A l'heure de l'argent roi, des voix de plus en plus nombreuses se font entendre pour appeler un autre monde de leurs voeux. Un monde dans lequel le donnant-donnant cèderait le pas à l'acte gratuit et solidaire. Preuve de ce nouvel engouement, en Belgique, ils sont chaque année entre 10 et 12 000 volontaires à s'embarquer sur les chemins de l'aide humanitaire le temps d'une " parenthèse utile ", comme on qualifie désormais ce moment accordé à autrui. Peu importe l'âge, étudiants ou retraités, l'objectif est invariablement le même : vivre une expérience inoubliable permettant de côtoyer et, surtout de soulager, d'autres quotidiens. L'exercice n'est pas sans danger, ces " bonnes volontés " n'étant pas à l'abri d'une récupération mercantile orchestrée par certains acteurs de l'industrie du tourisme. Cette dérive a un nom, le " volontourisme ", et elle s'affiche au prix fort : jusqu'à 3 000 euros par mois sans le billet d'avion. Somme dont, à l'arrivée, il ne reste quasi rien pour les acteurs locaux. Signes distinctifs ? Le " volontourisme " prolifère par le biais d'un marketing dans lequel il est moins question de bénévolat utile que de dépaysement exotique vendu tout confort compris. Sur place ? Des aberrations à la pelle, entre populations locales transformées en attraction et missions qui ne tiennent pas la route (donner des cours sans qualification, repeindre un bâtiment qui n'en a pas besoin...). Ce nouvel opportunisme n'a pas manqué de susciter la méfiance de certains candidats qui préfèrent dès lors dessiner eux-mêmes les contours de leur projet.
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