Celle qui n'était au début que la fille de Robert Kardashian, l'avocat d'OJ Simpson, et ne brillait qu'en tant qu'ancienne assistante de Paris Hilton, s'est muée en star des réseaux sociaux. Elle est tout simplement l'une des femmes les plus connues au monde.
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Celle qui n'était au début que la fille de Robert Kardashian, l'avocat d'OJ Simpson, et ne brillait qu'en tant qu'ancienne assistante de Paris Hilton, s'est muée en star des réseaux sociaux. Elle est tout simplement l'une des femmes les plus connues au monde. Il faut dire qu'elle n'est pas avare lorsqu'il s'agit d'étaler sa vie privée. Cette mondaine qui ne s'en cache pas expose chaque partie de son existence et de sa famille. Elle affiche son parcours de fertilité, son mariage et même ses fiascos. Mais tout a failli changer le 3 octobre 2016. Ce jour là, Kim Kardashian se fait braquer dans son hôtel particulier à Paris. Les voleurs ne vont pas seulement partir avec plus de 9 millions de dollars de bijoux. Ils vont aussi pousser la dame à se retirer - temporairement- des réseaux sociaux. Certains émettront des doutes quant à la véracité de l'attaque, n'y voyant qu'un énième coup de pub. D'autres diront qu'elle l'avait bien cherché à force de mettre sa vie privée en pâture et au service d'une entreprise estimée à plusieurs millions de dollars. Il n'empêche que Kim Kardashian aurait vraiment hésité à se retirer du monde, enfin, des réseaux sociaux. Sauf que ces derniers sont à ce point au coeur de ce qu'on peut qualifier d'empire Kardashian, que, malgré les larmes, elle reviendra, bonne fille, après quelques mois. Un bon choix puisqu'elle compte aujourd'hui 190 millions d'adeptes d'Instagram, soit un peu moins que la population du Nigeria. Une mane financière aussi puisqu'une seule publication sur Instagram peut lui rapporter entre 300000 et 500000 dollars et monte parfois à plus d'un million de dollars.Peu de gens définissent l'époque dans laquelle nous vivons comme le fait Kim Kardashian West, dit The Guardian. À l'ère du capitalisme de plate-forme, où chaque personne sur les médias sociaux est un produit, elle est la reine. Dans le monde actuel, où trop souvent nos vies sont mises en scène et non pas vécues et où l'on ne peut faire confiance à rien de ce que l'on voit, elle parvient à être omniprésente tout en étant étrangement irréelle. Ainsi, il est presque impossible de quantifier exactement à quel point Kim Kardashian West est célèbre, étant donné qu'elle contrôle son propre niveau de notoriété. On pourrait légitimement se demander pourquoi elle est si célèbre, alors qu'elle ne semble rien faire d'autre que montrer sa vie qui n'a en soi rien d'exceptionnel. Comment elle est parvenue à commercialiser son corps et son style de vie de manière si habile qu'elle est devenue une célébrité mondiale ? La réponse tient en un mot. Madame polarise. On l'envie ou on la déteste. Et c'est souvent un peu les deux. La clé de son succès tient probablement au fait qu'il est très facile de la haïr à travers sa consommation ostentatoire. Certains lui reprochent également de faire du "blackfishing" et c'est vrai que de nombreux aspects de son empire ont été construits sur l'appropriation de la culture et de la beauté noires. De tout cela, la dame n'en a cure, car la critique et la publicité ne sont pour elle qu'une même et seule chose. Et les deux augmentent sa fortune, une fortune encore évaluée ce mois-ci par Forbes à 780 millions de dollars.Son pouvoir est aujourd'hui tel que les intellectuels la citent comme exemple lorsqu'ils parlent de culture populaire. "Il y a des moments où je pense que Kim Kardashian doit être le Andy Warhol de notre temps. Un maître de la publicité" dit un éminent rédacteur en chef d'un magazine de mode dans The Guardian. Pour le spécialiste de la Renaissance Stephen Greenblatt, c'est le "self-fashioning", soit le façonnage de soi. C'est le processus qui consiste à se créer une identité et une personnalité publique selon un ensemble de normes socialement acceptables. Ou autrement dit la présentation de ce que vous êtes n'est plus quelque chose de privé, mais une créature que vous avez vous-même créée.Cette mue commencera en 2010, trois ans après les débuts de "Keeping Up With The Kardashians", l'émission de télé-réalité sur sa famille. Cette année Kim décide qu'elle fera n'importe quoi pour se faire connaître. Dès ce moment-là, elle mettra son nom et son visage sur un peu près tout et, on l'aura compris, n'importe quoi. Biscuits, parfums, produit amincissant douteux, cartes de crédit (le Kardashian Kard), les soins de la peau, les cils, des applications, les émojis ou encore des sous-vêtements. Tout cela en continuant à surfer sur la vague des téléréalités grâce à l'émission familiale. Contrairement à ce que pourrait croire, Kim a un peu tardé à rejoindre Instagram. Elle ne le fera qu'en 2012 avec une photo prise avec son Blackberry. Une année faste, car c'est cette même année qu'elle se met en couple Kanye West. Ils étaient amis, ils seront mari et femmes. Ce qui au début ressemblait à une blague, va rapidement basculer. Ils vont finir par devenir l'un des couples les plus influents au monde. La preuve c'est en qu'en 2014, le couple apparaît en couverture de Vogue. Une consécration pour celle qu'on cantonnait alors jusque-là généralement à la culture cheap. Derrière cette métamorphose, il y a indéniablement la patte de son mari. "Mon mari a dit que parfois, être trop sexy, c'est exagéré et il n'est pas à l'aise avec ça", a-t-elle déclaré au magazine New York l'année dernière et, comme un papillon qui retourne dans sa chrysalide, elle porte de plus en plus souvent des tenues amples. Ce n'est pas la première fois qu'une femme célèbre utilise des vêtements pour se réinventer, mais pour Kim Kardashian c'est une habitude. Elle compte plusieurs moments iconiques au compteur. Par exemple lorsque enceinte de 7 mois elle arrive en Givenchy sur le tapis rouge du Met Gala de 2013, (le créateur de la robe, Riccardo Tisci, a admis plus tard : "Je voulais avoir un moment Kim Kardashian"), la cover en 2014 du magazine Paper, qui mettait en scène une coupe de champagne ses fesses et le photographe controversé Jean-Paul Goude (destinée à casser internet, cette couverture sera un franc succès puisque le journal a dû imprimer 35 000 exemplaires supplémentaires).Ces dernières années, Kim semble plus sage, presque familiale à travers ses quatre enfants. Il lui arrive désormais d'utiliser sa notoriété pour défendre des causes. Elle a repris des études de droit et utilise son héritage arménien pour mettre en lumière l'histoire et le conflit du pays. Elle a également fait pression sur Donald Trump pour qu'il libère Alice Marie Johnson, une femme de 65 ans qui a été condamnée à vie pour trafic de cocaïne. Kardashian West fera d'elle le visage et le corps de sa ligne de vêtements de sport, prouvant ainsi qu'on ne gâche jamais une bonne opportunité de marketing. Sa récente discrétion s'explique aussi par les problèmes de santé mentale de son mari, lui qui fera d'étranges déclarations sur Twitter et se lancera comme candidat à l'élection présidentielle. Mais, pour ses quarante ans, elle s'est tout même offert du rêve. Délaissant momentanément une certaine sobriété, elle a fêté son passage à la dizaine supérieure avec une couverture du magazine Grazia, une ligne de vêtements de sport, une ligne de linge d'intérieur KKW Home (serviettes, rideaux de douche, éponges) et un don d'un million de dollars au fonds d'aide arménien. Elle est aussi partie en week-end sur une île forcément tropicale avec 30 de ses plus proches amis.