On estime que la ville accueille en moyenne 30 millions de visiteurs par an, mais seuls près de 5 millions y logent. Pour la plupart, il ne s'agit donc que d'une excursion à la journée. Cette horde représenterait un véritable fléau pour la ville et ses 50.000 habitants, y compris pour ceux qui en vivent. Maintenant qu'ils ont gouté à un relatif calme suite à la pandémie, beaucoup de Vénitiens ne souhaitent pas revenir au chaos d'avant.

D'autant plus que la ville souffre de cette surfréquentation, car les touristes d'un jour occupent tout l'espace, mais ne dépensent que peu. Ils coutent beaucoup à la ville, sans lui rapporter suffisamment. La ville étouffe littéralement sous ses touristes et perd peu à peu son âme. Les habitants s'exilent, car il n'y a plus que des commerces pour les touristes. Même du côté de l'UNESCO, qui a inscrit Venise et sa lagune au Patrimoine mondial en 1987, cela gronde puisque l'organisation menace de l'intégrer à la liste des sites en péril.

C'est pourquoi les autorités ont décidé d'endiguer le flot de touristes d'un jour pour encourager le tourisme à la sauvette et de privilégier ceux qui optent pour des séjours plus longs. L'idée n'est pas de décourager les gens de venir, mais de les encourager à la savourer comme il se doit. C'est-à-dire en prenant son temps. Comme le précise Simone Venturini, l'adjoint au maire chargé du tourisme, dans Le Monde, "la volonté n'est pas de dissuader les gens de venir, mais de changer l'approche psychologique. Ce n'est plus une ville "fast-food"."

Mais comment cloisonne-t-on toute une ville pour en contrôler l'entrée ?

Longtemps, il n'a été question que de plans hypothétiques, mais il semble bien que ceux-ci seront réalisés pour avril 2022. Si la plupart des habitants doutent encore, après tout le projet a déjà été reporté à plusieurs reprises, les autorités se montrent cette fois bien décidées.

Si Venise ne ressemble à aucune autre ville, elle offre aussi l'avantage d'être géographiquement limité à une île dont les points d'entrées (ponts, pontons, gares ferroviaires, routières et maritimes, parkings, ...) sont clairement identifiés. L'idée d'installer des portiques aux principaux points d'entrée du centre historique (des portiques ont déjà été installés et des tests techniques sont en cours) n'a donc rien de farfelu. Il existe par ailleurs déjà ce système ailleurs en Italie. Soit des tickets payant d'une journée qu'il faut réserver en ligne (sans réservation, on ne rentre pas) et coûtant aux alentours de 5 euros.

Ces portiques seront soutenus par une armada de caméras. Plus de 500 caméras intelligentes viennent d'être installées et celles-ci comptabiliseront via la "Smart Control Room", un projet à 5 millions d'euros, le nombre de gens en temps réels dans les rues et sur les canaux. Le système permet aussi de vérifier grâce aux téléphones portables la "carte d'identité" des personnes. Par exemple, s'il s'agit de touristes étrangers. Les autorités précisent tout de même qu'aucune information n'est individualisée et que le système ne sert qu'à monitorer la foule dans la ville et voir s'il n'y a pas trop de monde, et pourquoi pas, afficher complet.

Venise va cependant rester gratuite pour ceux qui y logent et qui ont réservé dans un hôtel ou une location. Le système ne devrait pas non plus toucher ceux qui habitent Venise ou y travaillent puisqu'ils y auront, eux, libres accès.

S'il sera plus facile de gérer l'afflux de touristes, la ville risque cependant d'encore plus ressembler à un musée ou un parc d'attractions. Et si elle est ainsi débarrassée de ses trop nombreux touristes, elle n'en sera pas moins une ville sous surveillance.

On estime que la ville accueille en moyenne 30 millions de visiteurs par an, mais seuls près de 5 millions y logent. Pour la plupart, il ne s'agit donc que d'une excursion à la journée. Cette horde représenterait un véritable fléau pour la ville et ses 50.000 habitants, y compris pour ceux qui en vivent. Maintenant qu'ils ont gouté à un relatif calme suite à la pandémie, beaucoup de Vénitiens ne souhaitent pas revenir au chaos d'avant. D'autant plus que la ville souffre de cette surfréquentation, car les touristes d'un jour occupent tout l'espace, mais ne dépensent que peu. Ils coutent beaucoup à la ville, sans lui rapporter suffisamment. La ville étouffe littéralement sous ses touristes et perd peu à peu son âme. Les habitants s'exilent, car il n'y a plus que des commerces pour les touristes. Même du côté de l'UNESCO, qui a inscrit Venise et sa lagune au Patrimoine mondial en 1987, cela gronde puisque l'organisation menace de l'intégrer à la liste des sites en péril. C'est pourquoi les autorités ont décidé d'endiguer le flot de touristes d'un jour pour encourager le tourisme à la sauvette et de privilégier ceux qui optent pour des séjours plus longs. L'idée n'est pas de décourager les gens de venir, mais de les encourager à la savourer comme il se doit. C'est-à-dire en prenant son temps. Comme le précise Simone Venturini, l'adjoint au maire chargé du tourisme, dans Le Monde, "la volonté n'est pas de dissuader les gens de venir, mais de changer l'approche psychologique. Ce n'est plus une ville "fast-food"."Longtemps, il n'a été question que de plans hypothétiques, mais il semble bien que ceux-ci seront réalisés pour avril 2022. Si la plupart des habitants doutent encore, après tout le projet a déjà été reporté à plusieurs reprises, les autorités se montrent cette fois bien décidées. Si Venise ne ressemble à aucune autre ville, elle offre aussi l'avantage d'être géographiquement limité à une île dont les points d'entrées (ponts, pontons, gares ferroviaires, routières et maritimes, parkings, ...) sont clairement identifiés. L'idée d'installer des portiques aux principaux points d'entrée du centre historique (des portiques ont déjà été installés et des tests techniques sont en cours) n'a donc rien de farfelu. Il existe par ailleurs déjà ce système ailleurs en Italie. Soit des tickets payant d'une journée qu'il faut réserver en ligne (sans réservation, on ne rentre pas) et coûtant aux alentours de 5 euros. Ces portiques seront soutenus par une armada de caméras. Plus de 500 caméras intelligentes viennent d'être installées et celles-ci comptabiliseront via la "Smart Control Room", un projet à 5 millions d'euros, le nombre de gens en temps réels dans les rues et sur les canaux. Le système permet aussi de vérifier grâce aux téléphones portables la "carte d'identité" des personnes. Par exemple, s'il s'agit de touristes étrangers. Les autorités précisent tout de même qu'aucune information n'est individualisée et que le système ne sert qu'à monitorer la foule dans la ville et voir s'il n'y a pas trop de monde, et pourquoi pas, afficher complet. Venise va cependant rester gratuite pour ceux qui y logent et qui ont réservé dans un hôtel ou une location. Le système ne devrait pas non plus toucher ceux qui habitent Venise ou y travaillent puisqu'ils y auront, eux, libres accès. S'il sera plus facile de gérer l'afflux de touristes, la ville risque cependant d'encore plus ressembler à un musée ou un parc d'attractions. Et si elle est ainsi débarrassée de ses trop nombreux touristes, elle n'en sera pas moins une ville sous surveillance.