Sofie D'Hoore, créatrice libre

05/09/08 à 12:00 - Mise à jour à 11:59

Source: Weekend

Découvrez ici, dans son intégralité, l'interview de la créatrice belge Sofie D'Hoore.

Sofie D'Hoore, créatrice libre

© Collection Sofie D'Hoore / SDP

Elle crée avec une vitalité intacte des collections faussement sages. Depuis 17 ans, Sofie D'Hoore réinvente l'uniforme féminin. Et c'est drôlement bien.

Qu'elle est l'inspiration de votre collection automne-hiver 08-09 ?
Je ne choisis jamais de thème spécifique comme inspiration. Je construis plutôt sur les collections et les formes précédentes. Mais il y a des hasards externes... J'ai reçu un très beau livre sur Christian Dior, j'en avais déjà beaucoup, mais celui-là me faisait particulièrement plaisir. J'ai une admiration extrême pour Christian Dior. Tout chez lui respire le chic absolu.

Quel était votre rêve d'enfant ?
Ne dépendre de rien. Ni de personne. Je ne voulais pas être une femme au foyer. J'ai lutté pour accéder à l'indépendance. J'ai d'abord suivi des études de dentisterie, alors que j'aurais préféré étudier l'histoire de l'art, mais je n'étais pas très sûre et pas très réaliste non plus... Ce besoin d'indépendance est un peu contradictoire, parce que j'aime être entourée. En réalité, je ne veux dépendre de rien, sauf de l'amour.

Le bonheur, ça ressemble à quoi ?
A une famille heureuse. A un métier que j'aime particulièrement. Je ne pars pas travailler le matin, je pars m'amuser !

Si vous étiez un vêtement, ce serait...
Une robe. J'aime l'idée qu'une seule pièce puisse habiller une femme. Je me sens très libre dedans, personnellement. Et comme je ne fais jamais de robes moulantes dans lesquelles on ne peut pas bouger... Jusqu'à 18 ans, j'ai porté une robe d'uniforme, c'était très joli. Je me souviens encore exactement comment elles étaient. Certaines de mes robes plissées ou chemises peuvent y ressembler.

La collection idéale ?
Une pièce unique : la robe parfaite dans le meilleur tissu. Il faudrait être génial pour y arriver. Christian Dior aurai su le faire.

Une égérie ?
Ma maman. Elle était fière, droite et très belle. Elle m'inspire toujours.

Un homme inspirant ?
Alfred Hitchcock. Je connais mieux ses films que l'homme, ils sont tous d'un esthétisme sublime.

Machine à coudre ou aiguille ?
Aiguille. Je suis plutôt pour la haute couture que pour le prêt-à-porter. Dans l'absolu, je préférerais que tout soit fait à la main. Cela a beaucoup plus d'âme.

Bleu marine ou vert d'eau ?
Bleu marine, en référence à l'uniforme ! J'aime cette couleur. Et sur une femme un peu plus âgée, c'est encore plus chic. J'aime aussi le noir, mais quand il est sophistiqué pas quand il est trop sport.

Coton ou Cachemire ?
Coton. Pour sa fraîcheur. Et son côté craquant, quand on le lave. Et puis cela vieillit bien. Actuellement, on assiste à des développements dans cette matière, surtout chez les Japonais, qui sont très forts. Je retrouve de nouvelles finitions qui ressemblent à celles du début du XXe siècle, des aspects qui font penser aux vieux tabliers.

Talons hauts ou talons plats ?
Plats ! Je marche donc je porte toujours des talons plats. Mais quand je sors dîner avec mon mari, j'enfile des talons hauts, parce qu'il aime bien et moi aussi d'ailleurs !

La quintessence de la féminité ?
L'intelligence. Qui n'a rien à voir avec des diplômes universitaires mais tout avec le respect de soi et une certaine façon de vivre. Une femme intelligente est toujours belle.

Le plus beau compliment à Sofie D'Hoore la créatrice ?
Quand une femme me dit qu'elle porte encore la robe qu'elle a achetée il y a dix ans. Cela me fait plaisir, on doit pouvoir s'approprier un vêtement, se sentir bien dedans, sans qu'il perde sa fraîcheur et le porter jusqu'au bout, jusqu'à ce qu'il soit presque tout à fait déchiré, sans que cela ait l'air ringard.

Votre dernier achat mode impulsif?
Des sandales argentées Jil Sander, même pas de cette année, je les ai trouvées en soldes, elles ont des talons hauts, fins, en bois clair naturel et deux brides argentées. Je les mets avec un pantalon blanc assez sport.

Vous ne pouvez pas vivre sans ?
Mon fils Louis, il a 4 ans.

Vous en rêvez sans jamais avoir osé vous lancer ?
Ouvrir ma propre boutique. J'aimerais montrer ma collection dans sa totalité. Je ne l'ai pas encore vraiment imaginée, cette boutique, mais on devrait s'y sentir accueillie par un luxe de sensations.

Votre premier geste le matin ?
Jeter un coup d'oeil dehors. Pour sentir l'heure, le temps, je suis toujours de bonne humeur. J'habite deux maisons, j'ai deux belles vues. L'une donne sur la Grand Place de loin et l'autre, sur de vielles maisons typiques de la côte, avec des toits de chaume.

En quoi aimeriez-vous vous réincarner ?
En faon. Parce que c'est la couleur de ma nouvelle collection.

Propos recueillis par Anne-Françoise Moyson

Infos: 02 514 50 77.

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