Confortablement installé dans une imposante forteresse du XVIe siècle, le Pitti Uomo - salon de référence de la mode masculine qui a lieu deux fois par an, à Florence - a fêté ses 30 ans d'existence en grande pompe. Du 11 au 14 juin, l'événement devenu mythique au fil des années a mis les petits plats dans les grands en proposant un programme aussi riche qu'excitant. Résultat ? Quelque 30 000 visiteurs ont déambulé sur les 60 000 m2 d'exposition à la (re)découverte de 1 220 marques internationales venues exposer leur vision du printemps-été 20. Parmi elles, des retours remarquables (Bikkembergs) et des premières expériences remarquées (Armani Exchange). Hors des murs de la Fortezza da Basso, des enseignes luxueuses ont également présenté leur collection aux quatre coins de la cité toscane. Parmi elles, Salvatore Ferragamo a signé un beau retour aux sources, le mardi soir, avec un show exceptionnel sur l'historique piazza della Signoria. Vingt-quatre heures plus tard, c'est Clare Waight Keller, directrice artistique de Givenchy (photo) - invité d'honneur -, qui a proposé son premier défilé Homme à part entière, dans le jardin de la splendide Villa Palmieri, sur les hauteurs de Fiesole. Au milieu des cyprès, des haies de buis et des pots en terre cuite accueillant d'embaumants citronniers, d'androgynes mannequins délicieusement urbains et bien dans leur époque, ont foulé le gravier, sneakers aux pieds. Le jeudi matin s'est ouvert sur la présentation anniversaire de MSGM. Du fun, du fluo, du tie and dye, des petits gars aux cheveux mouillés - dont Leonardo Tano, star du catwalk et, accessoirement, fils de l'ex-pornstar Rocco Siffredi - et une piscine 2.0 pour les 10 ans de la griffe italienne. Au crépuscule, l'artiste américain et proche collaborateur de Raf Simons, Sterling Ruby, a introduit son premier label S.R. STUDIO LA. CA. à la sphère fashion. Brut de décoffrage et punk à souhait. Cette 96e édition du Pitti Uomo s'est révélée comme la manifestation incontournable du calendrier de la mode Homme de cette saison. Au détriment, peut-être, de la Fashion Week milanaise...