En rédigeant cette carte blanche, deux images ne m'ont pas lâché. Celle du désert d'Atacama et plus récemment, celle de la montagne de Herenthout (Anvers)... Malgré les quelques 12.00 0km qui les séparent, ces deux lieux sont les témoins de la consommation de masse promue par le Black Friday.

Le désert d'Atacama, devenu une décharge de la fast fashion, Belga Images
Le désert d'Atacama, devenu une décharge de la fast fashion © Belga Images

Qu'on se le dise, NON, le Black Friday n'est pas une bonne affaire. La bonne affaire est faite par ceux qui fabriquent et vendent des produits de mauvaise qualité dans des conditions sociales et environnementales douteuses, au détriment des consommateurs.

Pourtant l'année dernière, et ce malgré la pandémie de Covid-19, un nouveau record absolu de transactions bancaires a été atteint le jour du Black Friday. Worldline faisait état d'une hausse des transactions en ligne de 40% en Belgique, le Black Friday s'inscrivant comme la journée numéro un en e-commerce.

Mais alors, pourquoi des centaines d'entreprises participent-elles au "Green Friday" ? Pourquoi s'engagent-elles, le jour J, à ne pas accorder de réductions à leurs clients ?

Des impacts économiques, sociaux et environnementaux

Les entreprises impliquées dans la campagne "Green Friday" prennent tout d'abord position contre ce que représente cette journée de tous les records : une opération commerciale synonyme de surconsommation, de gaspillages colossaux et de lourds impacts économiques, sociaux et environnementaux.

Nombreux sont en effet les acteurs associatifs ou économiques qui dénoncent les excès liés au e-commerce en général et au Black Friday en particulier. Les ONG Greenpeace et Oxfam tout d'abord qui, en Allemagne, en France et en Belgique, pointent du doigt les habitudes des consommateurs en ligne. Selon un sondage réalisé par Greenpeace, un quart des commandes passées en ligne par les moins de 30 ans est retourné via le site marchand.

C'est un comportement qu'a également identifié la banque Barclays au Royaume-Uni. L'organisme de crédit révèle que 30 % des acheteurs en ligne commandent plus de produits que ce dont ils ont besoin (plusieurs tailles, plusieurs couleurs,...) pour, après essayage, retourner les articles non-désirés. On appelle ces consommateurs les "serial returners".

., Getty Images
. © Getty Images

Et que deviennent ces produits retournés ?

Selon une enquête réalisée par la télévision publique allemande ZDF, 30 % des articles retournés à Amazon Allemagne sont soit jetés, soit détruits. Le coût de leur remise sur le marché est plus élevé que celui de leur mise au rebut.

Dans la même logique, les journalistes Johannes Edelhoff et Christian Salewski, de la chaine allemande ARD, ont récemment mis en évidence une autre facette de la campagne "Move to zero" de Nike, la marque au "Swoosh" préférant la destruction de quelques milliers de sneakers neuves en toute discrétion, ou presque. Vous conviendrez que pour une entreprise qui vise la neutralité carbone, il y a de quoi s'interroger...

Dès lors, comment mettre un terme à ce gaspillage?

Loin de vouloir culpabiliser les consommateurs, les entreprises impliquées dans la campagne "Green Friday" (voir ci-dessous) proposent aux citoyens des alternatives responsables, espérant ainsi contribuer au changement urgent et nécessaire des mentalités et des actions de chacun. Soutenons-les !

Et nous, les #consommacteurs, profitons de la période pour dénoncer les pratiques abusives des marques qui surfent sur la vague du greenwashing. Et changeons nos comportements!

Franck Kerckhof, Ressources asbl

Le Green Friday

Événement éco-citoyen, collectif militant, journée de sensibilisation, le "Green Friday" c'est un peu tout ça à la fois. Le "Green Friday" réunit des associations et des entreprises européennes

autour d'une même ambition : promouvoir une consommation responsable et raisonnée et redonner le pouvoir au consommateur dans la maîtrise de son acte d'achat. En quatre ans, le "Green Friday" est devenu un rendez-vous populaire de grande ampleur, symbole de la lutte contre une surconsommation destructrice.

Alors que le jour du dépassement, de plus en plus tôt chaque année, rappelle l'urgence de sauvegarder les ressources de la planète, le collectif, plus que jamais convaincu du bien-fondé de sa démarche, intensifie sa lutte pour cette nouvelle édition.

Depuis 2019, la Fédération RESSOURCES développe le mouvement en Wallonie et à Bruxelles en mobilisant son réseau de membres de quelques 170 boutiques de seconde main et des dizaines d'ateliers de réparation. A l'origine de cette initiative, quatre membres fondateurs contribuent activement à faire vivre le "Green Friday" : Le réseau ENVIE, Altermundi, Dream Act et le Réseau des Acteurs du Réemploi (REFER).

Et concrètement, le 26 novembre ?

Le 26 novembre 2021, les quelque 170 boutiques de seconde main du réseau Ressources proposeront leurs produits au même prix que toute l'année : le prix juste pour notre planète, notre société et notre économie. Des actions de sensibilisation et des ateliers de réparation seront également organisés pour l'occasion.

En rédigeant cette carte blanche, deux images ne m'ont pas lâché. Celle du désert d'Atacama et plus récemment, celle de la montagne de Herenthout (Anvers)... Malgré les quelques 12.00 0km qui les séparent, ces deux lieux sont les témoins de la consommation de masse promue par le Black Friday. Qu'on se le dise, NON, le Black Friday n'est pas une bonne affaire. La bonne affaire est faite par ceux qui fabriquent et vendent des produits de mauvaise qualité dans des conditions sociales et environnementales douteuses, au détriment des consommateurs.Pourtant l'année dernière, et ce malgré la pandémie de Covid-19, un nouveau record absolu de transactions bancaires a été atteint le jour du Black Friday. Worldline faisait état d'une hausse des transactions en ligne de 40% en Belgique, le Black Friday s'inscrivant comme la journée numéro un en e-commerce. Mais alors, pourquoi des centaines d'entreprises participent-elles au "Green Friday" ? Pourquoi s'engagent-elles, le jour J, à ne pas accorder de réductions à leurs clients ?Les entreprises impliquées dans la campagne "Green Friday" prennent tout d'abord position contre ce que représente cette journée de tous les records : une opération commerciale synonyme de surconsommation, de gaspillages colossaux et de lourds impacts économiques, sociaux et environnementaux. Nombreux sont en effet les acteurs associatifs ou économiques qui dénoncent les excès liés au e-commerce en général et au Black Friday en particulier. Les ONG Greenpeace et Oxfam tout d'abord qui, en Allemagne, en France et en Belgique, pointent du doigt les habitudes des consommateurs en ligne. Selon un sondage réalisé par Greenpeace, un quart des commandes passées en ligne par les moins de 30 ans est retourné via le site marchand. C'est un comportement qu'a également identifié la banque Barclays au Royaume-Uni. L'organisme de crédit révèle que 30 % des acheteurs en ligne commandent plus de produits que ce dont ils ont besoin (plusieurs tailles, plusieurs couleurs,...) pour, après essayage, retourner les articles non-désirés. On appelle ces consommateurs les "serial returners".Selon une enquête réalisée par la télévision publique allemande ZDF, 30 % des articles retournés à Amazon Allemagne sont soit jetés, soit détruits. Le coût de leur remise sur le marché est plus élevé que celui de leur mise au rebut. Dans la même logique, les journalistes Johannes Edelhoff et Christian Salewski, de la chaine allemande ARD, ont récemment mis en évidence une autre facette de la campagne "Move to zero" de Nike, la marque au "Swoosh" préférant la destruction de quelques milliers de sneakers neuves en toute discrétion, ou presque. Vous conviendrez que pour une entreprise qui vise la neutralité carbone, il y a de quoi s'interroger...Loin de vouloir culpabiliser les consommateurs, les entreprises impliquées dans la campagne "Green Friday" (voir ci-dessous) proposent aux citoyens des alternatives responsables, espérant ainsi contribuer au changement urgent et nécessaire des mentalités et des actions de chacun. Soutenons-les !Et nous, les #consommacteurs, profitons de la période pour dénoncer les pratiques abusives des marques qui surfent sur la vague du greenwashing. Et changeons nos comportements!Franck Kerckhof, Ressources asbl