Le retour de la saison des chrysanthèmes vient nous rappeler que chaque année, à peu près 100.000 personnes décèdent dans notre pays. Or, bien que la grande majorité des enterrements et incinérations se déroulent encore de la même manière qu'il y a trente ans, ce secteur est doucement en train d'évoluer. Parmi les raisons de ce lent changement des habitudes, il y a d'abord le coût élevé des rites, qui ont connu une progression de 35% en à peine dix ans, soit plus que l'inflation. Soumis à l'offre et à la demande, les tarifs affichés par les cimetières belges présentent d'incroyables disparités, ils sont simplement laissés à l'appréciation des villes, et peuvent s'avérer très bas, comme les 100 euros pour une concession de 25 ans à Dinant, mais aussi s'envoler de 1.000 à 3.000 euros dans certaines communes bruxelloises. On estime que le total des frais liés à un enterrement tourne autour des 5.000 euros, ce qui fait beaucoup pour une cérémonie que l'on trouve morne et impersonnelle, paralysée par le poids des traditions et du qu'en-dira-t-on. D'où l'envie d'un nombre grandissant de nos concitoyens de renoncer à ce décorum un peu lugubre pour explorer d'autres pistes plus proches de leur personnalité, de leurs convictions. Car un autre élément déterminant dans l'évolution actuelle, c'est que l'on se soucie désormais de l'empreinte écologique qu'occasionnera notre dernier repos. Longtemps ignorée, la pollution des sols causée par les inhumations ou les crémations a fini par préoccuper les citoyens, poussant pompes funèbres et politiques à envisager des alternatives.
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