L'hôpital, fondé initialement en 1247 dans le centre de la capitale britannique avant d'être déplacé à Beckenham (à 20 kilomètres au sud), a donné naissance au mot anglais "bedlam", qui signifie chaos ou folie.

Au XVIIIe siècle, les visiteurs pouvaient payer pour regarder les patients et, trois siècles plus tard, les stéréotypes sur les maladies mentales sont toujours aussi nombreux.

"Le musée vise à contrecarrer les préjugés autour de la santé mentale", a expliqué à l'AFP Victoria Northwood, la directrice du musée. "L'un des principaux moyens d'y arriver est de faire visiter le site aux gens, afin qu'ils réalisent que ce n'est pas un endroit effrayant, menaçant et sombre".

La période la plus noire de l'histoire des traitements mentaux est abordée sans être approfondie. Des menottes en cuir et en acier utilisées jusqu'au milieu du XIXe siècle pour immobiliser les patients sont exposées derrière un mur de miroirs, pour ne pas être directement visibles.

Le musée accueille plusieurs installations interactives, dont une vidéo qui invite le visiteur à décider, ou non, d'interner contre son gré une jeune femme en déni sur les dangers de l'anorexie. L'exercice est étonnement difficile et vise à montrer la complexité du diagnostic des maladies mentales.

La partie artistique du musée comprend plusieurs tableaux réalisés par des patients actuels ou anciens, comme la série Cipher de dessins représentant le visage allongé d'un homme réalisée par Dan Duggan, 41 ans.

L'art a contribué au rétablissement de M. Duggan, qui a fait plusieurs tentatives de suicide et a été interné à trois reprises, dont à Bethlem.