Région bruxelloise

Le lieu repose sur un principe de pâtes fraîches. Linguine, papardelle, penne... à chaque jour sa variété. A l'intérieur, le décor est en phase avec un credo de simplicité. Soit une cuisine ouverte prolongée par une petite salle au mobilier dépareillé. Amusant, la patronne a détourné des râpes à fromage pour en faire des luminaires. On aime aussi les couverts posés sans façon dans des anciennes boîtes de conserve. Dans l'assiette? Nous avons goûté l'arrabiata, une sauce à base de piments, de tomate, d'ail et de basilic. La préparation est exquise, juste relevée comme il faut et surtout soulignée par l'incomparable texture beurrée des pâtes fraîches. La douce brûlure du mets reste sur les lèvres pendant quasi tout l'après-midi. Comme un délicat baiser d'Italie.
...

Le lieu repose sur un principe de pâtes fraîches. Linguine, papardelle, penne... à chaque jour sa variété. A l'intérieur, le décor est en phase avec un credo de simplicité. Soit une cuisine ouverte prolongée par une petite salle au mobilier dépareillé. Amusant, la patronne a détourné des râpes à fromage pour en faire des luminaires. On aime aussi les couverts posés sans façon dans des anciennes boîtes de conserve. Dans l'assiette? Nous avons goûté l'arrabiata, une sauce à base de piments, de tomate, d'ail et de basilic. La préparation est exquise, juste relevée comme il faut et surtout soulignée par l'incomparable texture beurrée des pâtes fraîches. La douce brûlure du mets reste sur les lèvres pendant quasi tout l'après-midi. Comme un délicat baiser d'Italie. On doit cette cantine mouchoir de poche, fourrée jusqu'à la garde de flacons nature transalpins, à Michele Rosa, le créateur du Caffè al dente, et sa compagne Ambre. Le couple avait quitté Bruxelles pour s'adonner au maraîchage. Il est revenu d'Italie avec un merveilleux réseau d'artisans et de producteurs. Michele, qui est désormais derrière les fourneaux, et Ambre, en salle, précise sur les vins, égrènent leur savoir avec justesse, rigueur et tableau parcimonieux - quelques salaisons et fromages, une pâte du jour selon l'imagination et un dessert. L'occasion est belle pour renouer avec une simplicité salutaire. A l'image de la burrata qu'il sert sans huile d'olive, ni poivre, ni sel, le duo entend nous réapprendre à apprécier les bons produits italiens. Sous-titré "Italian cooking - organic belgian ingredients", Nona Pasta se découvre comme un grand quadrilatère blanc faisant place à un sol en béton lissé ponctué de tables et de chaises. Le détail qui plaît: plusieurs emplacements permettant, face à la vitrine, aux deux colonnes ou au petit comptoir où s'agitent les deux chefs, de déguster en solo sans éprouver la gêne du mangeur solitaire. A l'extérieur, une grande terrasse aligne une trentaine de couverts. La carte? 100% vouée aux pasta. On opte pour la préparation la plus basique, soit un pesto s'exprimant à travers des paccheri fermes et une sauce en parfait équilibre sur les notes d'ail, de basilic et de parmesan. Rien à redire, si ce n'est que cette tuerie va comme un gant à l'amertume d'une "Saison de Dottignies" de la brasserie De Ranke. Bonne nouvelle: après Anvers, Standard s'installe à Saint-Gilles. Sur place, pas de déception, les contours bruts de loft lumineux invitent à savourer l'Italie entre amis. La carte déploie salades et pizzas contemporaines. C'est ce dernier volet que l'on teste en titillant les limites du genre, la Standard Vegan. On se régale de la pâte au levain bien souple. Mention pour l'utilisation d'une crème de courgette et menthe, ponctuée de zestes frais de citron, en guise de substitut au fromage, un délice soulignant les garnitures composées de chou kale, de blettes et de pleurotes au goût de sous-bois. Sans oublier la blinde d'oignons en pickles ajoutant une note sucrée à l'ensemble. Côté boisson, optez plutôt pour les bières artisanales. Un miracle. 10 Forchette n'est rien de moins qu'un miracle qui s'est produit dans un lieu sans aura: le zoning commercial du Bultia. Les mécréants passeront leur chemin mais les hommes de foi oseront pousser la porte de cette petite épicerie fine à côté de laquelle on aurait vite fait de passer. A l'intérieur, un thaumaturge, Stefan Marson, accomplit des merveilles au quotidien en cuisinant des recettes simples nourries aux produits les meilleurs - glaner, ici et ailleurs, est la passion du chef. Avec des tomates cerises, du basilic, quelques pignons de pin et des pâtes, l'homme réussit déjà à nous mettre la larme à l'oeil. Côté vin, une étagère aligne plusieurs références parmi lesquelles on déniche une très alléchante malvasia bio "Labelle", dont le nez de muscat et la bouche ample portent la signature du domaine Lunaria en IGP "Terre di Chieti". Le pitch de l'Altro Maccheroni? Une adresse sans chichis se découvrant comme un atelier dédié aux pâtes fraîches. Alléché à l'heure du déjeuner, on pousse la porte de cette enseigne, qui a la bonne idée de jouer aussi la carte épicerie fine et caviste, pour un délicieux repas sur le pouce. Dos à nous, un chef s'agite derrière les fourneaux comme un DJ à ses platines. Une grande marmite mijote sur le feu, elle embaume la pièce. Sans savoir ce que dissimule son couvercle, on devine déjà que c'est ce qu'il nous faut. Le suspense ne dure pas longtemps, l'intéressé vend la mèche: il est question d'un "ragu di vitello", soit une sauce légèrement tomatée avec du haché, des oignons, du vin blanc, du céleri et de l'origan. Une "tuerie" comme on dit à Hipsterland. Ce juteux délice rejoint une généreuse portion, au moins 150 grammes, de "tortiglioni doppia rigatura", du nom de ces penne striées et légèrement arquées. Mamma mia.Liège peut compter sur Marghè 2.0 pour hisser haut l'étendard de la pizza napolitaine souple en son centre et croquante sur les bords. Le succès du lieu se comprend quand on sait que la farine utilisée est signée Mulino Caputo, "la" référence en la matière. Le décor impressionne aussi, entre somptueux four en mosaïque Visciano, comptoir de marbre blanc, étagère rétro-éclairée et terrasse extérieure au décor tagué - notamment un portrait du dieu Maradona. Et dans l'assiette? Nulle déception, même avec une ultrabasique Napoli. Le mélange tomate, mozzarella et origan fonctionne d'autant mieux que ce sont des anchois en provenance du port de Cetara qui coiffent le tout. Ils parsèment une note iodée d'une grande finesse sur l'ensemble. Ne pas manquer le pairing avec les bières artisanales des Piémontais de Baladin. Cette néo-pizzeria sans fioritures s'écrit sur la trame assez radicale d'un service take-away dans lequel quelques tables font l'appoint. Un restaurant? Plutôt une sorte de réfectoire conçu pour les accros. En guise de décoration, le minimum vital: une vitrine généreuse, un comptoir, quelques sacs de farine entassés et une toile joyeuse signée Manu Coeman. Sans oublier un "forno", un vrai en forme de dôme, qu'un pizzaiolo ne ménage pas. Ce qui plaît? Une version personnelle du genre qui évoque la tradition napolitaine par sa croûte mais s'en détache en raison d'une pâte plus aérienne. C'est bon? Et comment! Surtout la Napoli, qui fait la part belle à des anchois dignes de ce nom ainsi qu'un usage très juste de l'origan. Jacques Cerami est galeriste et restaurateur à Couillet. Le soin qu'il met à dénicher des artistes hors pair - Michaël Matthys, Vincen Beeckman, Ronny Delrue... - est à la hauteur de l'attention avec laquelle il gère sa petite trattoria familiale ingratement logée à deux pas du ring de Charleroi. Il reste que le géant de béton ne gâche en rien le plaisir d'un repas sur place. Pour cause, la famille Cerami n'a pas son pareil pour exhumer les belles recettes de pâtes des terroirs italiens. A l'instar de ces orecchiette al ragu di salsiccia, une préparation rustique et racée qui emmène loin du pays noir. La carte des vins décline des flacons transalpins dont les prix ne s'envolent pas. Dire que la situation du Trentaquattro vend du rêve serait mentir. Le bord de route nationale, la N5, où se succèdent pompes à essence, concessionnaires automobiles et autres stocks américains, évoque les paroles "Le monde était si beau et nous l'avons gâché" de Dominique A. Bien que léché, l'intérieur de pub US sombre n'arrange pas les choses. Pourtant, c'est joyeux que l'on s'y rend et y retourne. Deux raisons à cela. La principale? Les pizzas divines, gourmandes jusqu'à la moelle (la carte propose aussi pâtes et viandes). Notre classique? La Trentaquattro avec de délicieuses tomates séchées conférant une note vinaigrée à un ensemble composé de mortadelle, mozzarelle, buffala et roquette. L'inattendue? Une bière jamais vue ailleurs, la Bella Ciao, qui arrose le repas d'une amertume plus que plaisante. Dans chaque grande ville, le quartier de la gare est un endroit animé jour et nuit. Parfois, on y découvre un lieu qui mérite davantage d'attention. C'est le cas de Malaciorta, à Anvers, un restaurant napolitain empli d'ambiance et de brouhaha situé à l'ombre d'un cinéma. Au menu, on retrouve la section classique entre les antipasti (la charcuterie et la salade de poulpe), les primi piatti (le plat de pâtes avec les ziti al ragù ou les pâtes aux moules et haricots) ainsi que les secondi piatti (le plat de viande ou de poisson). Toutefois, les perles du menu sont les pizzas, tout droit sorties du four à bois et préparées avec soin. Mention pour les pizzas à la viande hachée et aux pommes de terre violettes, à la mozzarella et au salami épicé, frites et farcies ou la classique margherita. Le sud de l'Italie n'a jamais été aussi proche.Cette entreprise familiale est une véritable maison de confiance. Les parents de Marco Cellini ont ouvert le restaurant italien Da Lidia dans les années 70. Un endroit dans lequel sa mère a pu montrer ses talents de cuisinière. Même si, enfant, il rêvait de devenir pilote, notre homme s'est finalement retrouvé derrière les fourneaux. Depuis, ses fils l'ont rejoint. Au coeur d'une ancienne école de village, le chef sert des classiques italiens parfaitement exécutés qui font le bonheur de tous: risotto à la ricotta, aux épinards et à la truffe, spaghettis vongole ou encore vitello tonnato. On retrouve dans ce paradis italien une ambiance joviale, ainsi qu'un service convivial.