Opinion

Kathleen Wuyard

Edito | Ce qui nous lie

Si, au retour des beaux jours, choisir de s’enfermer dans une salle sombre peut sembler contre-intuitif, il n’y a pourtant pas de saison pour savourer le septième art. Car ainsi que le rappelle Christophe Hermans, dont le premier long-métrage sort enfin post-pandémie, ce 1er juin, «le cinéma peut-être une source de divertissement, parce que c’est important que les gens puissent souffler après leur journée de travail. Mais il ne doit pas se limiter à une excuse pour manger du popcorn, il faut aussi qu’il permette de faire avancer le monde».

Une mission que le réalisateur namurois relève avec brio avec La Ruche, où Ludivine Sagnier montre à l’écran ce qu’il a vécu enfant, grandissant dans l’ombre d’une mère bipolaire. Un trouble qui reste méconnu et craint de celles et ceux pour qui il se limite aux dangereux excès auxquels il reste associé dans la culture populaire. Une caractérisation que réfutent les personnes qui en souffrent, qu’elles soient atteintes de bipolarité ou qu’elles gravitent dans l’orbite de proches aux prises avec une maladie qui leur impose un périlleux numéro d’équilibriste entre hauts vertigineux et bas abyssaux.

La sortie de La Ruche a été l’occasion de rencontrer certains d’entre eux pour ce numéro, et de réaliser, comme le dit joliment une jeune femme dont les premiers symptômes se sont manifestés en plein Erasmus à l’autre bout du monde, que «la bipolarité est une maladie qu’on ne peut pas affronter seule. Par conséquent, elle peut créer un lien qui n’existe pas toujours dans la relation entre deux personnes saines». Un lien que le cinéma vient aussi renforcer, entre rendez-vous fixés avant la séance et partage d’émotions autour d’un verre une fois les lumières rallumées, de préférence en terrasse, et sans prêter attention au temps qui passe…

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