"Japanese grandmother style food" figure en lettres blanches sur la vitrine de cette enseigne saint-gilloise, à Bruxelles. Le message est clair: on ne vient pas ici pour des raviers de sushis, mais bien pour découvrir une cuisine japonaise familiale et campagnarde. Loic Sturani, le proprio italien qui a posé ses valises dans la capitale il y a à peine quelques mois, a vécu cinq ans au Japon, où il est arrivé comme vidéaste et d'où il est reparti chef-coq. "Je trouvais dommage que l'Europe ne connaisse que les sushis, les sashimis, le teriyaki et le ramen. Au cours de mes excursions, là-bas, je suis sorti des grandes villes, et j'ai pu apprécier une riche tradition gastronomique à laquelle je ne m'attendais pas du tout. Une cuisine à base de produits végétaux, car il faut savoir que la viande et le poisson sont surtout l'apanage des riches citadins."

La tradition joue donc le premier rôle chez Tokidoki. "Ce n'est pas une cuisine fusion, explique Loic Sturani. J'essaie surtout de travailler avec des produits locaux, en privilégiant les légumes de saison et en remplaçant les produits typiquement japonais par des équivalents européens. J'utilise par exemple de la bergamote à la place du yuzu (un agrume japonais) et je cultive mon propre shiso (sorte de basilic)." Autre particularité du lieu? On y mange à la fortune du pot: trois plats pour 12 euros à midi, cinq pour 30 euros le soir. Des prix résolument démocratiques. "Je veux que des gens comme moi, qui n'ont pas les moyens d'aller souvent au restaurant, poussent la porte et passent une bonne soirée dans un endroit qui se veut chaleureux." Une humilité réconfortante par les temps qui courent.

Tokidoki, 128, chaussée d'Alsemberg, à 1060 Bruxelles. www.tokidokirestaurant.com

Recette: Gammadoki

© DIANE HENDRIKX