Ce serait lui faire insulte que de le croire mais rien chez Cristobal Balenciaga n'était exotique. Ni son enfance à Getaria, dans le Pays basque espagnol, ni sa première robe, à 12 ans, pour la marquise de Casa Torres, ni sa vision enracinée dans sa terre de lumière, torero et flamenco compris, ni son appétence infinie pour les oeuvres de Goya, El Greco, Zurbarán (photo), Velázquez et Zuloaga. Car le couturier visionnaire eut l'art de transcender son essence pour créer une garde-robe intemporelle, universelle et tout à la fois singulière, où l'austérité s'additionne aux justes proportions, à l'innovation, à la cohérence, à la perfection et au confort - ne jamais dédaigner ce point ultime. Avec Balenciaga y la pintura española, le musée Thyssen-Bornemisza, épaulé par Las Rozas Village, le pendant madrilène de notre Maasmechelen Village, éclaire avec élégance, presque en miroir, les liens intimes entre le génie de la haute couture et les maîtres espagnols qu'il s'était choisis avec ardeur et en toute connaissance de cause. L'art et la mode ainsi nourrie invitent à la vénération.

Balenciaga y la pintura española, au Museo Nacional Thyssen-Bornemisza, à Madrid. Jusqu'au 22 septembre 2019. www.museothyssen.org