Vrai ou faux | Les bougies parfumées et les diffuseurs de parfums sont-ils toxiques?

bougie parfum intérieur
Isabelle Willot

L’offre en parfums d’ambiance est en plein boom, encouragée par la tendance du «fragrance zoning» qui consiste à sélectionner une odeur différente pour chaque pièce de sa maison. Mais ces produits qui diffusent des composés organiques volatils sont-ils sans danger?

Les deux experts que nous avons interrogés sont unanimes: dès que l’on brûle quelque chose, dans le cas présent une bougie, on produit automatiquement des substances irritantes voire toxiques.

Nature ne veut pas dire sans risque

Ces composés organiques volatils (COV) proviennent de la combustion même mais aussi de la paraffine ou des matières qui composent le parfum. «Le fait de brûler ou de chauffer un COV comme cela se passe également dans certains diffuseurs est encore plus néfaste, pointe le toxicologue Alfred Bernard, professeur émérite à l’UCLouvain. Le souci, c’est que l’on ne dispose que de très peu d’informations sur les ingrédients utilisés dans ces produits. Leur éventuelle naturalité n’est d’ailleurs en rien un gage de non-toxicité.»

Diffuseurs à bâtonnets et à vapeur

Les diffuseurs à bâtonnets n’ont pas meilleure presse auprès de Dominique Vandijck, directeur général adjoint du centre anti-poison et professeur d’économie de la santé à l’université de Gand. «Les liquides que vous retrouvez dans ces flacons sont souvent très concentrés, note-t-il. Il est aussi impossible de vraiment stopper la diffusion à moins d’enlever les tigettes… ce que les gens ne font jamais. Afin de réduire l’exposition, il est conseillé de ne pas utiliser tous les bâtonnets en même temps. Cela limitera la dispersion dans l’atmosphère. Et sera en prime plus économique car votre parfum s’évaporera moins rapidement.»

Si les diffuseurs à vapeur disposent bel et bien d’un bouton on/off, ils ne sont pas sans danger pour autant. «Là aussi vous chauffez les substances, poursuit notre spécialiste. Mais cette eau que l’on chauffe et que l’on refroidit devient finalement un nid à bactéries. On oublie aussi que pas mal d’accidents peuvent survenir lors de la manipulation de ces concentrés ou même des substrats parfumés qui peuvent provoquer des irritations des yeux ou de la peau.»

© ILLUSTRATION MARIE GRÉGOIRE

La dose fait le poison

Comme souvent, nuancent nos experts, c’est la dose qui fait le poison. «Le risque est surtout là en cas d’exposition chronique, ajoute Alfred Bernard. N’oublions pas que notre arbre respiratoire est extrêmement fragile et qu’il n’est pas conçu pour métaboliser ces substances polluantes… auxquelles il est déjà exposé partout dans la vie courante.»

Plutôt que de tenter de masquer les odeurs de son intérieur avec des produits parfumés, nos deux experts recommandent avant tout… d’aérer. «Tous les jours de manière substantielle en ouvrant grand portes et fenêtres et le reste du temps en veillant à ventiler l’espace pour qu’il y ait en permanence un brassage permanent de l’air ambiant avec de l’air frais venant de l’extérieur, insiste Dominique Vandijck. Enfin, si vous choisissez d’utiliser une bougie, veillez à ce que la flamme soit bien jaune. Et qu’aucune fumée noire ne s’en échappe.»

Conclusion
Les parfums d’ambiance polluent l’air. Leur usage doit être évité autour des très jeunes enfants et des personnes présentant des risques respiratoires. Mieux vaut aérer très régulièrement sa maison. Et n’allumer bougies ou diffuseurs que de manière occasionnelle et pendant peu de temps.

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