La rage room, un moyen d’évacuer la frustration et une violence encore tabou pour les femmes en Finlande

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« Je me sens super bien, on se laisse emporter »: prête à en découdre avec tout ce qui l’entoure, Sanna Sulin, batte à la main, laisse échapper colère et frustrations dans un atelier défouloir qui rencontre un succès chez les femmes en Finlande, notamment en raison de la pandémie de Covid-19.

Vieilles imprimantes, vaisselle ou aspirateurs, Sanna s’est défoulée durant 25 minutes sur chacun de ces objets au son de sa musique préférée. « Nous, les femmes, sommes habituées à devoir nous comporter correctement, à devoir nous contrôler », explique la quinquagénaire à l’AFP dans une « rage room » – une « salle de colère » – à Helsinki.

Sa présence aujourd’hui n’était pourtant pas une évidence, raconte-t-elle au milieu de fragments de plastique et de verre. « Une amie m’a amenée ici pour essayer et au début j’ai refusé, je préfère réparer les choses ».

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La Finlandaise sautera finalement le pas pour son 50e anniversaire, jugeant que sa carrière dans le service client, « où les gens vous traitent parfois assez mal », lui donnerait de quoi s’épancher.

Inaugurée début juillet, cette salle de colère accueille en majorité des femmes. « 80 % des clients sont des femmes âgées de 25 à 45 ans », selon le propriétaire Janne Raninen, dont l’établissement affiche complet depuis l’ouverture. En Finlande, pourtant bastion de l’égalité des sexes, Janne Raninen reconnaît que « l’agressivité des femmes est taboue, elles n’ont pas le droit de se défouler ».

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Si les frustrations causées par la pandémie de Covid-19 sont de loin les principales causes de la colère des clients, la salle de crise sur le thème du divorce, peinte en rose avec costume et robe de mariée accrochés au mur, s’avère également populaire.

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« Nous, les femmes, sommes habituées à devoir nous comporter correctement, à devoir nous contrôler »

« Rembourser la société »

Bien que des salles de colère existent ailleurs, notamment aux États-Unis, l’idée d’en fonder une à Helsinki a une résonance particulière pour Janne Raninen, 44 ans, qui a passé presque toute sa vie d’adulte en prison pour deux meurtres liés à des gangs.

A sa sortie de prison il y a six mois, il entend créer un exutoire pour que les gens puissent canaliser leur agressivité en toute sécurité.

« Je me suis dit que lorsque je sortirai, j’allais créer cette pièce et laisser les gens évacuer leur colère ici au lieu de faire les choses stupides que j’ai faites dans ma jeunesse », explique le quadragénaire. « Ce genre de salle aurait pu me faire du bien quand j’étais plus jeune ».

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Janne Raninen donne aussi régulièrement des conférences aux jeunes pour tenter de les éloigner des gangs.

« C’est une de mes façons d’essayer de rembourser la société », dit-il, ajoutant que la salle de colère en est une autre. Si « à long terme, il est toujours préférable d’aller voir un thérapeute et de travailler sur ses problèmes intérieurs », affirme-t-il, à court terme, « quand on veut s’amuser différemment et qu’on peut le faire avec des amis, alors c’est le meilleur endroit pour évacuer ».

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