Cette adresse que l'on croyait éternelle avait malheureusement fermé ses portes pendant une demi-décennie en raison d'un incendie. En ont donc résulté cinq années longues comme autant de jours sans pain. Mais tout cela est oublié dès l'entrée où le serveur e...

Cette adresse que l'on croyait éternelle avait malheureusement fermé ses portes pendant une demi-décennie en raison d'un incendie. En ont donc résulté cinq années longues comme autant de jours sans pain. Mais tout cela est oublié dès l'entrée où le serveur en chemise blanche vous serre la pince comme si vous étiez venu la veille. Des yeux, on embrasse ce décor qui a tant manqué. Les larmes montent devant les tables aux nappes vert céladon et la vaste salle à l'élégance surannée. Sous la coursive - dont a été fait un étage où l'on peut manger -, deux vases pleins d'épaisses gerbes de fleurs garnissent un piano fermé. Une angoisse traverse le chargé de mission : et si la cuisine avait changé ? Pas de panique, les propositions sont sensiblement les mêmes et le savoir-faire est toujours aussi " mamaesque ". On en prend la mesure avec une proposition rustique : le stracciosa (6,40 euros). Ce bouillon de boeuf servi avec un oeuf, un croûton et du parmesan réveille des souvenirs de dimanche en famille. Le plat ? Des conchiglie aubergine (12,50 euros) que l'on savoure en fermant les yeux. S'il existe une justice en ce bas monde, cette enseigne devrait tous nous survivre. On ne lui souhaite rien d'autre.