Le Belize, petit pays de la côte orientale d'Amérique centrale, abrite un précieux trésor: la deuxième plus grande barrière de corail au monde et son Great Blue Hole, curiosité naturelle quasiment unique sur le globe. Un gouffre marin géant, circulaire, formé par une glaciation quaternaire datant d'une époque où le niveau de la mer était très bas, soit il y a environ 15.000 ans.
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Le Belize, petit pays de la côte orientale d'Amérique centrale, abrite un précieux trésor: la deuxième plus grande barrière de corail au monde et son Great Blue Hole, curiosité naturelle quasiment unique sur le globe. Un gouffre marin géant, circulaire, formé par une glaciation quaternaire datant d'une époque où le niveau de la mer était très bas, soit il y a environ 15.000 ans. Après 30 minutes de vol au départ de Belize City, à 100 km des côtes, il apparaît sous nos yeux telle une peinture. Un trou de 300 mètres de diamètre parfaitement dessiné par la nature, d'un bleu intense et mesuré à 124 mètres de profondeur. Une splendeur protégée et classée au patrimoine mondial de l'Unesco, au même titre que la barrière de corail. Le Belize est devenu récemment le premier pays au monde à interdire totalement l'exploitation pétrolière dans ses eaux territoriales. Résultat immédiat: l'Unesco a retiré ce joyau de la liste du patrimoine en péril. L'institution avait placé le site sous surveillance en 2009 suite à des épisodes de blanchissement des coraux. En tournant le dos au pétrole, le pays renonce à 17% de ses revenus annuels, mais en misant sur l'or bleu de ses eaux paradisiaques, il attire de plus en plus de visiteurs. Selon les derniers chiffres de la Banque mondiale (publiés avant la pandémie), les revenus liés au tourisme représentent près de 20% du PIB bélizien, tandis que près de 200.000 Béliziens dépendent du récif pour leur survie. Ses décors de "carte postale" devraient leur garantir un avenir radieux. Cinquante nuances de bleu tracent les contours de cette véritable oeuvre d'art qui n'a rien à envier aux beautés sous-marines australiennes, et que nous avons la chance de survoler. Un enchaînement d'atolls, de mangroves, de caves de sable et d'estuaires, où quelque 1.400 espèces animales et végétales peuplent un monde sous-marin s'étirant sur 380 km de longueur. Tout le récif corallien est surveillé de très près par les autorités locales. La préoccupation actuelle: y bannir la pêche aux filets maillants, jugés destructeurs. Vu les lois sur la protection environnementale, les avions n'ont pas le droit de voler sous les 500 pieds. Pour en (sa)voir plus, on rejoint donc une trentaine de curieux sur le bateau de l'agence Amigos del Mar, qui emmène chaque jour les touristes plonger et nager dans le Great Blue Hole. Deux bonnes heures de navigation sont nécessaires pour y arriver depuis Ambergris Caye, l'une des îles du Belize. La récompense? La sensation d'avancer sur les traces de Darwin ou de Cousteau, tant le décor est vierge et fascinant... La plongée n'est pas dangereuse: 40 mètres de profondeur sans courant, dans une eau cristalline où se promènent toutes sortes de poissons colorés, ainsi que des requins de récif caribéen, des requins-taureaux ou des requins-marteaux. En cours d'excursion, on apprend que le Great Blue Hole était jadis une grotte sèche... aujourd'hui inondée. Le lieu n'est pas seulement une carte postale grandeur nature, c'est aussi une barrière naturelle qui protège les côtes contre les tempêtes et autres catastrophes naturelles. On comprend mieux l'enjeu des mesures de protection visant à laisser "respirer" ce morceau de mer. Le juste équilibre à trouver sera évidemment de ne pas laisser le développement touristique prendre trop de place... mais disons que la question ne se pose pas vraiment pour l'instant.