Il est des comptes-rendus schizophrènes. Le chroniqueur est déchiré entre l'envie de diffuser une adresse et le petit plaisir égoïste qui consisterait à la garder pour soi. Une vraie contorsion mentale et physique : il faut retenir la main gauche d'effacer ce qu'écrit la dro...

Il est des comptes-rendus schizophrènes. Le chroniqueur est déchiré entre l'envie de diffuser une adresse et le petit plaisir égoïste qui consisterait à la garder pour soi. Une vraie contorsion mentale et physique : il faut retenir la main gauche d'effacer ce qu'écrit la droite. C'est le cas pour cet Arthur Orlans, bar à cocktails classieux installé dans l'ancienne boutique d'un tailleur. Moquette en tartan, luminaires à franges, murs lambrissés... L'esprit est celui d'un speakeasy new-yorkais - du nom de ces débits de boisson clandestins en vogue à l'époque de la prohibition - croisant l'atmosphère british d'un club pour gentlemans. Le diable est dans les détails - pipes anciennes, tabourets rouges... - qui dessinent un lieu en forme de parenthèse urbaine. PDT ? Oui, pour " Please don't tell ", ne dites pas à quel point le bartender, Gino Baldan, est doué du shaker. La preuve, son Scroppino (15 euros) revisite magistralement le " colonel " italien qui panache sorbet citron et vodka. Ici, la recette consiste en de la vodka Elyx infusée aux agrumes, de la granita sicilienne, du champagne et du cédrat asiatique. Loin de la cacahuète de comptoir, mention spéciale pour les grignotages éclairés et délicats - fruits frais et séchés, olives charnues - qui accompagnent les nectars.