Ah oui, on voit le topo: la fameuse deuxième génération de restaurateurs qui supplante la première dont le corps sombre peu à peu dans l'étang à carpes koï? Non, beaucoup mieux, c'est carrément d'une nouvelle vague de chefs aussi à l'aise avec leur héritage qu'a...

Ah oui, on voit le topo: la fameuse deuxième génération de restaurateurs qui supplante la première dont le corps sombre peu à peu dans l'étang à carpes koï? Non, beaucoup mieux, c'est carrément d'une nouvelle vague de chefs aussi à l'aise avec leur héritage qu'avec les codes contemporains dont il s'agit ici. Pour comprendre, il faut découvrir la manière dont l'enseigne revisite avec brio une recette de pasta alla salsiccia façon nouilles udon et piment relevant idéalement la chair anisée de la saucisse italienne. "Ça vous a plu, hein! Vous en d'mandez encore", disait Gainsbourg. Foncez, c'est un festival: goût imparable d'épices des palourdes (14 euros) servies avec du lait de coco et du combava, caractère affirmé du boeuf maturé (33 euros) proposé avec de la citronnelle, voire régression garantie d'un os à moëlle (12 euros) agrémenté d'une épaisse sauce barbecue hoisin. C'est bon et, ce qui est rare, jusqu'au dessert, un délicieux yaourt glacé "sua chua" (8 euros). Un ravissement qui trouve écho jusque dans la carte des breuvages osant le vin naturel. Communication de service: cette adresse sur-prisée ne prend pas les réservations. Le conseil? Arriver à 19 heures pile, ou même un peu plus tôt.