Deux couleurs prédominent. Le vert des falaises et des montagnes abruptes, où la roche se nappe régulièrement de bouleaux et épicéas. Et le bleu des flots, qui prend tour à tour des reflets émeraude, turquoise et bronze, au rythme de la météo. Sans oublier les touches éparses de rose, de jaune et de blanc, celles des fleurs sauvages croisées au détour du chemin. Ici, la nature s'admire à perte de vue et, le plus souvent, les kilomètres s'enchaînent sans que l'on croise âme qui vive. Le pays étant particulièrement vaste et peu peuplé - un littoral de 20 000 kilomètres de longueur, une superficie équivalente à un peu plus de dix fois la Belgique mais 25 fois moins d'habitants au kilomètre carré -, mieux vaut se préparer à faire un peu de route. Pour cette raison, le motor-home se révèle une option idéale, surtout si l'on souhaite communier au maximum avec l'environnement, mais aussi voyager en famille, en se posant facilement ici ou là, sans avoir l'impression de vivre constamment dans ses valises. Et pour les enfants, c'est un terrain de jeu tout trouvé...
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Deux couleurs prédominent. Le vert des falaises et des montagnes abruptes, où la roche se nappe régulièrement de bouleaux et épicéas. Et le bleu des flots, qui prend tour à tour des reflets émeraude, turquoise et bronze, au rythme de la météo. Sans oublier les touches éparses de rose, de jaune et de blanc, celles des fleurs sauvages croisées au détour du chemin. Ici, la nature s'admire à perte de vue et, le plus souvent, les kilomètres s'enchaînent sans que l'on croise âme qui vive. Le pays étant particulièrement vaste et peu peuplé - un littoral de 20 000 kilomètres de longueur, une superficie équivalente à un peu plus de dix fois la Belgique mais 25 fois moins d'habitants au kilomètre carré -, mieux vaut se préparer à faire un peu de route. Pour cette raison, le motor-home se révèle une option idéale, surtout si l'on souhaite communier au maximum avec l'environnement, mais aussi voyager en famille, en se posant facilement ici ou là, sans avoir l'impression de vivre constamment dans ses valises. Et pour les enfants, c'est un terrain de jeu tout trouvé...A peine débarqués du bateau à Kristiansand, nous filons vers l'ouest. Direction Mandal, bourgade la plus méridionale du pays. La route serpente doucement le long de lacs et de petits fjords, bordés par des maisons en bois coloré - il n'aura pas fallu attendre longtemps pour un premier effet carte postale à portée de pare-brise.A l'arrivée, l'air marin finit de nous faire oublier les 1 100 kilomètres qui relient la Belgique à la Norvège. Place à une petite station balnéaire, avec camping dans la pinède, plage de sable fin à peine fréquentée et port de plaisance animé. Parfait pour une balade à vélo et l'ascension d'un rocher afin d'admirer les charmantes habitations en bois blanc et tuiles rouges. Nous progressons vers le nord par les terres, en longeant les eaux vertes du Lysefjord, qui semble avoir été taillé dans la montagne d'un coup de hache. Halte incontournable sous le Preikestolen, ce fameux monolithe de 600 mètres de hauteur, dont le sommet forme un plateau presque plane. Coup de chance : les conditions météorologiques sont parfaites, et l'ascension se fait en moins de deux heures. A l'arrivée, aucune barrière de sécurité. On retient son souffle, en rampant jusqu'au bord. Sensation de vertige et satisfaction intense se mélangent. Comme le lieu attire les foules, mieux vaut privilégier une montée à l'aube ou en fin d'après-midi. Les enfants (motivés) sont admis, mais dans ce cas, il est préférable de réserver sa journée pour cette grimpette alternant les côtes, les plats, les légères descentes... et les pauses détente au bord de l'eau. Le long de la route nationale du Ryfylke (aussi appelée " route 13 "), nous marquons une pause à la sortie de Sand. L'endroit est connu pour ses saumons bondissant hors de l'eau et remontant le rapide à contre-courant. On en repère deux en moins d'un minute... et ce sera tout. Dans la région, les possibilités de randonnées sont nombreuses. Les découvertes insolites aussi, à l'instar de l'église en bois debout de Røldal ou des constructions contemporaines comme le Høse bridge ou l'escalier permettant d'atteindre le haut des chutes de Svandalsfossen. Des projets architecturaux qui, distillés le long des routes panoramiques, ont été pensés pour mettre en valeur la beauté des paysages. C'est d'ailleurs ici que la majesté du décor norvégien se dévoile littéralement. On en prend la mesure en longeant les flancs déchirés du Hardangerfjord, dont les bras s'enfoncent de 180 kilomètres à l'intérieur des terres. L'itinéraire alterne ponts, tunnels et lacets en épingles, quand il ne s'interrompt pas soudainement devant les vagues, nous obligeant à emprunter un petit ferry. Etroit, le bitume nécessite parfois de s'écarter de notre trajectoire pour laisser passer, par exemple, un motor-home arrivant en sens inverse. Signe de main au passage, en guise de reconnaissance. Sur le rivage, cascades, forêts touffues et arbres fruitiers se disputent la vedette. De nombreux étals sont d'ailleurs dressés en bord de route, proposant des cerises aux gourmands. Pas de vendeur : il suffit de laisser le montant indiqué. La confiance règne. Il faut dire que les Norvégiens sont les champions pour respecter les règles et prendre soin de leur environnement en général. Retour temporaire à la civilisation avec la visite de Bergen, deuxième ville (et port) du pays. Une excursion classique, mais qui vaut le détour. Elle commence par un rapide tour au marché aux poissons, le temps de sentir l'ambiance et d'acheter quelques tranches de saumon. Ensuite, direction le funiculaire qui, en 7 minutes, permet d'atteindre le mont Fløyen (320 m) surplombant la cité. Les enfants sont ravis en découvrant le panorama, les plaines de jeux, le lac et les sentiers où crapahuter au milieu de gigantesques trolls en bois. Il faut entre 30 minutes et 1 heure pour la descente vers le quai historique de Bryggen, inscrit au patrimoine de l'Unesco. En détournant les yeux des boutiques à souvenirs, on y flâne entre les splendides bâtisses à pignons en bois blotties les unes contre les autres. On vient à Flåm, été comme hiver, pour deux raisons principales. La première : la ligne ferroviaire (très) touristique Flåmsbana, qui grimpe jusqu'à Myrdal, avec une déclivité pouvant atteindre 5,5 %. Au programme : cascades et maisons perdues dans le paysage. La deuxième touche au Nærøyfjord, classé au patrimoine mondial de l'humanité. Pour apprécier sa beauté et la nature brute qui l'entoure, nous optons pour un bateau électrique qui arpente ses 17 km de longueur - pour seulement 250 m de largeur à l'endroit le plus étroit. De quoi se sentir tout petits. Une sensation accentuée lorsque, plus tard, nous arrivons au belvédère de Stegastein, qui offre un panorama 5-étoiles sur la région. C'est un tout autre décor qui se dévoile sur la route nationale de Sognefjellet, l'un des moments préférés de notre voyage. Les fjords laissent ici place à un paysage montagneux, proche des étendues patagoniennes.A 1 434 mètres d'altitude, on circule sur un haut plateau entre deux parcs nationaux, les glaciers en arrière-fond. Les occasions de serpenter entre les plaques de neige et les lacs ne manquent pas, tout comme les haltes près d'oeuvres architecturales disséminées ici et là. Un itinéraire qui n'est possible qu'entre mai et mi-septembre. Les hauts piquets en bois plantés le long de la route rappellent que les couches de flocons aiment beaucoup la région... La fin de l'aventure se profile. Dans notre tête, se promènent les maisons en bois, leur toiture végétale et leurs drapeaux - fierté nationale oblige - flottant dans les jardins. En descendant vers le sud, nous marquons une pause à Lillehammer, où se trouve le plus grand musée en plein air de Norvège. On y remonte le temps parmi 200 édifices traditionnels du pays : habitations rurales, chalets d'alpage, église en bois debout, fermes... On découvre également un ensemble de constructions du xxe siècle, où tout a été aménagé " comme à l'époque ", du salon à la cuisine, en passant par les jeux d'enfants. Pour ceux qui ont encore un peu de temps, pourquoi ne pas visiter Oslo, ses musées réputés (dont ceux consacrés aux navires vikings ou à Munch) et son magnifique opéra aux lignes graphiques et épurées. Une belle façon de renouer en douceur avec la civilisation...