Artiste ? Pas vraiment. Enfin si mais bien plus que ça. Né dans le Borinage en 1967, François Liénard a tout de " l'activiste culturel ", le mot est de lui. L'homme évolue instable, pluriel, multiple... " Libre " en un mot comme en cent, lui qui est micro-éditeur, curateur d'exposition et qui fut autrefois compagnon des surréalistes bruxellois réunis autour de la figure de Tom Gutt. En phase avec ce qu'il consigne dans son curriculum, cet amateur de death metal est du genre à être " collagiste à ses heures ", " poète à 16 h 30 " et " collectionneur à 17 heures ". Bref, exactement le genre de profil que l'on aime en ce qu'il évite la posture à claques de l'artiste convaincu de sa mission civilisatrice. A cette définition modeste et géniale, l'intéressé accole une pratique qui, elle aussi, refuse l'esprit de sérieux et les tiroirs bien rangés. Depuis 1989, Liénard agence des collages ayant l'histoire de l'art pour toile de fond. Le principe ? Il prend les grands noms de la peinture d'où qu'ils viennent - Pablo Picasso, Hokusai, Jan van Eyck, René Magritte, Paul Cézanne - et leur fait faire des rencontres incongrues avec un poisson rouge, un soutien-gorge, une statue grecque... Le résultat est jubilatoire à proprement parler. On raffole de cette entreprise de désacralisation des idoles, pas seulement pour le coup de griffe : c'est également la recontextualisation qui passionne car elle offre de voir autrement, de redécouvrir ce sur quoi les yeux ne s'arrêtaient plus. Le tout se regarde également comme un jeu de piste, une expérience ludique qui oblige à replonger dans ses classiques. Dans la lignée de ce grand chambard, on notera que, sur place, le lieu d'exposition invite les familles à détourner le patrimoine athois (Julien Ducorron, Lambert Mathieu, Henri Hanneton, Edouard Debruxelles...)

© photos : françois Liénard

François Liénard, Collage, Le Palace, 4, rue Brantignies, à 7800 Ath. www.mcath.be Jusqu'au 7 décembre prochain.

© photos : françois Liénard