Le bilan du G7, " l'imposture des offres vertes " d'électricité en France et les " 750 000 hectares (...) détruits par le feu en Bolivie " suite au plus grave incendie jamais relevé en forêt amazonienne. Trois articles que Le Monde a estimés assez essentiels pour mériter simultanément sa Une du 27 août dernier. La concomitance des sujets n'aurait rien d'extraordinaire si l'on ne tenait pas compte du programme du sommet de Biarritz, dont l'écologie était une thématique importante. D'ailleurs, la veille de son coup d'envoi, Emmanuel Macron avait invité à l'Elysée les représentants des trente-deux leaders mondiaux du textile - industrie affectant la nature s'il en est -, les enjoignant à s'engager sur le climat, la biodiversité et les océans. La menace impérieuse qui pèse sur la planète est bien le fil rouge de l'actualité en cette rentrée, et largement au-delà.

Éviter de se perdre dans le brouillard des fausses bonnes idées.

Que les poids lourds de la mode se soient empressés de signer ce Fashion Pact a fait grincer des dents nombre de défenseurs de l'environnement, convaincus que l'opération de com' était trop belle pour s'en détourner. Pour eux, le greenwashing, cette tactique marketing utilisée pour se donner une image " propre ", avait à nouveau frappé. Il n'empêche que former une coalition rassemblant le haut de gamme (Chanel, Hermès, Giorgio Armani, Prada...) et la grande distribution (Adidas, Puma, Nike, H&M...) tient de l'événement historique. Tant par son ampleur que par sa philosophie générale - faire parler de concert luxe et production de masse à bas prix n'est pas une sinécure.

Parmi les mesures à mettre en place pour transformer ces louables intentions en actes, que l'on promet concrets, calendrier à l'appui, on note la " suppression progressive des plastiques à usage unique ". Une préoccupation qui n'épargne pas le secteur du design, conscient lui aussi qu'il en va, à terme, de sa survie. Encore faut-il savoir quelle direction emprunter pour éviter de se perdre dans le brouillard des fausses bonnes idées. Ainsi, des polymères non polluants mais manufacturés en Inde, puis acheminés vers l'Europe ou les Etats-Unis, c'est un non-sens. Idem si les plantes cultivées pour les fabriquer nécessitent de recourir à des terres agricoles, qui dès lors ne servent plus à nourrir les populations. Là-dessus, les experts rencontrés pour réaliser notre dossier dédié à la problématique complexe des matériaux écoresponsables sont unanimes. Mais ils se rejoignent également sur un autre point, crucial et enthousiasmant : une démarche positive est enclenchée.

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