Fondée en 2012, cette ASBL saint-gilloise propose de transformer, customiser et réparer les vêtements oubliés dans le placard. Nathalie Briot, " upcycleuse " au sein de l'association, raconte la genèse et l'essence de cet atelier-boutique.
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Fondée en 2012, cette ASBL saint-gilloise propose de transformer, customiser et réparer les vêtements oubliés dans le placard. Nathalie Briot, " upcycleuse " au sein de l'association, raconte la genèse et l'essence de cet atelier-boutique. Quel a été l'élément déclencheur ?D'abord, plus jeune, j'étais fan des rideaux de ma grand-mère et je détestais aller dans les magasins. J'ai donc toujours été branchée transformation et récupération. Ensuite, de fil en aiguille, les gens nous manifestaient l'envie de ne plus se rendre dans des magasins où les pièces ne leur plaisaient pas et où les matières n'étaient plus qualitatives. Cette passion pour la couture est donc un héritage familial ?Dans un sens, oui. J'ai reçu ma première machine à coudre à 18 ans, de ma mère et ma grand-mère. Et l'ASBL a été fondée uniquement avec des membres de ma famille. Même s'ils n'étaient pas investis dans la couture, on peut dire que c'était une entreprise familiale. Accordez-vous une valeur émotionnelle associée aux vêtements ?Tout à fait, et nos clients aussi. Beaucoup d'entre eux viennent avec des pièces qu'ils aiment ou dont ils ont hérité d'une personne proche. Conserver les rideaux de sa grand-mère et les transformer en kimono, par exemple, implique un vrai rapport émotionnel au tissu. 139, chaussée d'Alsemberg, à 1060 Bruxelles. lescadavresexquis.beIl est parfois difficile de percevoir le potentiel d'une vieille pièce passée de mode ou mal en point, mais pas pour Brigitte, couturière de métier installée à Etterbeek depuis 1986. Réincarner un jean en un sac à main, rafistoler un tailleur, remettre une robe au goût du jour... Pour elle, " un seul mot d'ordre : la créativité ! " Petite particularité de cet atelier : Brigitte confectionne les modèles conçus par les étudiants stylistes de Bruxelles. 7, rue Général Fivé, à 1040 Bruxelles. couture-brigitte.be " La remailleuse des Marolles " : tel est le surnom de la populaire Marie-Josée Devroede, 95 ans, hérité de sa réputation de dernière des stoppeuses, ces personnes capables de réparer les vêtements en reconstituant la trame du tissu. Munie de ses ciseaux et de ses épingles, elle répare, fil par fil, les tenues qui ont une valeur tant sentimentale que pécuniaire. Au coeur du quartier, son commerce, Stoppage, est devenu un incontournable, apprécié tant par les gens du coin que du reste du pays. 15, rue Haute, à 1000 Bruxelles. Tél. : 02 511 21 59. Pour Farah, la fondatrice de Couture Bascule, il s'agit de passion et d'héritage familial avant tout. " Ma mère était une grande couturière. Mon apprentissage s'est fait en famille, en Iran. Ayant quarante ans d'expérience, j'ai décidé de créer ma maison en 2001, à Bruxelles. La couture, c'est dans mon sang ", raconte-t-elle. Installée dans le quartier ucclois de la Bascule, Farah propose divers services parmi lesquels la transformation de pièces obsolètes. 522, rue Vanderkindere, à 1180 Bruxelles. couturebascule.be Adhérer à la slow fashion, conserver une pièce par sentimentalisme... Nombreuses sont les raisons pour lesquelles la clientèle de Titake choisit de lui confier ses habits en vue d'une modernisation. Pourtant, il y a quatre ans, Christelle Brohez créait sa boutique-atelier à Liège avec un autre objectif, celui de combler la frustration qu'ont certaines de ne pas pouvoir s'habiller dans les magasins traditionnels vu leur morphologie. 176, rue Saint-Laurent, à 4000 Liège. titake.beLors de son examen d'entrée à Saint-Luc (Bruxelles) pour étudier la mode, Ofée affirmait déjà vouloir travailler sur la récup' plus tard. Un désir qui fait de l'upcycling le maître-mot de son atelier namurois. Quelle est la particularité de votre atelier ?A partir de matériaux de récupération, je fais des tenues sur mesure et une petite collection de prêt-à-porter. Cette dernière est créée, sur la base d'upcycling, avec des tissus récupérés dans des greniers. En parallèle, je transforme des vêtements dont on aime le tissu, qui sont encore de bonne qualité, mais qui sont démodés. Quel est votre rapport à la mode d'aujourd'hui ?Je suis passionnée de mode depuis toujours. Mais en m'y intéressant, j'ai réalisé que tout ça était en contradiction avec les valeurs que mes parents m'ont transmises : l'écologie et le respect de la personne. Je me suis vite demandé comment je pouvais allier ma passion et ces principes. La récup' s'est imposée à moi assez naturellement parce que je pouvais le faire à mon échelle. Diriez-vous qu'il existe une collaboration entre votre clientèle et vous ?Tout à fait. Pas mal de gens viennent avec leurs fonds de placard, pour que je puisse en récupérer la matière première. Ils me les donnent parce qu'ils adhèrent à ma démarche et n'ont pas nécessairement envie de se réapproprier le vêtement. 21, chemin des Archiducs, à 5100 Wépion. ofee.beDelphine Lore est couturière de métier depuis plus de trente ans. Avant d'ouvrir son atelier près de Charleroi, elle travaillait, dans notre capitale, pour de grandes maisons telles que Natan, Ralph Lauren ou Armani. " J'ai cherché à m'affiner, à toucher à tout ", explique-t-elle. Aujourd'hui indépendante, son expérience plurielle et sa maîtrise de l'art couturier lui permettent notamment de redonner vie à vos anciennes tenues et de les personnaliser selon vos attentes. 12, rue Albert Brachet, à 6001 Marcinelle. couturelore.be " Dessiner des vêtements, découper des tissus... Ajoutons à cela une passion pour les couleurs et les étoffes, c'était clair : tôt ou tard cela deviendrait mon métier ". Après avoir entrepris des études artistiques et une carrière de peintre décoratrice, Valérie s'est donc reconvertie et a fait de son amour pour la couture sa profession. Elle propose notamment de transformer et réhabiliter les fripes dans son atelier louvaniste. " Les seules limites sont celles de votre imagination ", dit-elle. 100, rue de l'Invasion, à 1340 Ottignies-Louvain-la-Neuve. les-ciseaux-de-valerie.be " Rien ne se perd, tout se transforme ! ", proclame Isabelle, créatrice de cet atelier situé à Jauche (Brabant wallon). La couturière souligne l'éventail de possibilités qu'offrent vêtements et tissus inutilisés. Récupérer les fringues pour les détourner de leur usage initial est son challenge récurrent et l'upcycling fait partie intégrante de sa démarche. A l'instar de ce short en jeans transformé en sac ou de ce col de pull en laine devenu protège-oreilles... 12, rue de la Poste, à 1350 Jauche. ahsibelle.be " Nous partons du principe que la mode est un éternel recommencement, que tout se renouvelle perpétuellement sous une forme différente. " Avec une telle philosophie, l'Atelier Cyclique, situé au coeur de Mons, promeut la mode sans gaspillage et personnalisée. Matthias Neukens, designer de l'atelier, travaille sur des projets variés, allant de la confection d'une robe de soirée sur mesure à la réalisation de collections capsules, en passant, bien sûr, par la transformation de vos tissus. 56, rue du Hautbois, à 7000 Mons. ateliercyclique.wixsite.com/cycliqueLa créativité et l'inventivité au service d'une consommation éthique ? Simone l'affirme et perçoit, elle aussi, l'upcycling comme une solution pour réduire notre empreinte écologique. A l'Atelier de Simone, à Tournai, on constate d'ailleurs que les masques confectionnés avec du tissu ayant un vécu (jeans usagé, par exemple) attirent davantage l'oeil du client. Et c'est une bonne nouvelle, surtout que Simone adore transformer : " Je me dis que des personnes attachées à certains vêtements seraient heureuses de donner une seconde fonction à ces pièces qui ont une histoire, " leur histoire ". "7, rue Muxche Vache, à 7500 Tournai. facebook.com/latelierdesimonePar Perrine Hubion