Profil du Valentin

Ma dernière Saint-Valentin célébrée en bonne et due forme doit remonter à mes 15 ans. Je me souviens avoir littéralement cassé ma tirelire pour une fille dont le nom se terminait en " ine ".
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Ma dernière Saint-Valentin célébrée en bonne et due forme doit remonter à mes 15 ans. Je me souviens avoir littéralement cassé ma tirelire pour une fille dont le nom se terminait en " ine ". Le présent : le parfum à la mode à l'époque, cK one. En retour, je fus gâté d'unà cendrier fantaisie, du genre " Plus de dix cigarettes par jour, tue l'amour ". Je n'ai pas arrêté de fumer. Par contre, j'ai cessé de célébrer cette fête que je juge - snobisme assumé - taillée pour les gens " de calendrier ", sans grande imagination. L'astuce du lâche (puisque, restons dans les clichés, tous les hommes le sont) : voilà bientôt huit ans que j'ai rencontré ma moitié unà 13 février. De quoi noyer le poisson. Cela dit, j'ai un faible - pas assumé - pour les kitscheries. Peut-être que, pour le délire, je serais donc prêt à réessayer. Sous conditions. On évite : le menu Cupidon au resto chinois bien entendu. Le kir maison suivi de l'entrée 18, du plat 45 et du dessert 3, ça fait un peu trop de chiffres quand on compte vraiment pour l'autre. On garde : la journée passée à courir les petits producteurs (voir bonnes adresses de Jean-Pierre Gabriel dans notre rubrique Food/Drinks) et à revisiter son plat préféré comme un grand chef. C'est vrai : rien de tel qu'une boulette sauce tomate frites version moléculaire. On évite : la lingerie coquine, les contes érotiques à lire sous la couette, le parfum aphrodisiaque, le city-trip à Venise, la rose. On garde : un ballotin Les Florales de Galler. Ou un city-trip sous l'édredon. Ou les deux. On évite : le costume qu'on sort aux communions, le string léopard. On garde : simple et efficace, veste noire, pull à col roulé noir. Voire le boxer léopard. Grrrr. On évite : le best of de Barry White. Trop. On garde : l'opéra qu'on est allé voir lors d'un city-trip à Vienne. Chance : Werther de Massenet, ce n'est pas non plus du Stockhausen. On évite : grande gueule : " J'ai toujours été, comme qui dirait, fasciné par l'Orient ". On garde : le sourire. La Saint-Valentin, c'est un peu tous les jours, non ? FaciiiiiiiiiiiiiileàCurieusement, ce n'est pas parce qu'on s'appelle Valentine que Cupidon devient un allié. Du haut de mes 30 balais, des Saint-Valentin en duo, je n'ai eu la chance d'en fêter que quatre ! Certes, chaque 14 février, même célibataire, j'ai droit au plaisir de découvrir une jolie carte de v£ux pétillante de petits c£urs dans ma boîte aux lettres (merci papa). Il n'empêche : cette fête des amoureux a surtout eu la fâcheuse habitude de me rappeler mon éternel célibat. Alors, maintenant que je tiens mon Valentin, et que je n'ai plus besoin de m'enfiler le pot d'Häagen-Dazs ou le pack de cacahouètes pour compenser, ma Saint-Valentin de princesse version Walt Disney sauce Marilyn, j'en rêve. Tu prends note, mon amour ? On évite : le resto à couples agencés comme des sardines qui nous donne l'impression d'être le plat 45 du menu chinois. On garde : le coin du feu devant lequel on alterne dégustations d'amour et baisers sucrés. On évite : la cravate, la montre, l'abonnement à Belgacom TV. Cliché. On garde : Bibi, version conte érotique : en lingerie coquine parfumée au Chanel n°5, alanguie, une rose en bouche, sur un king size bed à Venise. Sauf s'il nous offre des pralines. On évite : le col roulé noir, trop coincé. Tout comme les bas résille rouges, trop tout court. On garde : simple et efficace, la robe dans laquelle il nous aime. Qu'on porte " nue ". Traduction : sans linge- rie. Détail à mentionner, au creux de l'oreille, en plein dînerà Grrrr. On évite : les chansons italiennes dégoulinantes d'amour qu'on écoute en mode spleen. On garde : une playlist qui enchaîne les chansons pointues " qu'il va sûrement aimer " découvertes en lisant Focus Vif. Un clin d'£il affectueux aux K7 dédicacées d'antanà On évite : l'empressement : " Bon, et c'est quand qu'on les fait ces enfants ? "On garde : les battements de cils à la Betty Boop. Version smoky eyes. C'est lui qui va avoir envie de nous le faire ce bébéàet si on se mettait à la Saint-Valentin au quotidien ? Baudouin Galler - Valentine Van Gestel