Construit à la fin du XVIIIe siècle, le palais Alexandre, près de Saint-Pétersbourg, a servi de résidence principale au dernier empereur de Russie pendant douze ans, de la révolution de 1905 jusqu'à celle de 1917 qui a mis fin, dans le sang, à la dynastie des Romanov.

Les lieux étaient en rénovation depuis 2012 et totalement fermés au public depuis 2015. Ils se situent à Pouchkine, sur le site de l'ancienne résidence impériale de Tsarskoïe Selo, où se trouvent d'autres édifices et parcs très visités.

"Le palais Alexandre était unique. Il était destiné à la vie intime de la famille qui vivait de façon assez isolée", a expliqué Olga Taratynova, la directrice du musée Tsarskoïe Selo, à l'occasion de la présentation des rénovations.

La bâtiment, de style néo-classique, ouvrira huit de ses salles aux touristes, dont un salon, un cabinet et la chambre à coucher de Nicolas II et de son épouse, l'impératrice Alexandra Fedorovna.

Les travaux ont principalement concerné les planchers, les tapisseries et les plafonds. Ils ont également permis la découverte d'une chambre de toilette de style mauresque où, d'après les photos d'époque, Nicolas II a passé beaucoup de temps.

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Cette pièce, qui comporte une petite piscine, avait été coupée en deux et dissimulée pendant la période soviétique.

A la différence d'autres palais des environs de Saint-Pétersbourg, le palais Alexandre n'a pas été détruit par les nazis au moment de l'invasion de l'URSS. Il a néanmoins abrité la Gestapo et une prison.

Selon les experts, les intérieurs ont surtout été endommagés et partiellement perdus après la guerre, quand la résidence a été transformée en un institut militaire soviétique.

"Du temps de l'URSS, tout a été fait pour détruire la mémoire de la famille impériale", a souligné Nikita Yaveïn, l'architecte chargé de la restauration.

L'édifice n'a été rattaché au Musée de Tsarskoïe Selo qu'en 2009.

Après avoir abdiqué en 1917, le tsar a été assigné avec sa femme et ses cinq enfants dans le palais Alexandre.

Tous les sept ont ensuite été envoyés à Tobolsk, en Sibérie, et finalement à Ekaterinbourg, dans l'Oural, où ils ont été exécutés par les bolcheviks le 17 juillet 1918.

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