L'idée est née dans les années 70, forcément. Échanger une £uvre d'art contre toutà sauf de l'argent ! L'imagination est la limite : cours de langue, frigo, vieux piano ou vacances dans une maison de famille, etc. Entre services et objets, la combinaison des échanges possibles est inépuisable. Cette belle idée, on la doit à Mon De Rijck, le père de Carl de Moncharline, ce créateur d'événements bruxellois à qui l'on doit, entre autres, La Fiesta Latina ou Immeubles en Fête.
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L'idée est née dans les années 70, forcément. Échanger une £uvre d'art contre toutà sauf de l'argent ! L'imagination est la limite : cours de langue, frigo, vieux piano ou vacances dans une maison de famille, etc. Entre services et objets, la combinaison des échanges possibles est inépuisable. Cette belle idée, on la doit à Mon De Rijck, le père de Carl de Moncharline, ce créateur d'événements bruxellois à qui l'on doit, entre autres, La Fiesta Latina ou Immeubles en Fête. Marqué par les idées avant-gardistes de la figure paternelle, Carl de Moncharline - en compagnie de son associé Serge Vanderheyden - a relancé Truc Troc en 2004. L'édition 2010 aura lieu ces samedi 16 et dimanche 17 janvier au Bozar, à Bruxelles (*). Trente ans plus tard, l'esprit est le même et entend bien atténuer le fossé qui depuis s'est un peu plus creusé entre l'art contemporain et le grand public. Seule la forme a changé : désormais on se contente d'écrire sa proposition sur Post-it, là où auparavant on apportait l'objet que l'on souhaitait échanger. Nous voulons proposer un échantillon dynamique de l'art contemporain en Belgique. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, n'expose pas qui veut. Un jury pointu - constitué par les membres de l'ASBL Woluculture - sélectionne les £uvres. Sur 500 candidatures, il n'en a retenu que 200 pour cette édition. Sans élitisme, nous voulons que l'événement ait un certain niveau et une cohérence. Pas de place pour les peintres du dimanche, donc. Cela dit, pour les artistes, c'est une vraie épreuve. Être confronté en direct à l'avis du public peut faire mal. Certains Post-it peuvent contenir des jugements assassins. Sans parler d'une £uvre qui ne suscite aucune volonté d'échangeàLa plupart du temps ce sont des services, cela va de la séance d'hypnose aux leçons de tango argentin, en passant par la numérisation des £uvres de l'artiste. Beaucoup de voyages également. Il y a aussi des trocs plus originaux. Une Mini Cooper, des cours de trombone à coulisse, une nuit d'amour, des partitions de piano datant de 1930à Je me souviens qu'une année Delphine Boël avait échangé une toile contre 20 000 bouchons d'oreille. Elle s'en est servie pour réaliser une sculpture qu'elle a intitulée 10 000 ear-plugs and I can still hear you lie. L'histoire ne dit pas ce qu'elle a fait des 10 000 autres. L'an dernier, Truc Troc a rassemblé 20 000 visiteurs en deux jours. C'est énorme. Aucune exposition du Bozar n'attire un tel monde en si peu de temps. Je n'ai aucun souci à ce que des artistes veulent profiter de cela. Il n'y a aucune obligation que les trocs soient effectifs, c'est à l'artiste de choisir. Notre but est double : d'une part, les mettre en valeur et, de l'autre, offrir la possibilité d'une rencontre artiste - grand public. (*) Le Vif Weekend soutient lui aussi la jeune création. D'où, cette année, l'aménagement d'un espace Le Vif Weekend au sein de Truc Troc qui valorisera la photographie de mode. A vos Post-it.