Julie Van Overmeiren, maraîchère: »Chacun sa manière de planter, sa façon d’exprimer sa personnalité »

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Regagner la terre, la traiter avec douceur, cultiver ses saveurs oubliées, et créer du lien… Tels sont les traits communs des projets d’Emilia, Julie, Sanne et Cécile, qui ont chacune développé une approche singulière de la production agricole. Quatre expériences, à la fois modestes et radicales, personnelles et collectives, témoignant d’une mutation nécessaire et en cours. Voici le témoignage de Julie Van Overmeiren, maraîchère.

« Le but de la permaculture est d’être régénératif. Si toute l’agriculture l’était, nous échapperions aux problèmes climatiques : le modèle actuel détruit les terres, dégrade les sols en les remuant sans cesse. Il empêche le stockage du carbone. Sur notre parcelle, la densité et la diversité des plantations évite les mauvaises herbes. Les plantes se protègent et se nourrissent l’une l’autre, tel ce trio magique des Amérindiens qui mêlaient courges, maïs et haricots. Nous veillons à avoir beaucoup de fleurs car elles aussi favorisent la biodiversité. Puis, je m’amuse à observer les différentes manières de planter de nos bénévoles : chacun a la sienne, comme une façon de montrer sa personnalité. »

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.© Laetitia Bica
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« Chaque bénévole a sa manière de planter, comme une façon de montrer sa personnalité. »

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Julie Van Overmeiren a travaillé dix ans dans l’éducation à l’environnement. Planter des graines dans les consciences est essentiel, assure-t-elle, mais elle a fini par vouloir aller plus loin: « Quand on se lance, on voit la différence entre la théorie et la pratique. » Amoureuse des saveurs, elle a commencé par réaliser du kimchi avec des feuilles de chou trop abîmées pour être vendues. Vint ensuite un projet peu banal : la création d’un jardin maraîcher dans une vieille écluse de 100 m2 sur l’Eilantje d’Anvers. A la fois artistique et agricole, l’expérience lui fait découvrir les plantes salines méconnues telles que la salicorne ou la ficoïde glaciale. Les terres de l’estuaire de l’Escaut (« zilt ») favorisent leur culture et ont donné son nom au projet : Zilt & Zoet.

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.© Laetitia Bica

Depuis, Julie, accompagnée de sa mère et d’autres bénévoles, ont gagné un terrain de 3 500 m2 à Beveren. Le résultat: des plantes salines, mais aussi des légumes, ou encore ces fleurs de courgettes qu’elle livre deux fois par semaine au très chic restaurant The Jane. « Dans les paniers que nous proposons à nos abonnés, nous glissons des plantes à découvrir. Nous les accompagnons de recettes et d’indications sur leurs vertus pour la santé. »

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Le maraîchage de Zilt & Zoet favorise la diversité et l’approche « no dig » où l’on touche le moins possible à terre. Actuellement l’ASBL Zilt & Zoet se mue en une coopérative, Overvloed (« abondance »). Prochaine étape : acheter un terrain. « Nous aimerions trouver 3 ha dans un rayon de 10 km autour d’Anvers. L’accès à la terre est problématique. Pour nous y aider, nous avons lancé un crowdfunding qui a très bien démarré. Sans doute le type de sol nous fera abandonner les plantes salines, mais si la terre nous appartient, nous pourrons y planter des arbres et créer une agriculture encore plus résiliente. »

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.© Laetitia Bica

Julie Van Overmeiren, 38 ans

Projet : Zilt & Zoet et Overvloed

Activité : maraîchage de légumes, fleurs et algues

Terrain : à Anvers et Beveren

ziltenzoet.be – overvloed.org

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