L'année de ses 50 ans, Catherine Bodson a décidé de prendre un tournant dans sa vie. Son amour pour l'agriculture, les produits de qualité et le vrai goût des choses l'ont menée à l'ouverture de sa propre conserverie en plein coeur de Bruxelles. Avec des marmites de cuivre, comme dans la tradition familiale. "L'agriculture coule dans mes veines. Mon grand-père cultivait des variétés rares de pommes, de poires et de coings dans ses vergers à proximité de Liège. Ma tante Yvonne, elle, confectionnait des confitures à l'ancienne, recouvertes de paraffine et d'un morceau de papier cellophane froissé. Quand j'étais petite, cette gelée sur une tranche de pain, c'était pour moi un pur moment de bonheur. En cherchant un nouvea...

L'année de ses 50 ans, Catherine Bodson a décidé de prendre un tournant dans sa vie. Son amour pour l'agriculture, les produits de qualité et le vrai goût des choses l'ont menée à l'ouverture de sa propre conserverie en plein coeur de Bruxelles. Avec des marmites de cuivre, comme dans la tradition familiale. "L'agriculture coule dans mes veines. Mon grand-père cultivait des variétés rares de pommes, de poires et de coings dans ses vergers à proximité de Liège. Ma tante Yvonne, elle, confectionnait des confitures à l'ancienne, recouvertes de paraffine et d'un morceau de papier cellophane froissé. Quand j'étais petite, cette gelée sur une tranche de pain, c'était pour moi un pur moment de bonheur. En cherchant un nouveau défi à relever après une carrière dans le secteur privé, ce sont tous ces souvenirs qui me sont revenus. Voilà comment Pipaillon a vu le jour", explique l'intéressée. Les bocaux de Catherine sont aujourd'hui vendus au Quai au Bois à Brûler à Bruxelles, mais aussi dans toutes les épiceries fines du pays... et bien au-delà de nos frontières. "Notre fierté est de travailler avec des produits 100% purs. Uniquement des fruits, du sucre, du citron et des épices: un procédé qui dure deux jours et qui laisse le temps aux différents goûts de se rencontrer. Nous n'ajoutons aucune pectine, nous misons sur la recherche du point de cuisson parfait où le fruit se fige naturellement. Parfois, nous utilisons aussi l'agar-agar, un gélifiant naturel. Voilà le secret de nos confitures onctueuses..." Il n'aura pas fallu longtemps à Catherine avant de commencer à produire d'autres douceurs en bocal: chutneys (des confitures épicées à base de fruits frais séchés, d'oignons, de sucre, d'épices et de vinaigre), citrons frais de Sicile (frottés avec du sel de Trapani et immergés dans une saumure), tapenades aux olives, câpres italiennes, ail, amandes et huile d'olive. Et bientôt, des pickles à base de légumes de saison rejoindront les étagères. Malgré le succès de Pipaillon, l'artisanat reste essentiel. "La qualité demeure notre priorité. La majorité des fruits provient de producteurs locaux. Et comme on ne peut pas trouver d'agrumes ici, on va les chercher dans une ferme coopérative en Sicile. Même les marmites de cuivre sont toujours utilisées. Cela ne signifie pas que nous refusons l'innovation: les chutneys qui n'ont aucun intérêt à être cuits dans de telles marmites sont fabriqués dans un cuiseur, sorte de grande bassine qui assure une chaleur uniforme et un produit final parfait. En outre, le découpage des fruits, le remplissage des bocaux ou leur étiquetage sont entièrement réalisés avec nos propres mains. Tout ce qu'on veut, c'est que nos clients aient des étoiles plein les yeux quand ils goûtent une de nos préparations. Et qu'ils continuent à être surpris."