Un simple comptoir sépare Florence D'Avino (38 ans) de la salle. Pas une frontière, pas un barrage. Un espace à soi où il n'y a rien à cacher mais tout à faire. La jeune femme est au four et au moulin, elle qui cuisine tout autant qu'elle se charge de servir elle-même les convives ayant franchi le seuil de sa petite enseigne en forme de restaurant de poche. Accablée sous le fardeau? Soupirante sous la tâche? Nullement, comme le prouve le fait qu'on la surprend à chanter aux fourneaux. Elle explique combien ce métier est une vocation: "J'ai été secrétaire, puis j'ai trouvé un autre job en cuisine. Cela me plaisait tellement que j'ai ...

Un simple comptoir sépare Florence D'Avino (38 ans) de la salle. Pas une frontière, pas un barrage. Un espace à soi où il n'y a rien à cacher mais tout à faire. La jeune femme est au four et au moulin, elle qui cuisine tout autant qu'elle se charge de servir elle-même les convives ayant franchi le seuil de sa petite enseigne en forme de restaurant de poche. Accablée sous le fardeau? Soupirante sous la tâche? Nullement, comme le prouve le fait qu'on la surprend à chanter aux fourneaux. Elle explique combien ce métier est une vocation: "J'ai été secrétaire, puis j'ai trouvé un autre job en cuisine. Cela me plaisait tellement que j'ai mené les deux carrières de front. J'ai rapidement compris que ce métier était pour moi, qu'il me permettrait de m'épanouir. Du coup, j'ai suivi une formation. J'ai également eu la chance de travailler, d'abord comme commis puis en tant que second, au Bistrot de Jean-Phi à Mons. Cette expérience m'a ouvert les yeux sur les possibles de cette profession." Aujourd'hui, Florence s'est lancée en solo dans l'aventure, elle ne regrette rien, même si elle avoue que c'est "une bataille de tous les jours". C'est du côté de la famille qu'il faut chercher la passion de la nourriture qui anime cette battante. "J'ai beaucoup côtoyé ma grand-mère qui avait appris la cuisine en fréquentant les épiceries à l'heure où les nonna s'échangeaient les recettes. Elle a nourri mon imaginaire gourmand, elle m'a également appris que l'on ne mange pas seulement pour s'alimenter, mais pour être ensemble et se réconforter." En témoigne le souvenir de deux merveilleux filets de dorade accompagnés de polenta et de bouillon de chou frisé au lard fumé, preuve évidente de la véracité de ses propos.