La mer, la montagne, des rivières, des sites archéologiques antiques et médievaux, des bunkers communistes transformés en cafés de plages, l'hospitalité, une gastronomie riche avec des cuisses de grenouille, du gibier, des fruits de mer dont des dattes de mer pêchées à la dynamite ou au marteau-piqueur et théoriquement interdites à la consommation: l'Albanie a tout pour attirer les touristes.

Mais la pandémie du coronavirus a porté un coup très dur au pays qui a accusé en 2020 un recul de la fréquentation de 60% et une perte de revenus estimée à plus d'un milliard d'euros. Aujourd'hui, l'Albanie espère faire revenir les touristes en vaccinant massivement sa population, avec environ 350.000 doses distribuées en quelques semaines.

Paradis des herbes médicinales

Sauge, thym, sarriette, origan, cannegerge l'Albanie est l'un des principaux producteurs d'Europe d'herbes et de plantes médicinales servant à fabriquer des thés réputés riches en antioxydants et en vitamine C.

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Durant la pandémie, la demande des entreprises pharmaceutiques a grimpé en flèche, avec un chiffre d'affaires à l'exportation passé de 40 millions d'euros en 2019 à 50 millions d'euros en 2020, selon des sources officielles. D'après l'Association des plantes médicinales et aromatiques, l'Albanie a produit 14.000 tonnes de plantes médicinales et aromatiques en 2020, dont 95% ont été exportées vers l'Allemagne, les Etats-Unis, l'Italie et la France.

Le modèle européen

Le visiteur est frappé par l'omniprésence de deux drapeaux: l'aigle bicéphale noir sur fond rouge, l'étendard national, au côté de la bannière de l'Union européenne. Isolés du reste du monde sous le communisme, "les Albanais sont obsédés par l'Europe. L'Europe est pour eux un amour maladif mais aussi un vrai modèle", dit le grand écrivain Ismail Kadaré. Bruxelles a ouvert la porte au lancement de négociations d'adhésion mais demande des réformes profondes, au premier rang desquelles la réforme de la justice considérée comme malade de sa corruption.

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Tirana "a fait ses devoirs et va continuer de les faire", déclare à l'AFP le Premier ministre sortant Edi Rama, soulignant que la balle est désormais dans le camp de l'Europe. Depuis quatre ans, les revenus et le curriculum vitae des magistrats sont passés au crible et plus d'un quart des 800 juges ont été limogés ou ont préféré démissionner.

Exode massif

Selon l'Institut albanais des statistiques, près d'1,7 million d'Albanais sont partis ces 30 dernières années, soit 37% de la population.

En cause selon les experts, la volonté de fuir un pays soumis pendant 45 ans à une dictature communiste et la déception face à un niveau de vie parmi les plus bas d'Europe (salaire brut moyen de 420 euros, près d'un jeune sur trois est au chômage).

Comme partout dans les Balkans, le manque de personnels médicaux se fait cruellement sentir durant la pandémie, avec 1,2 médecins seulement pour 1.000 habitants.

La moyenne d'âge augmente, passée de 28 ans au début des années 1990, la plus jeune d'Europe, à 37,2 ans aujourd'hui, selon l'ONU.

S'ajoute une baisse de la fécondité, l'un des plus bas d'Europe avec 1,37 enfant par femme.

Tolérance religieuse

Officiellement athée durant l'ère communiste (1945-1991) où la religion était proscrite, l'Albanie est majoritairement musulmane (56%), pour un quart de chrétiens (catholiques et orthodoxes).

L'islam y est très libéral à l'image de la confrérie soufie des Bektashis, dont les adeptes consomment de l'alcool. Les Albanais n'hésitent pas à multiplier les occasions de fêtes en partageant celles des autres communautés quand les mariages mixtes sont fréquents.

En septembre 2014, le pape François avait choisi l'Albanie pour son premier voyage en Europe, voulant y promouvoir un modèle de tolérance entre religions.

La mer, la montagne, des rivières, des sites archéologiques antiques et médievaux, des bunkers communistes transformés en cafés de plages, l'hospitalité, une gastronomie riche avec des cuisses de grenouille, du gibier, des fruits de mer dont des dattes de mer pêchées à la dynamite ou au marteau-piqueur et théoriquement interdites à la consommation: l'Albanie a tout pour attirer les touristes. Mais la pandémie du coronavirus a porté un coup très dur au pays qui a accusé en 2020 un recul de la fréquentation de 60% et une perte de revenus estimée à plus d'un milliard d'euros. Aujourd'hui, l'Albanie espère faire revenir les touristes en vaccinant massivement sa population, avec environ 350.000 doses distribuées en quelques semaines.Sauge, thym, sarriette, origan, cannegerge l'Albanie est l'un des principaux producteurs d'Europe d'herbes et de plantes médicinales servant à fabriquer des thés réputés riches en antioxydants et en vitamine C. Durant la pandémie, la demande des entreprises pharmaceutiques a grimpé en flèche, avec un chiffre d'affaires à l'exportation passé de 40 millions d'euros en 2019 à 50 millions d'euros en 2020, selon des sources officielles. D'après l'Association des plantes médicinales et aromatiques, l'Albanie a produit 14.000 tonnes de plantes médicinales et aromatiques en 2020, dont 95% ont été exportées vers l'Allemagne, les Etats-Unis, l'Italie et la France.Le visiteur est frappé par l'omniprésence de deux drapeaux: l'aigle bicéphale noir sur fond rouge, l'étendard national, au côté de la bannière de l'Union européenne. Isolés du reste du monde sous le communisme, "les Albanais sont obsédés par l'Europe. L'Europe est pour eux un amour maladif mais aussi un vrai modèle", dit le grand écrivain Ismail Kadaré. Bruxelles a ouvert la porte au lancement de négociations d'adhésion mais demande des réformes profondes, au premier rang desquelles la réforme de la justice considérée comme malade de sa corruption. Tirana "a fait ses devoirs et va continuer de les faire", déclare à l'AFP le Premier ministre sortant Edi Rama, soulignant que la balle est désormais dans le camp de l'Europe. Depuis quatre ans, les revenus et le curriculum vitae des magistrats sont passés au crible et plus d'un quart des 800 juges ont été limogés ou ont préféré démissionner.Selon l'Institut albanais des statistiques, près d'1,7 million d'Albanais sont partis ces 30 dernières années, soit 37% de la population.En cause selon les experts, la volonté de fuir un pays soumis pendant 45 ans à une dictature communiste et la déception face à un niveau de vie parmi les plus bas d'Europe (salaire brut moyen de 420 euros, près d'un jeune sur trois est au chômage).Comme partout dans les Balkans, le manque de personnels médicaux se fait cruellement sentir durant la pandémie, avec 1,2 médecins seulement pour 1.000 habitants.La moyenne d'âge augmente, passée de 28 ans au début des années 1990, la plus jeune d'Europe, à 37,2 ans aujourd'hui, selon l'ONU.S'ajoute une baisse de la fécondité, l'un des plus bas d'Europe avec 1,37 enfant par femme.Officiellement athée durant l'ère communiste (1945-1991) où la religion était proscrite, l'Albanie est majoritairement musulmane (56%), pour un quart de chrétiens (catholiques et orthodoxes). L'islam y est très libéral à l'image de la confrérie soufie des Bektashis, dont les adeptes consomment de l'alcool. Les Albanais n'hésitent pas à multiplier les occasions de fêtes en partageant celles des autres communautés quand les mariages mixtes sont fréquents.En septembre 2014, le pape François avait choisi l'Albanie pour son premier voyage en Europe, voulant y promouvoir un modèle de tolérance entre religions.