61, avenue Louis Bertrand, 1030 Bruxelles. chabrol-restaurant.be
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Emballé dans un décor Art nouveau, Chabrol - pas le cinéaste, la coutume auvergnate qui consiste à verser du vin dans la soupe - soigne les détails: couteaux en bois de marque Opinel, serviettes en tissu ou carte de boissons pertinente (cidres et bières d'artisans, vins naturels). S'avançant sous l'étiquette "cuisine familiale au goût du jour", l'assiette repose sur une carte courte se résumant à trois ou quatre entrées pour autant de plats et desserts. L'accent est mis sur les légumes à la faveur de préparations créatives façon gaspacho de laitue, polenta à l'origan et fenouil rôti. Il reste que viande et poisson sont également au programme, exprimés de jolie façon. Michele Rosa est une légende à Bruxelles. On lui doit le Caffè al dente, adresse culte du renouveau de la cuisine italienne dans notre capitale. Fils prodigue, il a disparu de la circulation pendant plusieurs années. La cause est bonne: celle du maraîchage bio qu'il a pratiqué dans son pays d'origine, l'Italie. Le voici qui, pour rapprochement familial, réintègre Bruxelles avec sa compagne, Ambre. Du coup, il officie dans une micro-cantine carrelée de vert à la faveur d'une carte radicale se partageant entre assiette d'antipasti et pâtes du jour préparées selon l'inspiration. A l'image de la burrata qu'il sert sans huile d'olive, ni poivre, ni sel, le duo entend nous réapprendre à nous laisser surprendre ainsi qu'à rééduquer les palais aux bons produits et aux vins naturels transalpins. Une petite supérette sans prétention pleine de bons produits - vins d'auteurs, bières d'artisans, pains de boulangers (La Boule à Saint-Gilles), légumes de maraîchers ou bouteilles d'huile d'olive signées Aixandri -, voilà le scénario cousu sur tissu vichy de ce Petit Mercado. La bonne nouvelle, c'est que l'on peut également y petit-déjeuner, y savourer l'apéro et s'y poser le midi à la faveur de deux propositions quotidiennes, allant des chicons au gratin à la pizza végé. Le décor? Une imposante pièce dominée par un îlot central faisant office de bar sur le carrelage blanc duquel on vient s'accouder. Plein de détails séduisent: une trancheuse qui ne craint pas la mortadelle, un comptoir frigorifique garni de terrines et fromages, des luminaires coiffés de chapeaux de paille, des saucissons suspendus... L'amitié serait-elle le meilleur carburant de la restauration? Il y a tout lieu de le croire devant une adresse comme Tandem. Le mot le dit, il s'agit d'une aventure entreprise à quatre mains. On connaît Pierre Val pour son excellent bar à vins saint-gillois Rubis. Pierre Schreuders n'est pas un inconnu de l'horeca bruxellois non plus puisqu'il est passé par des adresses telles que Sanzaru, Le Chalet de la Forêt ou le Sea Grill. Ensemble, ils signent un lieu sobre au centre duquel on trouve une cuisine qui connaît ses classiques et s'enrichit d'accords vins ciselés. Celle-ci culmine avec un lunch unique inspiré alignant, par exemple, carpaccio de boeuf maturé, suprême de coucou de Malines sauce chimichurri et abricots rôtis au romarin en dessert. C'est sans doute la petite bande de food-entrepreneurs à suivre à Bruxelles. Qui donc? La team à qui l'on doit Chez Franz et Chez Richard. Ces petits malins-là ont tout compris à un goût du jour squatté par les quilles naturelles et les préparations simples mais avec pedigree. Leur dernier coup d'éclat? Tortue, un "club des hydropathes" comme le dit la carte de visite. Cette cave à manger de la taille d'un mouchoir de poche se déguste à la faveur d'un comptoir en bois qui égrène le bon et le savoureux sous forme de petites portions variant au gré des humeurs d'un patron adorable: ricotta de bufflone au four et courgettes basilic citron; magret de canard, mousserons et confiture d'orange; filets de sardine d'Andalousie... Il ne reste plus qu'à croiser les doigts pour que vous trouviez une place. Situé sur une jolie place du vieux Namur, ce petit resto logé dans une ancienne maison à l'atmosphère cosy se fréquente avantageusement sur le temps de midi, moment auquel il propose un lunch 100% maison, réalisé avec des produits frais de la région (par exemple les viandes de La Petite Campagne, à Bovesse). On apprécie le fait que l'on peut manger en bas près du bar, pour une ambiance plutôt bistrot, ou à l'étage, près du chef, pour une expérience plus "live cooking". L'esprit de la carte est axé brasserie, comme en témoigne le filet américain qui est une valeur sûre de l'enseigne. Bravo également pour les bonnes quiches qui changent en fonction des saisons (la pâte est faite maison), les tartines garnies ou encore les soupes revigorantes. Un grand classique carolo. On s'y arrête pour voler un déjeuner à l'hystérie généralisée. Cette enseigne mi-traiteur mi-resto se découvre comme un album de famille. Tout le monde s'active, le papa octogénaire, la maman, les deux filles. Le décor vaut le détour, entièrement bardé de bois - même le grand comptoir frigorifique, qui rappelle que la vocation première de l'enseigne s'emporte. Les tables sont nappées de blanc. La carte reprend de nombreux classiques que l'on n'a plus le temps de préparer: des ris de veau, des rognons à la dijonnaise, un osso bucco (délicieux) - et aussi des plats très "italiens de la première génération" façon scampi diavola, fondus au fromage... Il y a ici une bonhommie et une gourmandise qui datent d'avant le moment où la cuisine est devenue un spectacle. Cela n'a pas de prix. Un pont... Drôle d'endroit pour une révélation gastronomique. Et encore, il ne s'agit pas du Ponte dei sospiri mais d'un géant de béton qui soutient le ring de Charleroi. Sous ses immenses arcades se loge une petite enseigne, une trattoria, modeste et géniale à l'image de ses propriétaires. En plus de régaler, la famille Cerami défend parmi les meilleurs artistes du royaume, de Ronny Delrue à Michaël Matthys. On vient ici pour déguster une cuisine transalpine honnête et sans chichis. Il ne faut pas rater les pâtes qui sont imparables, même dans leur version la plus simple (mémorables spaghettis à l'ail, à l'huile d'olive et aux piments). La carte des vins décline une série de flacons italiens dont les prix ne s'envolent pas. Un déjeuner champêtre en plein Liège, avec petits oiseaux et compagnie? Cela se passe au Trinkhall Café, joyeuse cantine du musée d'arts éponyme, ouverte sur le parc d'Avroy. Le tout prend d'autant plus joliment place que, depuis peu, le bâtiment s'est offert un lifting archi grâce à une coque opaline conférant à l'ensemble les contours d'une apparition. Forte d'une mission d'intégration des personnes handicapées, cette enseigne se révèle aussi socialement significative que gastronomiquement satisfaisante. Le principe est celui d'une cuisine qui ne la ramène pas mais convainc par sa franchise et son caractère démocratique: boulets liégeois, vol-au-vent, osso bucco de veau. Bien vu? Le décor ponctué d'oeuvres outsider et la Duvel proposée au fût. Blanco est le restaurant d'inspiration mexicaine du chef David Cantré et sa compagne Céline Buysse. Le premier propose une cuisine authentique, aux saveurs complexes et subtiles, loin des versions américanisées tex-mex que nous avons l'habitude de voir. Grâce à ses nombreux voyages au Mexique, le couple a appris à connaître ce pays et sa gastronomie, qu'il veut partager avec les clients de son nouveau restaurant. Le chef associe les goûts, les épices et les piments aux poissons de la mer du Nord. Vous pourrez prendre place sur la longue banquette blanche qui serpente à travers la salle. Il est fort probable que vous aurez envie de photographier aussi bien votre assiette que les lieux, pour alimenter votre profil Instagram. Heritage est le restaurant du chef hongro-allemand Sebastian Sandor, qui a fait ses armes au sein de l'étoilé De Pastorale avant de se lancer seul, au centre de Gand. Sa cuisine gravite autour des légumes de saison, des herbes aromatiques fraîches et du poisson. En mariant les saveurs avec délicatesse, il nous offre une expérience gastronomique élégante. Le chef surprend avec des associations telles que langoustines, artichaut et melon ou turbot, gingembre et grande capucine. Une salle chaleureuse, des tables en bois brut et un sol en carrelages marqués par le temps font des lieux le cadre parfait pour se détendre en se délectant de ces plats innovants. Glenn Ross et Nicole Schellekens se sont rencontrés dans la cuisine du célèbre chef Peter Goossens. Après ce coup de foudre, ils sont partis deux ans ensemble en Australie pour travailler au fameux The Fat Duck de Heston Blumenthal. Dans leur propre restaurant, à Hasselt, Nicole s'occupe de la pâtisserie et de la salle, tandis que Glenn est derrière les fourneaux pour le reste des plats. La carte des entrées à partager, comme des maatjes au raifort et au concombre, vous offre déjà un bel échantillon du savoir-faire du tandem. Pour les plats principaux, le choix se fait entre poisson, viande ou une alternative végétarienne. Au dessert, place au fairy bread, déjà un grand classique du restaurant. En Australie, ce "pain des fées" est un délice populaire qui plaît surtout aux enfants, consistant en une tranche de pain blanc richement tartinée de beurre et parsemée de paillettes sucrées multicolores. Nicole l'a transformé en un élégant dessert aérien... tout en en conservant les couleurs. Tinelle se situe dans un ancien monastère du XVIIe siècle, le Predikheren, en plein coeur de Malines. Aux fourneaux, Ken Verschueren, qui a obtenu une étoile Michelin pour son ancien restaurant De Tuinkamer. Ici, il propose une interprétation gastronomique de grands classiques. Vous trouverez ainsi à la carte une terrine de pied de cochon et jus de langoustines, du poulet à la sauce au vin jaune ou un turbot cuit au beurre de ferme. Dans la vaste salle, le décor est moderne et tendance, mais quand le temps s'y prête, la cour intérieure du monastère vaut également le détour.