Anarchy. Le nom évoque la seconde partie des années 70. Placée par le mouvement punk sous le signe du "no future", cette plage temporelle s'est vue marquée par le pessimisme le plus noir. En intitulant de cette façon leur restaurant, Céline Woltèche et Sébastien Van der Beeten souscrivent-ils à une forme de dépression post-moderne? On ne peut pas le croire tant l'endroit rayonne de l'envie de mener un beau projet à deux... tout autant qu'il appelle cette catégorie qu'un guide de référence a eu la bonne idée de nommer "grand de demain". Oui, c'est bien un futur radieux qui s'écrit ici.
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Anarchy. Le nom évoque la seconde partie des années 70. Placée par le mouvement punk sous le signe du "no future", cette plage temporelle s'est vue marquée par le pessimisme le plus noir. En intitulant de cette façon leur restaurant, Céline Woltèche et Sébastien Van der Beeten souscrivent-ils à une forme de dépression post-moderne? On ne peut pas le croire tant l'endroit rayonne de l'envie de mener un beau projet à deux... tout autant qu'il appelle cette catégorie qu'un guide de référence a eu la bonne idée de nommer "grand de demain". Oui, c'est bien un futur radieux qui s'écrit ici. Quelle est alors cette anarchie revendiquée? Elle ne peut être que celle qui refuse de se faire confisquer la parole gourmande par le centre (comprendre dans le cas présent: "Bruxelles"). Car oui, il existe bien une monopolisation du discours gastronomique. Ce n'est pas une évidence pour tous: on peut être à Zaventem et signer une cuisine en phase avec son époque. Sébastien Van der Beeten ne se loupe pas en la matière, lui qui a fait de l'approvisionnement de qualité (auprès de petits producteurs) un axe fort de sa démarche. Cette matière première de haut vol, l'intéressé la transforme avec un vrai talent. Chacun de ses plats se découvre comme un modèle d'équilibre. Croquant, fraîcheur, rondeur, lisibilité des saveurs... On se régale d'autant plus que ce chef est précis sur ses cuissons. A cette cuisine généreuse et inspirée - mention spéciale pour sa pintade des landes farcie - répond l'accueil juste de Céline Woltèche dont il ne faut pas manquer la prévenance et le conseil vin - quelque part entre Antoine Arena et Yves Cuilleron.