VRAI/FAUX : La vaseline est néfaste pour la peau et l’environnement

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Protéger nos lèvres avec une couche de gras a-t-il du sens? Nombreux sont ceux qui pointent le dessèchement que peuvent provoquer ces crèmes, voire leur manque de durabilité. Mais ont-ils raison?

Qu’ont en commun le pot bleu de Nivea, la Crème de huit heures d’Elizabeth Arden et la Crème de la Mer, en dehors de leur statut d’incontournable pour les beautystas? Réponse: une formule avec une forte dose de paraffinum liquidum, également connu sous le nom d’huile minérale. Comme le pétrolatum (vaseline), il s’agit d’un sous-produit de l’industrie pétrolière. Avant d’être (autorisés à être) utilisés dans les cosmétiques et les médicaments, ces composants sont hautement purifiés pour être exempts d’hydrocarbures aromatiques polycycliques pouvant être cancérigènes. Des études confirment d’ailleurs l’absence de risque pour la santé. Ces ingrédients dérivés du pétrole sont largement utilisés dans les cosmétiques depuis la fin du XIXe siècle. Ils sont bon marché, se conservent longtemps et ne s’oxydent pas, ce qui joue en leur faveur. « Ils sont également inertes: le risque de réactions allergiques est minime », explique Dagmar Ostijn, dermatologue.

Leur utilité? « Ils déposent une couche occlusive sur la peau, qui permet de contenir sa perte d’humidité. » Ils évitent ainsi la déshydratation. Cette couche protège également contre les facteurs externes tels que le frottement des vêtements, le vent et l’air sec qui peuvent irriter localement. On retrouve donc souvent ces éléments dans les baumes à lèvres, les crèmes pour le visage et les lotions pour le corps destinés aux peaux (très) sèches et/ou atopiques.

Mais avec l’essor de la beauté naturelle et clean, ces huiles minérales attrapent mauvaise réputation: elles rendraient la peau « paresseuse », ce qui obligerait les utilisateurs à en appliquer sans cesse, et elles l’empêcheraient de « respirer »… Pour répondre à ces craintes, il est d’abord nécessaire de rappeler que la peau ne respire pas: elle reçoit de l’oxygène par le sang. Quant à l’argument de la paresse, c’est une simplification du fait que les huiles minérales peuvent surhydrater la peau, selon certaines études. Une trop grande quantité d’humidité est retenue à l’intérieur, ce qui, à long terme, rend certains processus moins efficaces, provoquant le dessèchement. « En réalité, cela dépend beaucoup de la quantité et de la fréquence d’application, nuance notre experte. Est-il question d’une grande quantité de vaseline trois fois par jour ou d’un soin pour le corps quotidien contenant quelques huiles minérales? Pour obtenir une occlusion à 100%, il faudrait par ailleurs appliquer une couche très épaisse de vaseline. »

En ce qui concerne l’impact environnemental des huiles minérales, on sait que l’industrie pétrolière est très polluante – extraction, catastrophes en mer, émissions de CO2… – et que les réserves sont limitées. C’est pourquoi la marque britannique de cosmétiques naturels Beauty Kitchen a lancé, en 2019, Natruline, une alternative d’origine végétale à la vaseline. « Ses ingrédients sont renouvelables et donc plus durables que le pétrolatum », explique la fondatrice Jo Chidley. Cependant, d’autres spécialistes de la beauté affirment que tant que nous roulerons à l’essence, la vaseline existera et qu’il sera donc préférable de l’utiliser. En tant que sous-produit, les huiles minérales ont en effet un impact négligeable sur l’environnement, selon la cosmétologue Michelle Wong, qui casse les mythes de la beauté avec des arguments scientifiques sur les médias sociaux. « Personne n’exploite le pétrole juste pour fabriquer des cosmétiques, écrit-elle sur Instagram. Et la production d’huiles végétales nécessite également beaucoup d’énergie. »

Conclusion: Les huiles minérales sont particulièrement intéressantes pour les peaux sèches/atopiques. En tant que sous-produit d’une industrie polluante, leur impact sur l’environnement reste relativement négligeable.

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