La médiatique Claire Chazal se dévoile

© belga

Figure phare du petit écran, elle a aussi le cran de dévoiler, dans un livre intime, la femme face à la vie.

Journalisme

Ce n’était pas sa vocation, mais cette passion s’est imposée comme « une évidence. Mon métier m’a apporté une liberté de pensée, des rencontres extraordinaires et la découverte du monde ». Ses parents redoutaient « une vie précaire et instable », or TF1 lui a offert le JT, durant vingt-cinq ans. « J’ai dû combattre une nature timide et réservée. » Son goût de la transmission s’oriente désormais vers des émissions culturelles. « La curiosité est la qualité principale de tout journaliste. »

Trace

Elle ne se voyait pas écrire « une biographie linéaire », mais elle a eu soudain besoin de « reprendre le fil de ma vie ». Le journalisme télévisé étant éphémère, elle prend la plume à un moment clé. « J’ai connu récemment divers tournants : 60 ans, la mort des parents, des aléas professionnels violents et l’émancipation de mon enfant. » Aussi ces fragments correspondent-ils à l’envie de « traduire en mots mon ressenti ».

Axes

Impeccable, Claire Chazal arbore un look casual, mais elle laisse transparaître sa sensibilité et ses combats. Sa colonne vertébrale : la culture, les émotions, son fils, un halo d’amitiés et la danse qui la maintient debout. « J’ai besoin du compagnonnage des livres car ils m’aident à vivre. Le véritable axe, on doit le trouver en soi. » Malgré son rôle dans les médias, elle ne se voit pas en « féministe militante, mais j’ai peut-être servi de modèle égalitaire ». Son récit, Puisque tout passe, décrit finalement « les aspirations d’une femme, évoluant dans la seconde moitié du xxe siècle. Une quête de liberté sociale, financière et sentimentale ».

Angoissée

« On m’imagine sereine et sûre de moi, or je suis pétrie de doutes, de peurs et de phobies. » La source ? Ses origines. « Issus d’un milieu modeste, mes parents ont dû fournir beaucoup d’efforts pour traverser la vie. » La Française hérite de ce tempérament inquiet et exigeant. « Il reste forcément des fractures. Je n’ai jamais été légère ou insouciante. Tout était à construire. » L’amour l’a formée et fragilisée, tant il rime avec « passion, brûlure et souffrance ». Outre son métier, la maternité est porteuse « d’épanouissement constant ».

Sincère

Dans ce livre, pudique et émouvant, Claire Chazal n’a pas « cherché à dire qui je suis ». La vérité est pourtant « la vertu cardinale. L’écriture ne consiste pas à se déguiser ou à enjoliver les choses. Il s’agit d’une mise à nu. L’horizon se ressert, j’en ai le vertige. Je ne suis qu’un être humain comme un autre… »

Puisque tout passe, par Claire Chazal, Grasset, 196 pages.

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