Début décembre à Mantoue, s'achevait le premier World Forum on Urban Forests, initié par la FAO, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture. But de la rencontre : lancer une campagne de reforestation urbaine d'envergure planétaire, et donc fédérer les initiatives pour reverdir nos métropoles. Une nécessité quand on sait que d'ici 2030, 60 % des Terriens seront citadins et que nos villes génèrent déjà 70 % des gaz à effet de serre. " Ces forêts peuvent aider à absorber le CO2, réduire l...

Début décembre à Mantoue, s'achevait le premier World Forum on Urban Forests, initié par la FAO, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture. But de la rencontre : lancer une campagne de reforestation urbaine d'envergure planétaire, et donc fédérer les initiatives pour reverdir nos métropoles. Une nécessité quand on sait que d'ici 2030, 60 % des Terriens seront citadins et que nos villes génèrent déjà 70 % des gaz à effet de serre. " Ces forêts peuvent aider à absorber le CO2, réduire la pollution et augmenter la biodiversité ", commente Stefano Boeri, coprésident de l'événement. L'architecte sait de quoi il parle : en 2014, il signait, à Milan, le Bosco Verticale, un gratte-ciel prototype aux larges balcons ornés de... 20 000 spécimens végétaux. Depuis, le modèle a fait des petits dans d'autres contrées et une étude a été parachevée par l'architecte pour ériger un tel bâtiment à Anvers. Dans une même optique, le Belge Vincent Callebaut achève en cette fin 2018, à Taipei, un immeuble équipé de 23 000 arbres et le Français Edouard François a terminé, au printemps, à Casablanca, la première tour végétale d'Afrique et du Moyen-Orient.Ces projets grandioses ne sont toutefois que les symboles ostentatoires d'un mouvement de végétalisation plus vaste qui percole lentement, avec pour objectif de rendre nos cités si pas auto-suffisantes, du moins capables de couvrir une partie de leurs besoins en nourriture. A l'échelle de notre capitale, la manoeuvre est d'ailleurs déjà entamée : la Région bruxelloise envisage, dans son plan stratégique GoodFood, d'" atteindre une autonomie de 30 % en fruits et légumes à l'horizon de 2035 " et s'est dotée récemment d'un Facilitateur en Agriculture urbaine, soit un service qui épaule les apprentis cultivateurs. Côté privé, cela bouge également. La société Peas & Love dispose ainsi de 300 lopins ensemencés, à louer par les particuliers, sur la toiture du magasin Caméléon, à Woluwe-Saint-Lambert. Et cette année a vu se concrétiser le projet Bigh de l'architecte Steven Beckers, soit 4000 m² de potagers, serres et bassins de pisciculture sur les toits du Food Met, le marché des anciens abattoirs d'Anderlecht.Autant d'initiatives allant dans la bonne direction. Mais si les investisseurs de cette " plus grande ferme suspendue d'Europe " ont levé 2,7 millions de fonds, les jardiniers urbains restent pour la plupart bénévoles et la survie de leurs parcelles soumise à la pression foncière. Tout doit encore être inventé pour rendre cet élan vert viable et rentable à terme. Un challenge pour 2019 ?