Dans une culture de canneberges (en images)

Keith Mann, 54 ans

Elle sera sur toutes les tables pour Thanksgiving: la sauce aux canneberges qui accompagne traditionnellement la dinde est produite grâce aux récoltes de ce petit fruit rouge acide dont la qualité et la quantité sont de plus en plus tributaires du changement climatique.

Dans le Massachusetts, petit Etat de la Nouvelle-Angleterre dans le nord-est des Etats-Unis et deuxième producteur du pays derrière le Wisconsin, les agriculteurs s’adaptent à des conditions environnementales de plus en plus extrêmes. 

Billy McCaffrey, 70 ans

La canneberge, appelée aussi grande airelle d’Amérique du Nord, souffre autant de la sècheresse que de trop fortes pluies. Mais en ce mois d’octobre, dans son exploitation de Taunton, au sud de Boston, la récolte annuelle a été « phénoménale, incroyable », s’exclame Billy McCaffrey, un ancien enseignant de 70 ans reconverti dans l’agriculture.

Billy McCaffrey

L’homme, immergé jusqu’à la taille dans un marécage de baies couleur rouge vif qu’il ramasse à l’aide de grands filets, n’en croit pas ses yeux. « Pourquoi les années se suivent avec des hauts et des bas? On n’en sait rien et j’espère juste qu’on va pouvoir continuer à en vivre », lâche le solide septuagénaire qui travaille sur son exploitation avec son épouse Mary.

Mary McCaffrey, 75 ans

Le couple McCaffrey redoutait un très mauvais millésime 2022, après une année 2021 qui fut l’une des « pires » récoltes de canneberges de l’histoire récente, selon Brian Wick responsable de la CCCGA, l’association de producteurs locaux. 

Spring Rain Farm à Taunton

Fruits « pourris »

« Ce fut largement dû aux pluies et au climat sous la canopée de vigne, des conditions parfaites pour avoir de la pourriture et des champignons » sur les fruits, explique l’expert à l’AFP.

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Cette année, au contraire, le printemps et l’été ont été très secs, obligeant les agriculteurs à utiliser leurs puits d’alimentation en eau fonctionnant au fioul et d’ingénieux systèmes d’irrigation déclenchés par des capteurs reliés à des panneaux solaires et à une application numérique sur le téléphone et l’ordinateur des McCaffrey.  

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Il est encore un peu tôt pour apprécier la qualité définitive du fruit, mais la CCCGA table déjà sur une quantité astronomique dans le Massachusetts. Keith Mann, 54 ans, est encore plus en pointe contre les effets du changement climatique.

Keith Mann, 54 ans

Dans son exploitation de la baie de Buzzards, il a des panneaux solaires et des éoliennes pour faire fonctionner ses pompes à eau et économiser ainsi du carburant.

« Je ne suis pas sûr que la température moyenne augmente, mais ce sont les conditions climatiques extrêmes qui nous font du tort », déplore-t-il.  « Nous avons eu tout un été de sécheresse qui nous a forcés à irriguer et irriguer encore. Puis des pluies torrentielles à la fin de l’été ont provoqué des inondations et des champignons », résume l’agriculteur. « C’est la double peine! », s’écrie-t-il.

Spring Rain Farm à Taunton, Massachusetts,

Thanksgiving

Mais pour Thanksgiving, considérée comme LA fête de famille aux Etats-Unis et célébrée le quatrième jeudi de novembre, que les Américains se rassurent, nul besoin de faire des réserves de sauce aux canneberges, promettent le couple McCaffrey et Keith Mann.

Les agriculteurs s’adaptent au changement climatique pour produire de nouvelles variétés de fruits transformés par l’énorme coopérative agricole Ocean Spray dans le Massachusetts. 

« On se lève tous les matins pour Thanksgiving. C’est notre moteur » mais « il va falloir faire évoluer nos techniques agricoles », conclut Billy McCaffrey.

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