent des utilisateurs acheter des pièces neuves, parfois en masse, pour les transformer en un (seul) modèle fait-maison… Chose qui a peu de chance de profiter à l’environnement. Le DIY peut effectivement apparaître comme une alternative durable à certains modèles particulièrement impactants pour l’environnement, à condition de repenser totalement sa consommation. A noter, le rapport d’Instagram place également la seconde main comme une alternative durable à la fast-fashion pour les Z. Un usage qui devrait donc bel et bien continuer son ascension en 2023.

*En octobre 2022, WGSN a mené une enquête auprès de 1.200 utilisateurs de médias sociaux de la génération Z âgés de 16 à 24 ans à travers les États-Unis.

Partner Content